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Yémen: raids meurtriers contre des zones rebelles après un tir de missile sur Ryad

| AFP | 200 | Aucun vote sur cette news
Destructions à Saada, dans le nord du Yémen, causées par une frappe aérienne de la coalition menée par Ryad, le 20 décembre 2017
Destructions à Saada, dans le nord du Yémen, causées par une frappe aérienne de la coalition menée par Ryad, le 20 décembre 2017 ( STRINGER / AFP )

Des raids meurtriers de la coalition emmenée par l'Arabie saoudite ont visé mercredi plusieurs secteurs contrôlés par les rebelles au Yémen, qui avaient tiré la veille un nouveau missile sur Ryad.

Ryad dirige depuis 2015 une coalition militaire qui intervient, notamment par les airs, contre les rebelles Houthis au Yémen. Ceux-ci occupent de larges pans du pays --dont la capitale Sanaa-- depuis qu'ils en ont chassé les forces pro-gouvernementales.

L'Arabie saoudite accuse son grand rival régional, l'Iran chiite, de soutenir militairement les Houthis, ce que Téhéran a de nouveau "fermement" démenti.

Pour la seconde fois en moins de deux mois, les Saoudiens ont intercepté mardi un missile balistique tiré du Yémen en direction de leur capitale, accusant immédiatement les rebelles chiites et l'Iran, à l'instar de leur allié américain.

Lors d'une conversation téléphonique mercredi avec le roi Salmane, le président américain Donald Trump a exprimé sa "solidarité" avec l'Arabie saoudite après l'attaque "rendue possible par les Gardiens de la Révolution islamique iranienne", a rapporté la Maison Blanche.

Ils ont aussi discuté de la crise humanitaire au Yémen et souligné que les Nations unies "tiennent l'Iran responsable de ses infractions répétées au droit international".

Le roi et le prince héritier, son fils Mohammed ben Salmane, se sont par ailleurs entretenus avec la Première ministre britannique Theresa May qui a "fermement condamné" l'attaque de missile et salué la "retenue saoudienne face à cette inacceptable agression Houthie".

Mais dans le fief rebelle de Saada (nord), non loin de la frontière saoudienne, onze personnes ont été tuées mercredi dans une frappe aérienne de la coalition, selon un chef tribal local et la télévision Al-Massira, contrôlée par les Houthis.

- 'Aucune relation d'armement' -

La coalition a aussi mené des raids aériens près de Sanaa, d'après des témoins et une source de la Sécurité proche des rebelles. Des sources à Sanaa n'étaient pas en mesure de dire s'il y avait des victimes.

L'agence de presse Saba, proche de la rébellion, a affirmé que 38 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tuées ou blessées dans une série de frappes menées ces dernières heures dans plusieurs secteurs du pays.

Ce bilan, non confirmé de source indépendante, n'inclut pas les onze tués à Saada.

Outre la coalition, l'armée américaine mène également des frappes au Yémen contre des jihadistes: plus de 120 ont été réalisées depuis un an, a annoncé mercredi le Pentagone.

Destructions à Saada, dans le nord du Yémen, causées par une frappe aérienne de la coalition menée par Ryad, le 20 décembre 2017
Destructions à Saada, dans le nord du Yémen, causées par une frappe aérienne de la coalition menée par Ryad, le 20 décembre 2017 ( STRINGER / AFP )

L'implication de l'Arabie saoudite au Yémen a été décidée en 2015 par Mohammed ben Salmane, devenu depuis prince héritier et nouvel homme fort du royaume.

Signe de la sensibilité de la question yéménite en Arabie saoudite, un résident citoyen d'un pays arabe a été arrêté mercredi après avoir "félicité" sur Twitter les Houthis pour leur tir de missile, d'après l'agence officielle SPA citant le parquet.

Ce missile avait été qualifié "d'Irano-Houthi" par Ryad et l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley s'était empressée d'accuser Téhéran de violation de l'embargo sur la fourniture d'armes au Yémen.

"Nous n'avons aucune relation d'armement avec le Yémen", a rétorqué mercredi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, selon l'agence Isna.

- 'Grave escalade' -

Un enfant malnutri pris en charge dans un hôpital de la ville de Hodeïda, le 19 décembre 2017
Un enfant malnutri pris en charge dans un hôpital de la ville de Hodeïda, le 19 décembre 2017 ( ABDO HYDER / AFP )

Selon Téhéran, le blocus imposé par la coalition au Yémen, renforcé après le tir d'un missile balistique vers Ryad début novembre, rend impossible toute livraison d'armes.

Ce renforcement avait suscité l'inquiétude des organisations humanitaires concernant la situation déjà catastrophique au Yémen, où le conflit a fait plus de 8.750 morts, dont de nombreux civils, selon l'ONU.

En outre, plus de 2.000 personnes sont mortes du choléra dans ce pays qui traverse "la pire crise humanitaire de la planète", d'après les Nations unies.

Le blocus a depuis été allégé sous les fortes pressions internationales.

La coalition saoudienne a assuré mercredi que le port de Hodeida, sur la mer Rouge, resterait ouvert "pour une période de 30 jours" pour l'aide humanitaire et les bateaux commerciaux transportant notamment nourriture et carburant.

Le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, a qualifié de "grave escalade" la poursuite des tirs de missiles. Il a aussi affirmé que plus de 80 missiles balistiques avaient été tirés en direction de l'Arabie saoudite depuis le début de l'intervention au Yémen et que plus de 65.000 "projectiles de guerre" étaient tombés en territoire saoudien. Selon lui, la coalition a tué plus de 11.000 rebelles Houthis depuis mars 2015.

Alors que les appels à un cessez-le-feu se multiplient, l'actuel président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a affirmé qu'il n'y aurait pas de dialogue tant que les insurgés ne déposeraient pas les armes.

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