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Missiles nord-coréens: les progrès réalisés grâce à un moteur d'ex-URSS

| AFP | 380 | Aucun vote sur cette news
Photo fournie le 28 juillet 2017 par l'agence nord-coréenne KCNA du tir d'un missile, depuis un endroit non déterminé en Corée du Nord
Photo fournie le 28 juillet 2017 par l'agence nord-coréenne KCNA du tir d'un missile, depuis un endroit non déterminé en Corée du Nord ( STR / KCNA VIS KNS/AFP/Archives )

Les progrès spectaculaires de Pyongyang en matière de missiles, au coeur des vives tensions avec Washington, ont été réalisés grâce à des moteurs venus d'Ukraine ou de Russie, et obtenus probablement sur le marché noir, selon une étude de l'International Institute for Strategic Studies (IISS).

Les tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord se sont accrues ces dernières semaines "à un niveau inédit depuis la Guerre de Corée" (1950-53), selon les ministres américains des Affaires étrangères et de la Défense Rex Tillerson et Jim Mattis, après une série de tests balistiques nord-coréens et une escalade verbale qui a envenimé la situation.

"A chaque fois qu'ils font des essais de missile, ou s'ils font un essai de missile nucléaire, ils gagnent en expertise, et on peut dire qu'ils progressent à un rythme alarmant", a estimé dimanche le directeur de la CIA Mike Pompeo.

Selon une étude de l'expert Michael Elleman publiée lundi par l'IISS, un centre de réflexion britannique, les missiles utilisés lors des derniers essais nord-coréens étaient dotés de moteurs réalisés sur la base du RD-250, un moteur qui était jadis fabriqué dans une usine de l'ex-Union soviétique, dans ce qui est aujourd'hui l'Ukraine.

La Corée du Nord a réussi en deux ans à aligner un nouveau type de missile à portée intermédiaire, le Hwasong-12, et son grand-frère le Hwasong-14, un missile balistique intercontinental (ICBM) testé avec succès à deux reprises ces dernières semaines. Cette percée a relancé les craintes de voir le régime de Kim Jong-Un capable de frapper le territoire américain avec une arme nucléaire.

"Aucun autre pays n'a fait la transition d'une capacité de moyenne portée à un ICBM en une période aussi courte", explique M. Elleman dans son étude. Pour lui, le comment a une réponse simple: "la Corée du Nord s'est procuré un moteur à carburant liquide de haute performance venant d'une source à l'étranger".

- Démenti ukrainien -

Dans une longue démonstration très détaillée, ce spécialiste des missiles arrive, en procédant par élimination, à la conclusion que le type de moteur utilisé par Pyongyang ne peut avoir été modifié que dans les usines du groupe russe Energomash ou de l'entreprise ukrainienne KB Ioujnoïe. Il est clair selon lui que les ingénieurs nord-coréens n'ont pas le savoir-faire pour modifier ce moteur, le RD-250, tel qu'il est utilisé sur leurs lanceurs.

Sous l'ère soviétique, le RD-250 était conçu par KB Ioujnoïe et fabriqué dans l'usine Ioujmach à Dnipro, une ville qui est aujourd'hui en Ukraine.

Le New York Times souligne également lundi que les services de renseignement et les experts concentrent leur enquête sur cette usine ukrainienne, qui aurait des difficultés financières depuis la chute du gouvernement prorusse en 2014.

Le programme de missiles de la Corée du Nord
Le programme de missiles de la Corée du Nord ( Simon MALFATTO / AFP )

L'Ukraine et l'entreprise ont très fermement démenti lundi ces informations. "Ioujmach n'a jamais eu et n'a aucun lien avec le programme de missiles nord-coréens qu'il soit de nature spatiale ou pour la défense", a réagi la société. "L'Ukraine n'a pas fourni de moteur de missiles ou d'autre technologie balistique à la Corée du Nord", a renchéri Olexandre Tourtchinov, secrétaire du Conseil national de Sécurité et de Défense ukrainien, qui dépend directement du président ukrainien, dénonçant une "campagne" des services spéciaux russes "pour couvrir leur participation aux programmes nucléaires et balistiques nord-coréens".

Or, le rapport de l'IISS suggère plutôt que les moteurs, présents dans des entrepôts en Russie ou en Ukraine, peuvent avoir été volés par "un petit groupe d'employés mécontents ou de gardiens sous-payés", pour le compte d'un "des nombreux trafiquants d'armes, réseaux criminels ou contrebandiers transfrontaliers qui opèrent dans l'ex-Union soviétique". Et ce à l'insu des autorités de Kiev et des responsables de l'entreprise.

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