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Airbus et Boeing, gagnant-gagnant de l'opération CSeries ?

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Bernstein pense que la transaction est bénéfique pour tous les acteurs, sauf Embraer...

Airbus et Boeing, gagnant-gagnant de l'opération CSeries ?
Credits Reuters

L'accord de prise de contrôle du programme CSeries de Bombardier par Airbus est vu d'un bon oeil par les analystes. La réaction du titre hier (+4,8% en clôture) le prouve. "Je pense que cet accord est positif pour Airbus, positif pour bombardier, positif (oui vraiment) pour Boeing et négatif pour Embraer", résume Douglas Harned, qui suit le secteur aéronautique pour Bernstein. Pour le Canadien, la raison est évidente : le CSeries est un bon programme, mais un programme compliqué aux coûts trop élevés. Airbus pourra aider son nouveau partenaire au niveau des coûts et du réseau de distribution, et lui permettre de disposer d'une ligne de production sur le sol des Etats-Unis, ce qui paraît crucial au vu de la taxe antidumping infligée par Washington au programme. "Reste à voir si le programme pourra devenir profitable. Mais je pense qu'il sera quoi qu'il en soit en bien meilleure position", souligne Harned.

Pour Airbus, l'affaire est également intéressante aux yeux de l'analyste. Avec cette coentreprise, l'avionneur s'offre un nouveau programme avec un risque très faible. Les dépenses en numéraire qui restent seront assurées par Bombardier et la Caisse des dépôts québécoise. Airbus n'aura qu'à réduire suffisamment les coûts pour en faire un programme rentable. L'industriel va en parallèle améliorer sa connaissance de certaines technologies. Côté résultats, l'impact sera modeste, puisque Bernstein n'envisage qu'une contribution de l'ordre de 2% sur les revenus commerciaux futurs, et un pourcentage inférieur encore au niveau des résultats.

Paradoxes

Paradoxalement donc, le spécialiste pense que Boeing sera aussi l'un des gagnants de l'opération. En effet, la transaction ne menace pas le coeur de marché de l'américain, sauf à ce que le CSeries propose une variante qui viendrait titiller le B737, ce qui apparaît désormais improbable puisqu'il concurrencerait aussi l'A320. La menace principale pèse sur le B737MAX-7, mais celui-ci a très peu de clients, à l'image d'un A319neo. Comme la demande a tendance à se décaler vers des avions plus grands, Boeing va pouvoir se concentrer sur son projet d'appareil de taille moyenne. Le brésilien Embraer apparaît donc comme le grand perdant aux yeux de Douglas Harned. La concurrence va se durcir pour l'E195-E2, qui va devoir ferrailler avec un CSeries-100 dont les coûts seront appelés à baisser. "Je trouve étrange qu'Airbus ait scellé un accord après des années passées à combattre l'arrivée de bombardier sur ce marché", conclut Harned, qui rappelle que le Canadien avait déjà discuté avec ses deux rivaux par le passé, mais qu'aucun des deux n'avait trouvé le CSeries suffisamment intéressants au regard de leurs standards financiers. "Mais Bombardier est désormais dans une position qui fait sens pour les deux parties", termine-t-il.

Les analystes apprécient

Si l'on fait ce matin un rapide tour d'horizon de la position des analystes, on constate notamment que Barclays est conforté dans sa recommandation "surpondérer" et son objectif de cours de 110 euros. Cette nuit, Nord L/B a relevé de vendre à conserver son opinion, assortie d'un objectif revu de 70 à 75 euros. Crédit Suisse est JP Morgan partage toujours un objectif de cours de 93 euros et une recommandation positive. C'est sans doute du côté de bombardier que les modifications ont été les plus nombreuses, à l'image du Crédit Suisse, qui reste à "surperformance" en relevant de 3,25 à 3,50 dollars canadiens son objectif, ou de National Bank Financial, qui a relevé de 3 à 3,50 CAD le sien en restant à surperformance. Cormark Securities a rehaussé d'alléger à performance de marché son opinion.

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