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Washington et Séoul donnent le coup d'envoi d'un méga exercice aérien

| AFP | 159 | Aucun vote sur cette news
Photo fournie le 4 décembre 2017 par l'US Air Force d'un chasseur furtif F-22 Raptor atterrissant à la base aérienne de Gwangju, en Corée du Sud
Photo fournie le 4 décembre 2017 par l'US Air Force d'un chasseur furtif F-22 Raptor atterrissant à la base aérienne de Gwangju, en Corée du Sud ( - / US Air Force/AFP )

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont donné le coup d'envoi lundi à leur plus important exercice aérien conjoint à ce jour, manoeuvre qualifiée par le Nord de "provocation totale" quelques jours après le tir par Pyongyang d'un puissant missile.

L'exercice Vigilant Ace, qui concerne environ 230 avions, dont des chasseurs furtifs F-22 Raptor, et des dizaines de milliers de soldats, a commencé dans la matinée et doit durer cinq jours, selon l'armée de l'air sud-coréenne.

La Corée du Nord a dénoncé par avance cette opération, accusant l'administration du président américain Donald Trump de "vouloir la guerre nucléaire à tout prix".

Ce type de manoeuvres ne manque jamais de susciter la colère de Pyongyang qui les considère comme la répétition de l'invasion de son territoire. Les tensions montent d'un cran et le Nord se livre à ses propres exercices, y compris des tirs de missiles.

Les manoeuvres conjointes sont organisées cinq jour après le tir par le Nord d'un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper selon lui n'importe quel site du territoire continental des Etats-Unis.

Les présidents américain Donald Trump et sud-coréen Moon Jae-in lors de la visite du président Trump en Corée du Sud, le 7 novembre 2017 à Séoul
Les présidents américain Donald Trump et sud-coréen Moon Jae-in lors de la visite du président Trump en Corée du Sud, le 7 novembre 2017 à Séoul ( KIM HONG-JI / POOL/AFP )

Dans ce contexte de tensions, un influent sénateur américain, Lindsey Graham, a estimé que le spectre d'une "guerre préventive" se rapprochait.

"S'il y a un test nucléaire souterrain, il faudra se préparer à une réponse très sérieuse de la part des Etats-Unis", a mis en garde M. Graham sur la chaîne américaine CBS.

Depuis 2006, le pays reclus a mené six essais nucléaires, dont le plus puissant en septembre.

Lindsey Graham, un faucon en matière de politique étrangère, a déclaré que l'administration Trump avait pour stratégie "d'empêcher la Corée du Nord d'acquérir la capacité de frapper les Etats-Unis avec un missile à tête nucléaire".

"Empêcher, cela veut dire une guerre préventive en dernier ressort. Cette prévention devient plus probable au fur et à mesure que leur technologie s'améliore. Chaque test de missile, chaque test souterrain d'une arme nucléaire veut dire que la mariage (d'un missile et d'une tête nucléaire, ndlr) est plus probable", a ajouté le sénateur.

- Guerre rhétorique -

Le sénateur américain Lindsey Graham, le 20 mars 2017 à Washington
Le sénateur américain Lindsey Graham, le 20 mars 2017 à Washington ( Brendan SMIALOWSKI / AFP/Archives )

Ces propos font écho à ceux du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le général HR McMaster, qui a estimé que la probabilité d'une guerre avec la Corée du Nord "augmentait chaque jour".

"Nous sommes dans une course pour trouver une solution à ce problème", a dit le général McMaster.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a assuré que son pays était devenu un Etat nucléaire à part entière avec l'essai de l'ICBM Hwasong-15.

Le Nord affirme que l'ICBM peut transporter une "ogive lourde extra-large" n'importe où sur le territoire continental des Etats-Unis.

Les analystes estiment cependant vraisemblable que le Hwasong-15 transportait une tête factice très légère et que l'engin aurait eu du mal à parcourir une distance aussi grande avec une ogive nucléaire, beaucoup plus lourde.

Les analystes ne sont pas convaincus non plus que le Nord maîtrise la technologie nécessaire pour assurer la survie des ogives à l'échauffement qui se produit au moment de la rentrée dans l'atmosphère depuis l'espace.

Le programme de missiles de la Corée du Nord
Le programme de missiles de la Corée du Nord ( Simon MALFATTO / AFP )

Les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord avancent à grand pas depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011, malgré les multiples sanctions de l'ONU.

La crise entre le dirigeant nord-coréen et Donald Trump, qui en sont aussi à se lancer des insultes personnelles, alimente les craintes de nouveau conflit plus de 60 ans après la guerre de Corée (1950-53).

Cependant, certains jusque dans l'entourage de M. Trump soulignent que ses options militaires sont limitées, sachant que Pyongyang pourrait lancer un barrage d'artillerie contre Séoul, où vivent 10 millions de personnes à une cinquantaine kilomètres seulement de la frontière.

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