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Yémen : combats à Hodeida malgré l'entrée en vigueur d'une trêve

| AFP | 335 | Aucun vote sur cette news
Photo d'un combattant yéménite des forces progouvernementales sur une route de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, aux mains des rebelles Houthis, le 15 décembre 2018
Photo d'un combattant yéménite des forces progouvernementales sur une route de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, aux mains des rebelles Houthis, le 15 décembre 2018 ( - / AFP )

Des combats ont repris dans la nuit de lundi à mardi dans le port yéménite de Hodeida (ouest) malgré l'entrée en vigueur d'une trêve entre le gouvernement et les rebelles Houthis, selon une source progouvernementale.

Les affrontements ont éclaté dans l'est de cette ville portuaire quelques minutes après l'heure prévue (lundi à 21H00 GMT) pour un cessez-le-feu, a annoncé ce responsable à l'AFP.

Jeudi dernier, des délégations du gouvernement et des rebelles Houthis avaient conclu un accord en Suède, sous l'égide de l'ONU, prévoyant de cesser immédiatement les hostilités dans cette région, le principal front dans le conflit yéménite ces derniers mois.

D'intenses combats et des raids aériens s'étaient toutefois poursuivis ce week-end.

Selon des habitants de Hodeida joints au téléphone, des combats sporadiques avaient encore eu lieu dans la journée de lundi, à l'est et au sud de Hodeida par où transitent l'essentiel de l'aide et des importations alimentaires du Yémen.

"Raisons opérationnelles"

Carte montrant le contrôle des territoires au Yémen au 16 décembre 2018
Carte montrant le contrôle des territoires au Yémen au 16 décembre 2018 ( / AFP )

Cette trêve devait initialement entrer en vigueur la semaine passée mais a été retardée pour des "raisons opérationnelles", a expliqué sans autres précisions à l'AFP un responsable de l'ONU, parlant sous le couvert de l'anonymat.

Un responsable de la coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen en soutien au gouvernement avait confirmé que la trêve serait appliquée à partir de mardi, heure locale.

"Le mécanisme pour appliquer l'accord n'est pas encore clair et nous sommes dans l'attente d'une annonce de l'ONU à ce propos", avait-il toutefois déclaré à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Selon les termes de l'accord annoncé jeudi dernier par l'ONU, le cessez-le-feu devait initialement entrer "immédiatement" en vigueur à Hodeida.

Un retrait des rebelles des ports de Hodeida, Al-Salif et Ras Issa est aussi programmé pour le 31 décembre et celui des forces progouvernementales et des rebelles de la ville de Hodeida est prévu pour le 7 janvier, a dit le responsable de la coalition.

Il a assuré que la coalition ferait "tout son possible pour respecter la trêve à moins que les Houthis ne la violent" et s'est montré sceptique sur la capacité de ces derniers à l'observer, estimant qu'ils n'avaient "historiquement jamais respecté les règles de la guerre".

Face à la poursuite d'affrontements, dans lesquels au moins 29 combattants sont jusqu'à présent morts selon des sources progouvernementales, l'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, a exhorté les belligérants à respecter l'accord de trêve.

Dans un tweet, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) s'est inquiétée de "la poursuite des combats à Hodeida", ajoutant que ses équipes soignaient de nombreux civils blessés.

Résolutions hostiles

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled al-Yémani (g), et le négociateur en chef des Houthis, Mohammed Abdelsalam, échangent une poignée de mains à l'issue de consultations sur la paix au Yémen à Stockholm, le 13 décembre 2018
Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled al-Yémani (g), et le négociateur en chef des Houthis, Mohammed Abdelsalam, échangent une poignée de mains à l'issue de consultations sur la paix au Yémen à Stockholm, le 13 décembre 2018 ( Jonathan NACKSTRAND / AFP )

Une grande prudence reste de mise quant à la viabilité du cessez-le-feu : depuis le début du conflit en 2014 -date à laquelle les rebelles Houthis en provenance du nord ont notamment pris la capitale Sanaa-, sept trêves négociées par l'ONU n'ont pas tenu.

La dernière en date, quasi inespérée, a été obtenue au milieu de pressions internationales sur les parties pour qu'elles mettent fin à un conflit qui a provoqué, selon l'ONU, la pire crise humanitaire au monde.

La guerre au Yémen a fait au moins 10.000 morts et des millions de personnes sont menacées de famine.

L'Arabie saoudite conduit depuis 2015 une coalition armée qui intervient aux côtés des forces gouvernementales yéménites. Les rebelles sont eux soutenus par l'Iran, qui réfute toutefois toute implication militaire.

Ryad est particulièrement sous pression internationale depuis l'affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi -tué début octobre dans le consulat de son pays à Istanbul-, qui a considérablement terni son image.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'Arabie saoudite a réagi avec colère au vote de résolutions hostiles au Sénat américain, l'une sur le conflit au Yémen, l'autre sur l'assassinat de Khashoggi.

Ces positions se fondent "sur des affirmations et allégations sans preuves" et constituent "des ingérences flagrantes dans les affaires intérieures du royaume", a clamé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

La première résolution appelle le président Donald Trump, qui continue à soutenir son allié saoudien, à "retirer les forces armées américaines des hostilités au Yémen ou affectant le Yémen, sauf les forces américaines engagées dans des opérations visant Al-Qaïda ou des forces associées".

Dans la seconde, le Sénat "estime que le prince héritier Mohammed Ben Salmane est responsable du meurtre" du journaliste à Istanbul.

Les autorités saoudiennes affirment pour leur part que le meurtre a été commis sans l'accord de hauts responsables.

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