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Ce qui fâche le monde rural

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Un éleveur français à Franjeaux, dans le sud-ouest de la France, le 23 février 2018
Un éleveur français à Franjeaux, dans le sud-ouest de la France, le 23 février 2018 ( ERIC CABANIS / AFP )

Suppression d'aides européennes, guerre des prix des supermarchés, inquiétudes sur la future politique agricole commune, fermetures de classes, limitation de vitesse à 80 km/h, suppressions de lignes de chemins de fer: une partie du monde rural se juge discriminée.

Selon un sondage Odoxa publié vendredi, à la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture, plus de deux Français sur trois (69%) considèrent qu'Emmanuel Macron est éloigné des préoccupations de la France rurale, contre 30% d'un avis contraire.

- Zones défavorisées -

Des éleveurs de 90 départements ont protesté mercredi contre la sortie de communes françaises qui passeront au 1er janvier 2019 de zones classées "piémont" à "zones de plaine" dans la nouvelle carte des "zones défavorisées simples" demandée par Bruxelles. Ce qui privera les agriculteurs de ces territoires des aides européennes de l'IHCN (Indemnité compensatoire des handicaps naturels) qu'ils touchaient depuis 40 ans.

La mesure touche surtout des éleveurs. Sur 200.000 éleveurs d'ovins, caprins et bovins en France, 79.000 sont installés dans ces zones, selon Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), une branche de la FNSEA.

Or "chaque agriculteur dans nos régions représente 7 à 8 emplois directs ou indirects", estime le maire de Lédergues (Aveyron) Patrice Panis. Dans son département, les seules huit communes menacées par la refonte de la carte des aides pourraient voir disparaître "l'équivalent d'une usine de 2.800 salariés", selon son estimation.

"Le rural se sent abandonné", a reconnu sur France 5 le sociologue Jean Viard, rallié à La République En Marche (LREM) lors des dernières législatives, or, "le terrain non urbain risque de tomber à l'abandon" si les agriculteurs cessent de l'exploiter, souligne-t-il.

Le président français Emmanuel Macron discute avec des agriculteurs à Paris, le 22 février 2018
Le président français Emmanuel Macron discute avec des agriculteurs à Paris, le 22 février 2018 ( Etienne LAURENT / POOL/AFP/Archives )

Dans son discours aux agriculteurs jeudi, le président Emmanuel Macron a tenter d'élargir le tableau en soulignant qu'il y aurait beaucoup plus de communes entrantes dans l'ICHN (4.900) que de communes sortantes (1.380).

"Je sais l'angoisse pour toutes celles et ceux qui vont sortir parce que c'est une part importante de leurs revenus", a-t-il assuré en promettant de les accompagner pendant les deux ans de transition.

- Guerre des prix -

Les prix de vente des produits agricoles restent très bas et les négociations commerciales annuelles entre producteurs et distribution qui doivent se terminer mercredi "se sont encore très mal passées", selon la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

Les quatre centrales d'achat continuent d'exiger des prix très bas, malgré l'arrivée annoncée d'une loi adoptée par ordonnances d'ici l'automne, obligeant à la prise en compte du coût de revient des agriculteurs dans le calcul du prix, et régulant les promotions.

Les prix pâtissent aussi de la désorganisation de certaines filières et de la concurrence internationale. Pour le porc, le prix de vente carcasse, un baromètre, qui était remonté à 1,50 euro le kilo en 2016-2017 après la crise de 2014-15, est retombé depuis l'automne aux alentours de 1,15 euro, sous l'effet de la concurrence internationale et d'un ralentissement des achats chinois, souligne Paul Auffray, de la Fédération nationale porcine (FNP).

"L'agriculture française souffre énormément d'un manque de compétitivité, ce qui ne favorise pas le renouvellement des générations" d'agriculteurs, a-t-il dit à l'AFP. Idem dans d'autres productions, les prix des céréales étant aussi très bas sous l'effet d'une abondance de production en Russie.

Sur ce sujet, le gouvernement compte encourager le renouvellement de certaines filières, notamment celle de l'élevage bovin en impulsant une montée en gamme, via des constructions d'abattoirs et d'ateliers de découpe locaux.

- Fermeture de classes rurales -

De gauche (PS) comme de droite (LR), de nombreux élus dénoncent les fermetures envisagées de classes rurales à la rentrée prochaine, qu'ils jugent contraires à un engagement du chef de l'Etat en juillet qui avait promis qu'il n'y aurait plus aucune fermeture dans les écoles rurales, lors de la première conférence des territoires.

Malgré les nombreux articles de la presse quotidienne régionale sur le sujet qui détaillent les listes de fermetures ici et là, le ministre Jean-Michel Blanquer a jugé ces interpellations "démagogiques" en assurant le 13 février que "dans chaque département rural de France, on comptera à la rentrée prochaine plus de professeurs par élève que cette année".

- Routes, transports, SNCF -

La décision, annoncée en janvier, de limiter, au nom de la sécurité, à partir du 1er juillet la vitesse à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens et sans séparateur central, est contestée par nombre d'élus locaux des régions.

Le député LR de l'Indre, Nicolas Forissier, estime que cette mesure va rallonger "de 17% les temps de transport en zones rurales sans améliorer la sécurité".

Les contre-propositions fusent. Certains départements comme la Corrèze demandent au Premier ministre une dérogation pour expérimenter sur un millier de kilomètres une limitation à 90 km/h. Un groupe de travail sénatorial a demandé au Premier ministre de "suspendre" la mesure.

Le récent rapport Spinetta sur l'avenir de la SNCF qui préconise la fermeture de certaines petites lignes rajoute au désarroi. Le Périgord s'estime menacé. Dans le reste de la France, des lignes comme Abeville-Le Tréport, Brive-Limoges ou Lamballe-Dinan-Dole de Bretagne sont sur la sellette.

- L'avenir de la politique agricole commune -

Les 7 milliards d'euros versés chaque année par Bruxelles à l'agriculture et la ruralité française risquent de fondre après la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, car ce pays était contributeur net au budget européen. Du coup, le budget de la future PAC (Politique agricole commune), prévue après 2020 risque d'en pâtir.

Pour la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, "tous les pays vont devoir augmenter leur contribution" pour combler le trou. "Pro-européenne", elle souhaite vivement qu'Emmanuel Macron "défende" le budget européen. "Un bruit court à Bruxelles que la France défend moins le budget", a-t-elle affirmé vendredi.

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