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L'État actionnaire de Renault, de la nationalisation au désengagement progressif

| AFP | 352 | Aucun vote sur cette news
L'Etat français est actionnaire de Renault à hauteur de 15% du capital
L'Etat français est actionnaire de Renault à hauteur de 15% du capital ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

L'État français est le premier actionnaire de Renault (15% du capital), un poids qui justifie l'attention portée à l'arrestation de Carlos Ghosn, même si la part de l'État n'a cessé de baisser depuis la privatisation de l'entreprise dans les années 90.

Voici les grandes étapes de la participation de l'État dans le groupe au losange:

1990-1996: la fin de 40 ans de capitalisme d'État

En 1945, la Société Anonyme des Usines Renault (SAUR) devient la Régie Nationale des Usines Renault (RNUR), propriété de l'État à 100 %, après l'arrestation de son fondateur Louis Renault, accusé d'avoir travaillé pour l'armée allemande.

En 1990, le symbole du capitalisme d'État, baromètre social du pays, devient une société anonyme à capitaux d'État mais la privatisation ne sera effective qu'à partir de 1996.

En 1990, Volvo acquiert 20% de Renault, quatre ans avant l'ouverture partielle du capital à l'automne 1994. L'État renonce alors à la privatisation totale du constructeur mais ramène sa part de 79,2% à 51%.

Un garde-fou est toutefois prévu pour que l'acquisition d'actions par une personne française ou étrangère ne dépasse pas un certain seuil, en dessous de la minorité de blocage.

Le décret de privatisation de Renault, publié en juillet 1995, est suivi en 1996 de la cession de 6% du capital de Renault, l'Etat ramenant sa participation autour de 46%.

- 1998-2008: le désengagement progressif

En 1998, le ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn dément une information du Financial Times selon laquelle le gouvernement se préparait à vendre au moins 25% du capital de Renault.

Le rapprochement quelques mois plus tard avec Nissan change toutefois la donne quant aux perspectives d'implication de l'État dans la gestion de la marque au losange.

En octobre 2001, Nissan acquiert 15% de Renault à la suite d'une augmentation de capital qui ramène mécaniquement la part de l'État à 37,6%.

Au début de l'année 2002, l'État engage la cession de plus de 10% du capital dans le cadre de son objectif de ramener son poids d'actionnaire à une minorité de blocage de 25% qui correspond à 30,48% des droits de vote.

Cette opération est suivie en juillet 2003 de la cession de 8,5% supplémentaires pour près de 1,2 milliard d'euros. La participation de l'État s'établit ainsi à 15% et il n'aura de cesse de rappeler, notamment par la voix du secrétaire d'État Luc Chatel en 2008, sa volonté de les conserver pour obtenir des engagements sur l'implantation industrielle du constructeur automobile en France.

2015-2017: l'État revient pour les droits de vote doubles

En 2015, l'État revient sur sa décision de se limiter à une participation de 15% pour forcer le constructeur à adopter les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.

Pour s'assurer une minorité de blocage grâce à ses droits de vote, l'État annonce à quelques semaines de l'assemblée générale du 30 avril l'achat de 4,7% supplémentaires, portant sa participation à 19,7%. Cette décision déclenchera par ailleurs une crise avec Nissan.

À l'époque ministre de l'Économie, Emmanuel Macron promet que l'État revendra les actions acquises une fois l'assemblée générale passée, et les droits de vote doubles acquis.

Bercy a toutefois attendu novembre 2017 pour se débarrasser de ses actions, attendant que le cours retrouve son niveau au moment de l'achat.

Cette cession de 4,73% du capital du constructeur automobile, réalisée via un placement auprès d'investisseurs institutionnels, permet à l'État de redescendre à son niveau de 2015 et de réaliser une plus-value de 55 millions d'euros.

L'État encaisse 1,21 milliard d'euros et reste ainsi le premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital et 22% des droits de vote.

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