En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 168.43 PTS
+0.30 %
5 158.50
+0.15 %
SBF 120 PTS
4 093.93
+0.23 %
DAX PTS
11 284.83
-0.13 %
Dowjones PTS
25 883.25
+1.74 %
7 055.18
+0.00 %
1.132
+0.26 %

Vue sur ordures: une usine de traitement tient un bar éphémère au Japon

| AFP | 403 | Aucun vote sur cette news
Des clients d'un bar éphémère installé dans une usine de traitement des déchets à Tokyo, le 18 janvier 2019
Des clients d'un bar éphémère installé dans une usine de traitement des déchets à Tokyo, le 18 janvier 2019 ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

De jeunes Japonais attablés dans un café s'amusent à se prendre en selfie. Derrière eux, de l'autre côté d'une large baie vitrée, une vue plongeante sur un monceau d'ordures dans lequel s'enfonce une griffe mécanique.

Ils ont choisi pour décompresser autour d'un verre le vendredi soir un lieu bien inhabituel: une usine de traitement des déchets équipée d'un incinérateur.

Ce bar éphémère baptisé Gomi Pit, du japonais "gomi" (ordures) et de l'anglais "pit" (fosse), est une idée des autorités locales pour faire connaître leur équipement dernier cri et faire prendre conscience aux Tokyoïtes de la quantité de détritus qu'ils produisent.

Le contraste est saisissant: une impeccable salle à l'étage de ce site de Musashino, dans l'ouest de la capitale, où des dizaines de personnes grignotent des amuse-gueules et boivent des cocktails, séparés par une simple vitre d'un puits au fond duquel des tonnes d'immondices attendent d'être brûlées.

Un barman prépare un cocktail au bar éphémère Gomi Pit, le 18 janvier 2019 à Tokyo
Un barman prépare un cocktail au bar éphémère Gomi Pit, le 18 janvier 2019 à Tokyo ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

A intervalles réguliers, un énorme bras articulé descend et se saisit des déchets de la vie quotidienne: la moitié d'un sac Ikea, une cravate, des morceaux de mousse d'oreiller, du papier déchiré et des sacs en plastique en tout genre.

Les pinces s'ouvrent et lâchent leurs proies pour les mélanger afin que les différents éléments se consument de la manière la plus homogène possible dans l'incinérateur. Les morceaux tourbillonnent alors dans l'air en une neige sinistre. Quelque 27.000 tonnes de déchets ont été traitées ici l'an dernier, avec une capacité maximale de 120 tonnes par jour.

- Trier, trier mieux -

"C'est assez surprenant", commente Isao Tomioka, 49 ans, en regardant ce spectacle aux côtés de ses deux filles âgées de six et quatre ans collées contre la vitre. M. Tomioka, qui habite le quartier, dit être venu avec ses enfants car il s'inquiète de l'impact des déchets sur leur génération.

"Il y a des déchets qui ne peuvent être brûlés et doivent donc être entassés quelque part et ça c'est un héritage négatif de notre génération", dit-il.

Des employés du centre de traitement des déchets Musashino Clean Center, le 18 janvier 2019 à Tokyo
Des employés du centre de traitement des déchets Musashino Clean Center, le 18 janvier 2019 à Tokyo ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

Le quartier Musashino exige déjà de ses habitants de trier soigneusement en plusieurs catégories ce dont ils se débarrassent, une pratique courante au Japon. Il fait aussi payer pour les sacs d'ordures collectés, une manière d'encourager à en réduire le nombre. Mais les autorités locales espèrent que montrer l'accumulation de déchets aura un effet encore plus efficace sur les mentalités.

"De nombreux visiteurs ont exprimé leur étonnement, disant n'avoir eu auparavant aucune idée de la façon dont les ordures qu'ils produisent sont traitées", dit Ayana Seki, une responsable du département local de l'Environnement. "De nombreuses personnes nous ont aussi dit être choquées de constater de telles quantités alors que chaque foyer ne jette qu'un sac ou deux".

Des clients du bar Gomi Pit à Tokyo se restaurent en contemplant l'action de la grosse pince en train de secouer des déchets, le 18 janvier 2019
Des clients du bar Gomi Pit à Tokyo se restaurent en contemplant l'action de la grosse pince en train de secouer des déchets, le 18 janvier 2019 ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

M. Tomioka affirme à présent suivre scrupuleusement les règles de séparation des différentes matières - indiquées avec une grande précision sur emballages, briquettes et bouteilles au Japon. Avoir vu le fonctionnement du centre d'incinération le pousse à faire plus: "Je voudrais réduire ma consommation", dit-il, en portant sa fille cadette sur la hanche.

"J'adore cuisiner, c'est un de mes passe-temps favoris (...). A compter d'aujourd'hui, je vais essayer de diminuer le gaspillage alimentaire, c'est ma décision après avoir vu cela".

Réduire, réduire encore

Gomi Pit est temporaire, mais le site Musashino Clean Centre est ouvert aux visiteurs toute l'année et a été conçu pour encourager les gens à le visiter, explique Mme Seki. Au moment de la conception de ce centre, inauguré en 2017, l'idée était d'en faire un lieu positif pour éviter les réactions hostiles. Des lattes de bois cachent le béton des façades percées de fenêtres à hauteur de visage pour susciter la curiosité.

Deux fillettes japonaises regardent la grosse pince saisir des déchets voués à l'incinération, depuis le bar Gomi Pit à Tokyo, le 18 janvier 2019
Deux fillettes japonaises regardent la grosse pince saisir des déchets voués à l'incinération, depuis le bar Gomi Pit à Tokyo, le 18 janvier 2019 ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

Chaque secteur porte des écriteaux en japonais et en anglais et la salle de contrôle est vitrée du sol au plafond sur un côté afin de permettre aux visiteurs de regarder les techniciens activer à distance le bras mécanique et surveiller toutes les opérations.

Une des fenêtres comporte un écran tactile donnant des informations sur la température de l'incinérateur et la quantité de déchets consumés dans la journée.

La construction du site a coûté 10 milliards de yens (80 millions d'euros au cours actuel) et son fonctionnement coûtera la même somme sur 20 ans.

"C'est super propre ici et on ne sent rien", s'exclame Yukiko Ota, femme au foyer de 49 ans, en buvant une préparation bleue. Elle est surprise d'apprendre que ce qui ne peut être brûlé est enfoui ailleurs dans le pays.

"Nous imposons ce fardeau à une autre commune. Nous devrions essayer de réduire la candité de détritus que nous produisons", dit-elle.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE DE BOURSE

1000 € OFFERTS*
SUR VOS FRAIS DE COURTAGE

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 18 février 2019

CODE OFFRE : SNOW19

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : SNOW19 lors de votre ouverture de compte.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/02/2019

Danone, qui affiche un gain de près de 7% depuis le premier janvier, dévoilera ses résultats 2018 demain matin...

Publié le 18/02/2019

Les analystes de TradingSat.com ont sélectionné pour les investisseurs actifs demandeurs de stratégie de diversification, un certificat qui calque l'évolution des prix du palladium. Hautement…

Publié le 18/02/2019

Résultats trimestriels...

Publié le 18/02/2019

En Italie et au Luxembourg...

Publié le 18/02/2019

L'hôtel est loué à Accor Hospitality Nederland B.V...