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Tapering et/ou fin de QE pour la BCE?

| Boursier | 266 | Aucun vote sur cette news

La BCE devrait donner des indications au marché sur la fin de son programme de rachat d'actifs

Tapering et/ou fin de QE pour la BCE?
Credits Reuters

Outre la Fed ce soir, les investisseurs attendent patiemment la réunion de la Banque centrale européenne qui aura lieu demain. A son issue, l'Institution basée à Francfort pourrait préciser les modalités de l'arrêt prochain de son programme de rachats d'actifs. Mais les experts ne partagent pas tous la même opinion.

Attention à ne pas être pris à son propre piège

Pour Paul Brain, Directeur de la gestion obligataire chez Newton IM (BNY Mellon IM), "Mario Draghi pourrait se retrouver pris à son propre piège. II souhaite probablement lancer le processus en vue d'une réduction du "QE", mais si le marché sur-réagit, ce sera l'arroseur arrosé! Si la BCE compte arrêter ou ralentir son programme d'assouplissement quantitatif fin septembre, la réunion de juin serait le moment propice pour commencer à familiariser les marchés avec cette nouvelle rhétorique. Cependant, la volatilité récente du marché obligataire italien a rappelé à la BCE à quel point ces marchés d'obligations gouvernementales sont vulnérables à tout retournement de situation. Entre-temps, l'économie a mis plus de temps à se remettre des conditions hivernales du premier trimestre et l'inflation sous-jacente est demeurée en deçà de la cible de la banque centrale.

Peut-être la BCE pourrait-elle se réjouir de la stabilité récente des obligations italiennes et de la hausse de l'inflation globale, ce qui lui permettrait de limiter son soutien monétaire en fixant un calendrier précis. Après tout, une réduction de la politique du QE dès septembre ne constituerait guère une surprise pour les marchés et il reste beaucoup de temps pour évoquer le relèvement des taux d'intérêt plus tard si nécessaire".

Plus logique d'attendre juillet ?

François Rimeu, Responsable de la Gestion Cross-Asset chez La Française, estime que "suite au discours de M.Praet la semaine dernière, les attentes à l'égard d'une réduction voire de la fin du programme d'assouplissement quantitatif (tapering) ont augmenté, surtout si l'on tient compte de sa position accommodante précédente. Il est désormais possible que la BCE confirme la réduction de son programme de rachat d'actifs à 15 milliards d'euros/mois au cours du quatrième trimestre 2018, avec un QE se terminant en décembre. Cependant, nous pensons qu'il serait plus logique pour la BCE d'attendre juillet pour donner plus d'informations spécifiques sur le calendrier et la taille du QE.

La BCE devrait relever ses prévisions d'inflation pour 2018 et 2019, en tenant compte des chiffres élevés de mai et de la hausse des prix des matières premières. En ce qui concerne la croissance, les prévisions pourraient être légèrement réduites après des données décevantes au cours des trois derniers mois. Dans l'ensemble, suite au récent repricing après les commentaires de M. Praet, nous ne prévoyons pas de mouvements significatifs, sauf si la BCE annonce quand elle cessera ses achats d'actifs".

Vers une communication prudente

Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d'AllianzGI, affirme que la BCE devrait adopter une communication prudente. "Les données économiques les plus récentes ont confirmé que, dans la zone euro, le ralentissement de la croissance du début d'année s'est poursuivi au deuxième trimestre, qui devrait être l'un des plus faibles depuis deux ans. Sur le front de l'inflation, alors qu'au cours de ces dernières années la BCE a vu sa crédibilité mise à mal par une inflation structurellement faible, elle devrait néanmoins relativiser le rebond inattendu observé en mai (+1,9% sur un 1 an et +1,3% pour l'inflation de base), très largement expliqué par la forte progression des prix de l'énergie (+6,1% sur un an).

Dans ce contexte, la banque centrale devrait faire le constat que les risques qui pèsent sur ses prévisions économiques ont augmenté, qui plus est dans un environnement de raidissement des positions américaines en termes de protectionnisme et d'un retour spectaculaire du risque politique italien. Les menaces induites par une confrontation de la nouvelle coalition au pouvoir en Italie et les autorités européennes sur les sujets de discipline budgétaire et de respect des règles communes sont très sérieuses ; et si, à ce stade, la BCE devrait s'abstenir de tout commentaire, il ne fait aucun doute que les investisseurs scruteront ses réactions si les évolutions de marché venaient à mettre en péril la stabilité financière au sein de l'Union... mais nous n'en sommes pas là.

Dans un environnement moins lisible, il est probablement trop tôt pour que la BCE communique les détails de sa stratégie de sortie de sa politique monétaire ultra accommodante, alors même que le programme d'achat de titres arrivera à maturité en septembre prochain. Nous continuons à privilégier une extension du QE avec une extinction graduelle des achats jusqu'en décembre 2018, ainsi qu'une première hausse du taux de dépôt au cours du deuxième semestre 2019".

Quid des détails?

Stéphane Déo, stratégiste chez La Banque Postale AM, s'attend également à un prolongement du QE jusqu'à la fin de l'année mais sur des rythmes d'achats plus faibles. "Il reste néanmoins une incertitude sur la communication de la BCE. S'il est très probable qu'elle confirmera les attentes de marché en actant un prolongement du QE, il n'est pas certain en revanche qu'elle fournisse tous les détails (par exemple le niveau des achats ou la composition). Si elle le fait, elle se lie les mains et ne pourrait pas réagir si la tension sur les marchés réapparaissait durant l'été. Il faut donc s'attendre à une communication incomplète, les détails viendrons probablement plus tard".

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