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Asie : les marchés ne suivent pas l'euphorie américaine

| Boursier | 465 | Aucun vote sur cette news

Les places financières de la zone Asie-Pacifique ne suivent pas vraiment l'enthousiasme de Wall Street en restant de nouveau un cran en arrière à...

Asie : les marchés ne suivent pas l'euphorie américaine
Credits Reuters

Les places financières de la zone Asie-Pacifique ne suivent pas vraiment l'enthousiasme de Wall Street en restant de nouveau un cran en arrière à l'image de la bourse de Tokyo qui monte timidement de 0,4%, tandis que Seoul et Hong Kong sont stables. Bombay perd 0,2% avec Taiwan, Shanghai recule de 0,4%, seule la place de Sydney grimpant de 1,9%.
A noter que selon les données communiquées ce mercredi par le Bureau national des statistiques, le produit intérieur brut de l'Australie a reculé en rythme trimestriel de 7% au cours de la période avril-juin. Le consensus des analystes ressortait à -5,9%, après un recul de 0,3% au premier trimestre. Il s'agit du déclin le plus important depuis 1959, année de l'introduction des statistiques officielles sur la croissance.
En rythme annuel, le PIB a marqué au deuxième trimestre un repli de 6,3%. La publication des données officielles intervient alors que le deuxième Etat le plus peuplé du pays, Victoria, se trouve toujours en confinement dans le but d'endiguer la propagation du coronavirus. Les frontières internationales restent fermées...

Zoom s'envole à Wall Street

La Bourse de New York de son côté a de nouveau progressé mardi soir, toujours emmenée par les valeurs de technologie, les indices S&P 500 et Nasdaq inscrivant de nouveaux records. Malgré les perturbations causées par l'épidémie de coronavirus, l'activité manufacturière a continué de se redresser en août aux Etats-Unis, ce qui a soutenu les marchés d'actions ainsi que les cours du pétrole.
A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,76% à 28.645 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,75% à 3.526 pts et que le Nasdaq Composite a grimpé de 1,39% à 11.939 pts, signant son 3e record d'affilée !

Symbole de cette euphorie après Apple et Tesla, Zoom Video Communications a flambé de 40,7% ! Le spécialiste des téléconférences atteint de nouveaux sommets à Wall Street après la publication de résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes du marché. Surfant sur le rapide développement du télétravail face à la pandémie de Covid-19, Zoom a affiché un bénéfice net de 185,7 millions de dollars au deuxième trimestre de son exercice fiscal (achevé fin juillet), contre 5,5 M$ un an plus tôt... Le chiffre d'affaires a atteint 663,5 M$, multiplié par plus de 4 par rapport à la même période de 2019 (146 M$). La firme californienne a aussi revu en nette hausse ses prévisions annuelles.

L'activité manufacturière confirme son rebond

Les investisseurs ont été rassurés par la publication d'une série d'indicateurs d'activité en progression. Aux Etats-Unis, l'indice ISM manufacturier a grimpé à 56 en août contre 54,6 attendu par les économistes, et en progression par rapport aux 54,2 de juillet. L'indice (qui signe son 4e mois consécutif de hausse) évolue désormais à son plus haut niveau depuis 21 mois. L'autre indicateur d'activité, le PMI manufacturier d'IHS Marktit est ressorti à 53,1 en août, un peu inférieur au consensus (53,6).

En Chine, l'indice PMI manufacturier, calculé par Caixin et IHS Markit, s'est élevé à 53,1 points après 52,8 en juillet, et supérieur aux attentes du consensus, qui tablait sur un tassement à 52,7 points. La composante des nouvelles commandes a notamment repassé la barre des 50 points (le seuil séparant l'expansion de la contraction), pour la première fois depuis le début de l'année. Lundi, l'indice PMI officiel publié par le Bureau des statistiques, avait fait état d'une activité quasi-stable à 51 en août contre 51,1 en juillet.

Les chiffres de l'emploi très attendus

La principale statistique de la semaine aux Etats-Unis sera le rapport de l'emploi en août, publié vendredi. Alors que Républicains et Démocrates ne parviennent toujours pas à s'entendre sur un nouveau plan de soutien à l'économie, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué mardi lors d'une audition devant la Chambre des représentants que 41% des emplois détruits en mars et en avril en raison de la pandémie de Covid-19 ont été recréés depuis cette date.
Il a estimé que "nous sommes prêts pour une reprise économique très forte", tout en reconnaissant qu'il y a encore du travail à faire" pour revenir aux niveaux d'emplois antérieurs à la pandémie. Il a exhorté "le Congrès, la Chambre et le Sénat, à aller de l'avant" pour adopter rapidement un autre programme d'aide.

M. Mnuchin a souligné qu'en juillet, "pour le troisième mois d'affilée, le rapport sur l'emploi a dépassé les prévisions, avec un gain de 1,8 million d'emplois... Cela porte notre gain total sur trois mois à plus de 9 millions d'emplois, ce qui signifie que plus de 41% des emplois perdus en raison de la pandémie ont été récupérés", a-t-il ajouté. Pour août, le consensus compilé par l'agence 'Reuters' table sur la création de 1,4 million de postes en août. Le taux de chômage devrait revenir autour de 9,8% contre 10,2% en juillet. Avant la crise du Covid-19, il était tombé à son plus bas niveau depuis 50 ans, à 3,5%.

La Fed prête à prendre de nouvelles mesures

Les marchés tablent sur de nouvelles mesures de soutien budgétaire, mais aussi sur de nouvelles actions de la Fed dans les prochains mois. L'une des gouverneurs de la Fed, Lael Brainard, a affirmé mardi que la Réserve fédérale devra faire de nouveaux efforts "dans les mois à venir".
"Il sera important de donner les moyens nécessaires pour atteindre le plein emploi et une inflation moyenne de 2% sur la durée", a indiqué Mme Brainard lors d'un débat en ligne organisé par la Brookings Institution. La semaine dernière, le président de la Fed, Jerome Powell, avait présenté la nouvelle stratégie de la banque centrale américaine, qui consistera notamment à tolérer une hausse temporaire de l'inflation au-dessus de l'objectif de 2% afin de soutenir la croissance.
"Alors que la reprise risque d'être confrontée à des vents contraires liés au COVID-19 pendant un certain temps dans les mois à venir, il sera important que la politique monétaire passe de stable à accommodante", a estimé Mme Brainard. Cette décision "sera guidée" par la nouvelle stratégie, qui promeut la croissance de l'emploi. La Fed ne devrait cependant pas agir avant l'élection présidentielle du 3 novembre, a-t-elle laissé entendre...

Les espoirs de reprise économique ont profité aux cours du pétrole. Le contrat à terme d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) pointe à 43$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance novembre a avancé de 1% à 46$ le baril. En août, les cours du brut s'étaient redressés de 5,6% pour le WTI et de 4,6% pour le Brent.

Sur le marché des changes, un nouvel accès de faiblesse du dollar a été noté, ce qui a propulsé le cours de l'euro au dessus du seuil de 1,20$ en séance. Cependant, des prises de bénéfices ont suivi, tandis que l'euro est revenu à 1,19$ après un pic à 1,2012$. La monnaie européenne a regagné plus de 10% depuis le mois de mars.

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