En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 393.74 PTS
+0.00 %
5 400.5
+0.13 %
SBF 120 PTS
4 326.90
+0.00 %
DAX PTS
12 219.02
-
Dowjones PTS
26 405.76
+0.61 %
7 490.32
+0.00 %
1.169
+0.17 %

Grand reportage et investigation, des coûts de plus en plus prohibitifs pour les médias

| AFP | 207 | Aucun vote sur cette news
Informer devient de plus en plus difficile pour les médias, en lutte pour leur survie économique
Informer devient de plus en plus difficile pour les médias, en lutte pour leur survie économique ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

Produire un journalisme de qualité est devenu de plus en plus difficile pour les médias en lutte pour leur survie au niveau économique, en particulier le reportage dans les zones à risques et l'investigation, qui mobilisent de plus en plus de ressources.

Le reportage dans des zones à risques, avec son coût humain terrible (50 journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions depuis le début de l'année, selon l'ONG Reporters sans frontières, soit presque autant que durant toute l'année 2017), représente aussi un fardeau financier que certains journaux, radios ou télévisions n'ont plus les moyens d'assumer.

"C'est de plus en plus cher de couvrir des conflits dans des pays comme l'Irak, car il faut du personnel en nombre pour éviter les risques : fixeurs, gardes du corps, traducteurs, chauffeurs etc. Il y a quelques années, le New York Times avait calculé qu'un jour de reportage à Bagdad lui revenait à 10.000 dollars", relève Jean-François Leroy, directeur du festival de photojournalisme Visa pour l'image, qui se déroule en septembre à Perpignan (sud de la France).

Jean-François Leroy, directeur du festival
Jean-François Leroy, directeur du festival "Visa pour l'image", à Puteaux, le 15 juin 2017 ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )

Par le passé, "de manière générale la presse n'était pas une cible (pour les belligérants), c'était au contraire une alliée. Et en quelques années, elle est devenue une cible", notamment de mouvements qui se sont spécialisés dans l'enlèvement de journalistes pour extorquer des rançons, explique M. Leroy. Ce qui oblige les médias à multiplier les mesures pour protéger leurs reporters.

A cela s'ajoute l'évolution accélérée des technologies, qui oblige les photographes ou vidéastes à renouveler plus fréquemment leurs équipements matériels et logiciels.

Depenses publicitaires dans les journaux
Depenses publicitaires dans les journaux ( Alain BOMMENEL / AFP )

Et parallèlement, "la presse voit ses revenus baisser, avec l'éclatement du web", ce qui tire à la baisse les tarifs des reportages, et concourt à une forte précarisation du métier de photojournaliste, souligne M. Leroy.

"Il y a 30 ans, il n'était pas exceptionnel que des reportages soient publiés dans des magazines pour l'équivalent de 15.000 euros. Aujourd'hui, c'est plutôt 3.000 ou 4.000 euros qui sont exceptionnels", dit-il.

- Investigation "coûteuse" et "risquée" -

D'où l'appel lancé par le directeur du bureau de l'AFP à Bagdad, Sammy Ketz, en faveur de la création de "droits voisins" au sein de l'UE. Une mesure controversée, qui contraindrait les géants du Net, Google et Facebook, à rétribuer les créateurs de contenus sur internet, dont les médias, alors qu'ils captent aujourd'hui une part écrasante des recettes publicitaires en ligne. Les GAFA combattent cette réforme, l'accusant de saper la gratuité d'internet.

Google et Facebook
Google et Facebook ( Alain BOMMENEL / AFP )

"Finie l’époque où j’allais à la guerre, en veste, ou en bras de chemise, un carnet dans ma poche, aux côtés du photographe ou du vidéaste. Aujourd’hui, il faut des gilets pare-balles, des casques, des voitures blindées, parfois des gardes du corps pour éviter d’être enlevés, des assurances. Qui paie de telles dépenses ? Les médias et cela est onéreux", plaide-t-il dans ce texte cosigné par plus d'une centaine de grands reporters et rédacteurs en chef de 27 pays de l'Union européenne.

