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Barclays, négatif sur ArcelorMittal, ne croit pas aux mesures antidumping européennes

| Boursier | 434 | Aucun vote sur cette news

Les mesures sont vouées à l'échec, selon l'analyste...

Barclays, négatif sur ArcelorMittal, ne croit pas aux mesures antidumping européennes
Credits Reuters

Barclays conserve un biais très prudent sur le secteur de l'acier en Europe, comme l'illustre sa recommandation "souspondérer" sur ArcelorMittal, assortie d'une valorisation à 17 euros par titre (l'action cote plus de 22 euros). Contrairement à ce que pense la majorité des investisseurs, la banque britannique ne voit pas les mesures antidumping adoptées par la Commission améliorer structurellement la compétitivité des producteurs du vieux continent. "Au contraire", explique l'analyste Vladimir Sergievskiy, "la campagne antidumping en cours montre qu'elle est en échec et qu'elle perd de son intensité, alors que le plus gros des dossiers contre les importations d'acier plat roulé en provenance de cinq pays risque de faire long feu". Le spécialiste en veut pour preuve que les mesures de défense mises en place depuis le début de l'année 2016 n'ont pas empêché les importations d'acier de continuer à progresser, et qu'elles devraient atteindre en 2017 un nouveau record de parts de marché.

Pourquoi un tel échec ? Pour Sergievskiy, c'est d'abord parce que les aciéristes étrangers s'adaptent très rapidement aux nouvelles barrières à l'entrée, en s'appuyant sur le lourd handicap des groupes européens en matière de coûts. "Fabriquer des produits en acier de base revient à obtenir une qualité acceptable au prix le plus faible possible. En conséquence, il est plus économique de produire dans les régions à bas coûts", poursuit l'analyste. Or l'Europe est l'une des régions du monde où les coûts sont les plus élevés, à cause des coûts salariaux, retraites comprises, du prix élevé de l'énergie et du manque d'approvisionnement local en matières premières. À cela s'ajoutent le manque de taille et de flexibilité de la majeure partie des sites de production, qui sont en outre grevés par une charge environnementale qui ne cesse de croître. Aussi longtemps que ces écueils persisteront, et l'analyste ne les voit pas évoluer rapidement, les importateurs continueront à gagner des parts de marché.

Parmi les régions productrices, la Russie paraît avoir tous les atouts de son côté face aux européens de l'ouest : la main-d'oeuvre est bon marché, le coût énergétique est faible, l'industrie est alimentée en local par le secteur minier, les sites sont grands et flexibles, les exigences environnementales y sont très réduites. La Chine et l'Inde sont elles aussi avantagées. Aux États-Unis, le coût de la main-d'oeuvre et la taille et la flexibilité des sites pèsent sur les opérations, mais le pays dispose de certains atouts, comme d'un approvisionnement minier local et de coûts énergétiques plutôt faibles.

Actuellement, 71% des recommandations sont pourtant positives sur ArcelorMittal, avec un objectif moyen de 27,39 euros. La voix de Barclays est donc dissonante.

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