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Le Conseil national du numérique défend le chiffrement des communications

| AFP | 157 | Aucun vote sur cette news
Mounir Mahjoubi, actuel secrétaire d’État au numérique, dirigeait jusqu'en janvier 2017 le conseil national du numérique.  Le secrétaire d'Etat à l'Assemblée nationale le 12 juillet 2017
Mounir Mahjoubi, actuel secrétaire d’État au numérique, dirigeait jusqu'en janvier 2017 le conseil national du numérique. Le secrétaire d'Etat à l'Assemblée nationale le 12 juillet 2017 ( ALAIN JOCARD / AFP/Archives )

Le Conseil national du numérique (CNNum) défend l'usage du chiffrement des données, "élément vital de notre sécurité en ligne", et s'inquiète d'une "trajectoire sécuritaire préoccupante" liée au développement de la surveillance, dans un avis publié mardi.

Il s'agit d'une technologie permettant de chiffrer les communications afin qu'elles ne soient visibles que de l'expéditeur et du destinataire.

L'instance consultative interpelle ainsi le gouvernement au moment où le projet de loi antiterroriste destiné à remplacer, au 1er novembre, l'état d'urgence est examiné à l'Assemblée nationale.

"Internet apparaît souvent comme un coupable idéal" et, dans le contexte du terrorisme, "les pouvoirs publics semblent engagés dans une spirale infernale, pour un but, la sécurité absolue", observe-t-il.

Le CNNum s'était autosaisi après l'appel à l'été 2016 des ministres de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve et allemand Thomas de Maizière à la Commission européenne d'encadrer juridiquement les réseaux de télécommunication cryptés, comme Whatsapp, Viber, iMessage, et surtout Telegram prisé des jihadistes.

En juin, le président Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May ont à leur tour réclamé un plan d'action pour renforcer la lutte antiterroriste sur internet, réclamant "une possibilité d'accès" au contenu crypté échangé par les terroristes.

La proposition régulièrement avancée de contraindre les constructeurs et fournisseurs de services et d'applications numériques à introduire des "portes dérobées" (backdoors) dans leurs systèmes aurait "des conséquences dramatiques pour l'ensemble des utilisateurs", juge le CNNum.

"Les cyberattaques récentes et massives ne cessent de démontrer le risque que peut faire courir le maintien volontaire de failles de sécurité, par des agences de renseignement à des fins offensives, pour la sécurité des utilisateurs", avertit-il.

- Interdire, une "très mauvaise idée" -

En effet "il n'existe pas de technique d'affaiblissement systémique du chiffrement qui ne permettrait de viser que les activités criminelles".

Or, rappelle-t-il, "le chiffrement est un élément vital de notre sécurité en ligne. Pour les citoyens, le chiffrement est un levier majeur de confiance dans le monde numérique", puisqu'il permet "de protéger les communications et les transactions de milliards d'individus".

Pour les entreprises, le chiffrement "reste le meilleur rempart contre l'espionnage économique" et "pour l'État, il s'agit tout simplement d'une condition de sa souveraineté", relève le CNNUM dans son avis.

Rand Hindi, entrepreneur membre du CNNUM, qui a piloté les travaux sur ce sujet, explique que cet avis a un objectif pédagogique pour "faire comprendre aux décideurs politiques et aussi au grand public quels sont les enjeux importants" de cette question.

"Interdire le chiffrement n'aurait aucun sens. Toutes les techniques de chiffrement sont dans le domaine public et n'importe quel groupe serait capable de recréer ses propres applications chiffrées s'il le voulait", poursuit-il.

Quant aux portes dérobées soit "des accès aux applications de chiffrement pour lesquelles seulement le gouvernement aurait les clefs, le problème c'est qu'à partir du moment où on crée une porte dérobée, c'est l'équivalent de créer une faille de sécurité, n'importe quel Etat ou groupe de pirates informatiques pourrait potentiellement trouver cette faille et s'en servir".

"Dans un cas comme d'une autre c'est une très mauvaise idée. Il n'y aurait plus aucune garantie de vie privée", insiste-t-il.

Le CNNum était présidé jusqu'en janvier 2017 par Mounir Mahjoubi, actuel secrétaire d’État au numérique.

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