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"Pourquoi on ne s'intéressait pas à nous avant?": à Noailles, les habitants entre colère et fatalité

| AFP | 610 | Aucun vote sur cette news
Les trois immeubles vétustes écroulés à Marseille, 5 novembre 2018
Les trois immeubles vétustes écroulés à Marseille, 5 novembre 2018 ( Emin AKYEL / AFP/Archives )

"Pourquoi on ne s'intéressait pas à nous avant ?": contraint d'évacuer son appartement après l'effondrement de plusieurs immeubles délabrés de son quartier de Noailles, au cœur de Marseille, Adama, un jeune Comorien d'une trentaine d'années, ne cachait pas sa colère mercredi.

"Ici, il n'y a que des noirs et des arabes, alors tout le monde s'en fout. Mais je paie mon loyer, 380 euros par mois, je paie même ma taxe d'habitation. Mais vous avez vu l'état des bâtiments?", accuse le jeune homme, auprès de l'AFP, alors qu'il vient de récupérer quelques objets dans son appartement, au 77 rue d'Aubagne.

Une cinquantaine de mètres plus bas, les marins-pompiers s'activent face à la montagne de gravats qui reste des trois immeubles écroulés lundi et dont ils ont déjà extrait six corps.

Façades lépreuses, fissures apparentes, câbles électriques vaguement accrochés: le haut de la rue d'Aubagne n'a rien à voir avec sa partie basse, où trône la Maison Empereur, la plus célèbre et plus ancienne quincaillerie marseillaise, étape incontournable des circuits touristiques de la cité phocéenne.

Ici, autour des immeubles effondrés, les boutiques fleurent bon l'Afrique et l'Asie. Kebabs aux Portes de Damas, spécialités tunisiennes chez T'Chik T'chouka, taxiphone-internet-alimentation chez Baraka phone, cuisine d'Afrique centrale au Kribien Nsimalem. Au 91 de la rue, c'est l'échoppe de Daniel Manna, "magnétiseur et coupeur de feu". Au 79, Le Baobab, le domaine de Dia Nassyla, couturier venu du Sénégal.

Et dans les appartements, les CSP+ se font rares: "Ici, il n'y a que des étudiants ou des immigrés", dit Yoanna, 27 ans, étudiante, arrivée du Liban en 2006. Elle aussi est venue récupérer quelques vêtements et son ordinateur, au 89 rue d'Aubagne. Comme une bonne partie des habitants de la rue, elle n'a plus le droit de rester dans son appartement, tant que les travaux dureront autour des immeubles effondrés.

- Minute de silence et marche blanche -

Les hommes de la brigade des marins-pompiers de Marseille à pied d'oeuvre sur l'immense tas de gravas des immeubles effondrés, à Marseille le 7 novembre 2018
Les hommes de la brigade des marins-pompiers de Marseille à pied d'oeuvre sur l'immense tas de gravas des immeubles effondrés, à Marseille le 7 novembre 2018 ( Loic AEDO, HO / BMPM/SM Aedo/AFP )

Marcel Ferreres, 71 ans, pied-noir débarqué à Marseille en 1962, a vu le quartier de Noailles évoluer jusqu'à devenir un concentré de bâtiments délabrés ou insalubres. "Dans les années 60, la rue d'Aubagne, c'était très recherché par les Marseillais. Il y avait des avocats, des médecins, c'était très brassé", se souvient-il.

Mais le bâti s'est dégradé, inexorablement. Ancien employé de banque, il s'est finalement retrouvé dans une entreprise de déménagement: "Je faisais les devis au début des années 2000. Les appartements, dans le quartier, c'était des taudis. Des cafards gros comme ça", raconte-t-il, dénonçant "la mafia qui profite de la misère" et des "propriétaires ou faux propriétaires qui encaissent les loyers sans jamais faire de travaux".

Colère également pour la centaine d'habitants et de militants venus se réunir en fin d'après-midi, à quelques mètres des décombres, aux cris de "Gaudin, Fructus, assassins", en référence au maire de Marseille et à son adjointe au Logement.

A l'appel de plusieurs associations, des dizaines d'habitants et de militants se sont réunis dans une salle, à quelques mètres de là. Après une émouvante minute de silence, ils ont appelé à une marche blanche en souvenir des victimes pour samedi 15h00.

Fatalisme par contre pour Fatima Oussoufa, 30 ans, elle aussi Comorienne, habitante du 73 de la rue d'Aubagne: "Tout le monde savait que le 65, il était complètement pourri", lâche-t-elle. "Mais c'est le destin", conclut-elle, en évoquant "Mama Sadgi", la mère de famille comorienne du 1er étage, au 65, qui n'a plus donné signe de vie depuis lundi, après avoir amené son fils à l'école.

Enrico vit lui au 81 rue d'Aubagne. Si cet Italien de 43 ans s'était habitué à l'état des parties communes de son immeuble, "complètement défoncées", il est désormais anxieux. Il ne peut s'empêcher de penser à ses voisins du 65, cet immeuble qui s'est effondré en quelques secondes lundi, "presque sans bruit, comme un château de sable".

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