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Thales flambe après l'annonce du rachat de Gemalto

| Boursier | 293 | 4 par 1 internautes

Thales a offert 51 euros par action pour racheter Gemalto, qui a accepté la proposition. Atos, qui proposait 46 euros, se retire...

Thales flambe après l'annonce du rachat de Gemalto
Credits Photopointcom ©THALES

Atos rend les armes. Le conseil d'administration de la SSII a annoncé hier soir qu'il ne surenchérira pas sur l'offre à 51 euros par action Gemalto soumise par Thales, qui a reçu le soutien unanime des administrateurs du spécialiste des cartes à puces et de la sécurité numérique.

Le groupe dirigé par Thierry Breton avait dégainé une offre à 46 euros par action Gemalto la semaine dernière. Une proposition certes non-sollicitée mais qui se voulait amicale. Le conseil d'administration de Gemalto avait décliné. Trop chiche pour les actionnaires, trop risquée pour les dirigeants, trop incertaine pour les salariés. Il avait toutefois laissé la porte ouverte aux discussions. Le marché avait cru à un relèvement ou à l'arrivé d'une offre concurrente, mais avec une grande prudence : le titre évoluait légèrement au-delà de 46 euros, mais peinait à s'en éloigner. La rumeur d'un chevalier blanc a circulé rapidement. Le nom de Thales aussi. Pas bien difficile à déduire : Gemalto figure sur la liste des sociétés stratégiques qui confère un droit de veto à l'Etat sur toute opération, il faut donc que l'acquéreur soit français; il faut aussi qu'il dispose d'une force de frappe financière de plusieurs milliards d'euros en numéraire; il faut enfin qu'il ait des activités dans le domaine de la sécurité numérique. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures, seul Thales remplissait les trois critères.

Thales qui a donc proposé 51 euros par action, soit 4,8 milliards d'euros, une surenchère de 10,87% sur la proposition d'Atos. Mais contrairement à l'offre initiale, celle-ci est recommandée à l'unanimité par le conseil d'administration de Gemalto, dont le directeur général, Philippe Vallée, prendra les rênes de la nouvelle division créée au sein de Thales. Les planètes semblent totalement alignées entre les deux entreprises, ce qui a sans doute conduit au renoncement rapide d'Atos, qui se tient prête, mais seulement en cas d'échec du mariage. Belle joueuse, la SSII "souhaite à Thales, Gemalto et ses salariés plein succès dans leur projet". Il n'y aura donc pas de bataille boursière, ce qui vient renforcer la réputation d'Atos, qui examine souvent des opportunités de croissance externe mais qui refuse de surpayer ses acquisitions. Si Bull, Unify et Xerox ITO ont été rachetées ces dernières années, le groupe a préféré renoncer à Worldpay, Nets ou Steria.

Thales flambe en bourse

Désormais, on voit mal ce qui pourrait faire dérailler l'union Thales-Gemalto. D'autant que l'offre n'est pas miraculeusement sortie du chapeau en une semaine. Ces deux-là discutaient depuis plusieurs mois, c'est désormais avéré. L'offensive d'Atos n'a fait que précipiter les choses. L'Etat français ne posera pas de problème, il a donné sa bénédiction aux deux opérations. Une chose est sûre, l'initiative prise par Thales séduit le marché, puisque l'action bondit de 8% à 93,13 euros dans les premiers échanges boursiers de la semaine. Le renforcement du groupe dans la sécurité, un axe important de ses ambitions, plaît aux investisseurs. "En dehors de l'activité SIM, actuellement en difficultés, nous pensons que l'essentiel du portefeuille de Gemalto peut compléter l'offre de Thales", explique ce matin Yann Derocles, d'Oddo BHF, dans une étude consacrée à l'opération. La division SIM représente 21% des revenus totaux. La question de la complémentarité des cartes bancaires (27% du CA) pourrait aussi se poser puisque Thales avait vendu sa propre division en 2008. Mais la cybersécurité, les activités gouvernementales et le M2M n'auront aucun problème à trouver leur place. Quoi qu'il en soit, la structure de l'offre et le soutien de l'Etat rendent une probabilité de surenchère "relativement faible", estime l'analyste.

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