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Bruno Colmant de Degroof Petercam se penche sur le mystère de l'inflation disparue

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Bruno Colmant de Degroof Petercam se penche sur le mystère de l'inflation disparue
Credits  ShutterStock.com


Comme les autres instituts d'impression monétaire, la BCE s'est lancée, depuis 2015, dans un gigantesque programme de création monétaire qui dépassera 2.100 milliards d'euros. Or, contre toute attente, la création monétaire de la BCE amène à peine l'inflation au seuil symbolique de 2%. Bruno Colmant, chef économiste de la banque Degroof Petercam tente de résoudre le mystère de cette inflation disparue.

En premier lieu, il distingue des causes périphériques comme la précarisation de l'emploi, qui atténue les revendications salariales, le poids de la dette publique (effet Ricardo), la peur de l'avenir, qui incite les ménages à épargner plutôt qu'à consommer ou la transparence des prix rendue possible par l'essor des grandes plateformes de commerces comme Amazon.

Bruno Colmant rend également le vieillissement de la population responsable de la faiblesse de l'inflation.

Les années d'après-guerre furent caractérisées par une poussée démographique qualifiée de " baby-boom ", conventionnellement constatée entre 1945 et 1963. Ce phénomène trouve désormais sa transposition dans un " papy-boom " qui, sur base d'un départ à la retraite à 65 ans, couvre les années 2010 à 2048, en prenant en compte l'augmentation de l'espérance de vie. Or, une population âgée consomme et investit moins. Le chef économiste constate même une augmentation de la propension à épargner qui obère la consommation. Il en résulte un comportement prudent conduisant au maintien d'une épargne prévenante.

Enfin, Bruno Colmant souligne l'influence du choc technologique. Après la banalisation d'Internet et l'infiltration de la digitalisation, c'est l'intelligence artificielle qui va contribuer, dans une proportion croissante, à la création de richesses. Or, cette révolution, destructrice d'emplois, suscite une défiance qui accompagne la constitution d'épargne (et donc la contrainte de la consommation) tout en limitant la rémunération relative du travail humain.

Cela explique, pour partie, pourquoi le plein-emploi dans des pays tels les États-Unis ne s'accompagne pas d'une hausse des salaires que certains économistes, dont William Phillips (1914-1975), avaient théorisée. L'explication de l'influence déflationniste de la mécanisation du travail est, en revanche, parfaitement expliquée par Karl Marx (1818-1883). La révolution technologique conduit à éroder l'inflation.

En résumé, l'inflation reste basse et le chômage élevé dans le sillage d'un contexte déflationniste, lui-même entretenu par le vieillissement de la population et le choc digital. La politique budgétaire et monétaire européenne a entretenu ces mêmes forces dans une crise de la demande et un marché du travail déstructuré.

Pour Bruno Colmant, il est possible que l'inflation reste basse dans un contexte de stagnation séculaire que certains assimilent à un scénario " à la japonaise ". Le passage du choc générationnel du papy-boom et un retour à une confiance dans le futur permettront peut-être de retrouver la croissance et l'inflation.

Mais ce n'est pas tout, assure le chef économiste. Il faudra de massifs programmes d'investissements publics et privés dans les domaines de l'énergie, des communications et des défis sociétaux tels le climat et les migrations.

La réalité politique nous fait face, conclut Bruno Colmant, sans promotion du travail, nos économies pourraient succomber sous leurs propres maux d'un capital désinflaté. Il s'agit donc d'un débat politique.

source : AOF

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