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Altice dément envisager une levée de fonds

| Boursier | 123 | Aucun vote sur cette news

Le groupe s'emploie à combattre les rumeurs...

Altice dément envisager une levée de fonds
Credits Altice

Un air de déjà-vu. Le groupe Altice est confronté depuis le 3 novembre dernier au cercle vicieux du doute sur sa solidité financière, qui a divisé par deux son cours de bourse en onze séances à peine. "Je vous l'avais bien dit", parade le sceptique de la première heure, "que ce groupe est bâti sur un lit de sable". La réalité est sans doute plus complexe. Patrick Drahi a fait monter Altice en puissance en endettant son holding et ses divisions, mais en mettant en face des emprunts d'importants flux de trésorerie. Les renégociations menées cette année sur la dette, très suivies, montrent bien que le marché était avide de ce papier. Tant qu'aucun grain de sable ne vient gripper la machine, cette stratégie ne pose pas vraiment de problème. Or grain de sable, il y a eu. La stratégie adoptée par le holding dans les télécoms en France et dans une moindre mesure au Portugal est un échec et pourrait réduire la génération de liquidités. Cela a coûté sa place à Michel Combes, un dirigeant expérimenté dont le départ a ajouté à la confusion. L'investisseurs sceptique a contaminé l'investisseur prudent, qui juge désormais la situation à risque et qui retire ses billes.

La maison est en feu

Et les rumeurs fusent désormais. A tel point qu'Altice, qu'on a connu plus discret dans ses échanges avec le marché, a dû se fendre cette nuit d'un communiqué. "Altice ne prépare pas de levée de fonds... et n'envisage rien de tel", y explique le management, en ajoutant que la maison-mère Next "n'a aucun prêt sur marge exposé à Altice et n'a pas cédé un nombre important de titres depuis l'entrée en bourse". Par ailleurs, Altice précise que les ventes de titres par le directeur financier en septembre 2017 ont été réalisées par un intermédiaire financier selon un échéancier prédéfini et que les cessions réalisées par le secrétaire général en septembre et en novembre sont intervenues suite à des événements de la vie imprévus. Enfin, Altice consacre un paragraphe à son plan de désendettement, qui passe notamment par la vente d'actifs non-stratégiques en Europe, qui devraient être réalisées dès le premier semestre 2018. Le groupe souligne aussi qu'il n'existe pas de covenants spécifiques ou de mécanismes liés au cours de l'action sur sa dette. Enfin, il rappelle que la maturité moyenne de sa dette est de 6,3 ans et qu'il n'existe pas de maturité majeure pour SFR avant 2022, pour Altice International avant 2023 et pour Suddenlink avant 2020.

Cela suffira-t-il à éteindre l'incendie ? Pas sûr, car dans un monde financier hyperconnecté et à l'affût de la moindre information négative, même douteuse, les marchés se laissent facilement emporter par la spéculation. Il y a urgence à casser la spirale infernale, qui s'alimente chaque jour de nouvelles données. La fin de l'argent bon marché, la rumeur d'utilisation d'actions Altice comme collatéral de certains prêts, la fermeture du robinet du financement qui sonne le glas de la stratégie de grosses acquisitions... et sans doute d'autres "révélations" à venir dans les jours qui viennent. Patrick Drahi et ses lieutenants vont devoir être omniprésents dans les prochaines semaines pour tenter d'apaiser le marché.

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