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Les feux clignotent toujours à l'orange pour Carrefour

| Boursier | 839 | 1 par 1 internautes

Le distributeur a du pain sur la planche pour convaincre le marché lors de sa présentation du 23 mars...

Les feux clignotent toujours à l'orange pour Carrefour
Credits Reuters / Philippe Wojazer

Avec un -24% au compteur en 2017, Carrefour se dirige vers la plus mauvaise performance annuelle de l'indice CAC40 (+11,35% dans le même temps), sauf à être rattrapé par son dauphin, Publicis (-12%) dans les jours qui viennent, ce qui semble peu probable. Comme le distributeur avait déjà perdu -14% l'année précédente, la troisième moins bonne performance de l'indice, il coiffe aussi le bonnet d'âne du CAC sur deux ans.

A 17,40 euros, faut-il profiter en profiter pour se repositionner sur le dossier avant l'annonce du plan stratégique concocté par Alexandre Bompard et sa nouvelle équipe, le 23 janvier prochain ? Pour les analystes, la réponse est plutôt négative. Ils ne sont plus que 8 sur 29 à afficher un avis positif (soit moins de 30%) et 24% à être vendeurs (48% sont neutres). Il y a un an, 63% des recommandations étaient à l'achat et aucun bureau d'études n'était négatif, alors que l'action naviguait autour des 23 euros. Le seul élément qui fait actuellement consensus sur le dossier, c'est que sa valorisation est modeste si le groupe parvient à se remettre en ordre de bataille. Le rendement, souvent cité comme un garde-fou, est élevé (plus de 4% sur les cours actuels), mais son niveau est loin d'être inscrit dans le marbre. A l'inverse, la tendance d'évolution des résultats est mauvaise, puisque les analystes ont plusieurs fois sabré dans leurs prévisions cette année et la visibilité est médiocre sur la stratégie et sur son coût.

Long et coûteux

L'attente est très forte pour le 23 janvier. Mais l'équipe Bompard n'a pas la baguette magique que certains veulent lui prêter. "Redresser Carrefour prendra du temps et coûtera de l'argent", rappelle Daniel Ekstein, analyste spécialisé dans le secteur chez UBS, qui ne s'attend pas à ressortir de la conférence avec des étoiles plein les yeux. "Il n'y a aucune pitié pour les dirigeants qui font des promesses en l'air", rappelle-t-il, même s'il considère que les fuites sur la teneur du plan ('Linéaires', au début du mois) semblent dépeindre un programme pragmatique et susceptible de répondre à certaines des difficultés que rencontre actuellement le distributeur. Chez Bernstein, Bruno Monteyne est de plus en plus sceptique au fil des semaines, surtout depuis qu'une certaine forme de spéculation s'est emparée du dossier, permettant au titre de remonter un peu ces dernières semaines. Non, les mesures de protection des agriculteurs préparées par le gouvernement ne préserveront pas Carrefour de la guerre des prix. Non, l'accord entre Casino et Ocado ne rend pas plus probable une opération entre Amazon et Carrefour, et, non, il n'y aura pas d'énormes économies de coûts en France sur la masse salariale.

"La recovery sera longue", pronostique, elle aussi, Laurence Hofmann, chez Oddo BHF. Pour la spécialiste, c'est l'état d'esprit du groupe qui doit évoluer. "Habitué à être maître chez lui, le groupe n'a pas une culture de partenariat, qui semble aujourd'hui une nécessité pour résister face aux géants d'internet", estime-t-elle, en reconnaissant que la France constituera quoi qu'il arrive le coeur de la restructuration. Mais mettre fin par une cession à la désastreuse campagne en Chine semble en parallèle être l'issue la plus rationnelle économiquement, car tous les grands partenaires locaux ont signé des accords avec les rivaux de Carrefour (Alibaba / Auchan, JD.com / Walmart...). Le scénario d'une cession de la Chine a aussi été défendu par Bryan Garnier, dans la mesure où le groupe n'a maintenant plus grand espoir d'y devenir un acteur de premier plan, sauf à déjouer tous les pronostics.

Conclusion, Carrefour n'est toujours pas en odeur de sainteté auprès de la communauté financière, qui n'est pas prête à faire de chèque en blanc à Alexandre Bompard. Cependant, s'il s'agit de changer la culture de l'entreprise et de lancer son développement numérique, le conseil d'administration a frappé à la bonne porte. Reste à voir comment l'équipe de management se comporte avec la restructuration en France, puisqu'il s'agit de faire bouger les lignes dans une structure extrêmement lourde, dont l'image s'est dégradée ces dernières années face à la concurrence.

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