Autre domaine roi du journalisme, entravé par la baisse de moyens des médias : l'investigation.

Sammy Ketz, grand reporter à l'AFP, à terre pendant des échanges de tirs dans la ville de Maaloula en Syrie, alors qu'un militaire syrien traverse en courant, le 18 septembre 2013
Sammy Ketz, grand reporter à l'AFP, à terre pendant des échanges de tirs dans la ville de Maaloula en Syrie, alors qu'un militaire syrien traverse en courant, le 18 septembre 2013 ( Anwar AMRO / AFP/Archives )

"Le journalisme se bat pour sa survie. Il est en train de mourir", et "les entreprises (de médias) taillent dans leurs coûts, et d'abord dans l'investigation car cela coûte cher", constate Gerard Ryle, directeur du Consortium international de journalistes d'investigation, l'ICIJ. C'est à cet organisme non lucratif que l'on doit les révélations en matière d'évasion fiscale des "Panama papers" et "Paradise papers".

D'où la naissance ces dernières années d'organisations comme l'ICIJ, qui leur permettent de mutualiser leurs moyens.

"Ce sont des activités qui prennent non seulement beaucoup de temps mais qui sont en plus risquées : vous n'êtes pas certain d'aboutir à une publication, et si vous y arrivez, cela peut vous coûter une fortune en frais juridiques, si vous devez vous défendre devant un tribunal", dit-il à l'AFP.

Ces coûts sont "très difficiles à chiffrer", mais conséquents, en raison par exemple de la dimension internationale du travail d'investigation. "Les +Panama papers+ ont coûté 2 millions de dollars à l'ICIJ, mais il faudrait rajouter les frais engagés par les 300 reporters des médias partenaires qui ont collaboré à ce projet dans le monde", relève le directeur de l'ICIJ.

Tribune

  1. Droits voisins : une question de vie ou de mort 

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 20/09/2018

Après avoir finalisé, le 6 juillet 2018, l'acquisition du bloc de 73.04% du capital de Direct Energie à 42 euros par action, Total se félicite des résultats de l'offre publique d'acquisition tels…

Publié le 20/09/2018

Une femme en plein travail à la maternité de Médecins Sans Frontières (MSF), le 8 août 2018 à Khost, en Afghanistan ( JUSTINE GERARDY / AFP )Pour les Afghanes, donner la vie reste environ…

Publié le 19/09/2018

Une infirmière tente de réconforter un enfant yéménite souffrant de malnutrition dans un hôpital de la province de Hajjah (nord-ouest), le 19 septembre 2018 ( Essa Ahmed / AFP )Plus de cinq…

Publié le 19/09/2018

Les cours du pétrole progressent nettement malgré la baisse moins marquée que prévu des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Les stocks de brut ont baissé de 2,1 millions de barils alors…

Publié le 18/09/2018

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale le 12 septembre 2018 ( Eric FEFERBERG / AFP/Archives )Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a rappelé à l'ordre mardi le…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 20/09/2018

Poxel a réalisé au premier semestre 2018 un résultat net de 7,3 millions d’euros, contre une perte nette de 9,7 millions d’euros au premier semestre 2017. Le chiffre d’affaires s’élève à…

Publié le 20/09/2018

Spineway, spécialiste des implants et ancillaires chirurgicaux pour le traitement des pathologies de la colonne vertébrale (rachis), a annoncé le remboursement anticipé de 44 obligations…

Publié le 20/09/2018

Le Dr. Stephan A. Grupp, MD , Ph.D., un oncologue pédiatrique de premier plan à l'Hôpital pour enfants de Philadelphie et chef du département de thérapie cellulaire et de transplantation à…

Publié le 20/09/2018

Auplata, 1er producteur d'or français coté en Bourse, a annoncé que la société Reunion Gold, société canadienne d'exploration cotée au Toronto a finalisé, avec succès, le programme de…

Publié le 20/09/2018

Total poursuit son développement dans les nouvelles énergies pour la mobilité...