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Et si l'on se remettait à croire en EDF ?

| Boursier | 503 | 4 par 2 internautes

Le groupe pourrait enfin bénéficier d'un contexte plus favorable. Cela n'a pas échappé aux investisseurs...

Et si l'on se remettait à croire en EDF ?
Credits EDF Thierry Mouret

Grâce à un gain de 2,5% en séance à la Bourse de Paris aujourd'hui, l'action EDF repasse les 10,50 euros, ce qui la place autour de ses cours du début du mois d'octobre. Pas si mal, sachant qu'un énième avertissement sur les objectifs à fait plonger le titre de plus de 10% le 13 novembre et que la société a multiplié les fermetures temporaires de centrales nucléaires pour des travaux de mise en sûreté après que l'ASN eut clairement serré la vis côté régulation.

La perception du dossier est en train de changer. Mais c'est surtout parce que les pouvoirs publics semblent enfin prêts à tirer les conséquences d'une situation que tout le monde connaît mais que personne n'a voulu assumer jusque-là. EDF est un formidable outil qui a permis aux Français d'accéder à une électricité bon marché pendant des dizaines d'années, mais l'énergéticien est en danger car il n'a pas les moyens financiers pour mener de front sereinement sa mission de production d'énergie, de modernisation de son parc et de gestion du démantèlement des nombreuses installations qui seront amenées à fermer dans les années à venir. Partant de là, soit la France continue à regarder l'un de ses fleurons se rapprocher du mur à pleine vitesse, soit elle dégaine un projet industriel cohérent, un cadre réglementaire à la hauteur des enjeux (on parle d'autonomie énergétique de plus de 70 millions de personnes) et un plan de financement crédible à la fois pour l'avenir et pour la gestion du passif nucléaire qui l'attend dans les décennies à venir.

Profiter du contexte

Après une période terrible pour les prix énergétiques, la situation est appelée à s'améliorer ces prochains mois, tandis que Bruxelles s'apprête à adopter une réforme du marché du CO2 qui profitera à EDF. Le calendrier paraît donc propice au lancement d'un grand chantier, conduit intelligemment. Le ministre de l'écologie Nicolas Hulot a adopté une approche pragmatique, qui tranche à la fois avec le dogmatisme ambiant et avec la politique de l'autruche. Réduire la part du nucléaire c'est bien, mais sans placer durablement le pays en situation de précarité énergétique dans quinze ans, c'est mieux. Sur les marchés financiers, on sent bien un frémissement positif vis-à-vis d'une telle stratégie, d'autant que les rumeurs se multiplient sur une politique de prix régulés plus en phase avec les investissements nécessaires à la pérennité de l'énergéticien.

S'ajoute à cela depuis quelques jours le petit parfum spéculatif entourant le dossier. En début de semaine, nous nous sommes faits l'écho d'un intéressant "what if" des analystes d'UBS Sam Arie, Rui Dias et Aymeric Parodi. Le trio examinait un scénario "à la RWE" pour EDF. En Allemagne, E.ON et RWE ont en effet séparé leurs activités dites de croissance de celles notamment liées aux activités nucléaires, dans un pays où la sortie de l'atome a déjà été prise. Les analystes estiment qu'EDF pourrait s'en inspirer pour créer une division phare avec ses réseaux, sa distribution et ses énergies renouvelables, qui entrerait en bourse, tandis que les autres actifs, notamment le nucléaire, le négoce et les provisions de démantèlement, resteraient au niveau du groupe. De quoi apporter davantage de clarté dans la gestion et piloter plus efficacement des entités qui affichent des problématiques bien différentes. Ce scénario constitue l'une des pistes d'évolution possible du groupe. Il contribue en tout cas à recréer des perspectives, ce qui n'a pas échappé aux investisseurs ces derniers jours, malgré l'accumulation de mauvaises nouvelles.

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