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Voiture de police incendiée en France: ouverture du procès sous haute tension

| AFP | 307 | Aucun vote sur cette news
Une voiture de police incendiée lors d'une contre-manifestation non autorisée le 18 mai 2016 à Paris
Une voiture de police incendiée lors d'une contre-manifestation non autorisée le 18 mai 2016 à Paris ( CYRIELLE SICARD / AFP/Archives )

Les images du véhicule en flammes avaient fait le tour d'internet: le procès de l'attaque d'une voiture de police en plein Paris en mai 2016, en marge d'une manifestation, s'ouvre mardi, sous haute tension.

Ce 18 mai 2016, le syndicat de policiers Alliance avait appelé à manifester contre la "haine anti-flics". Un collectif dénonçant les violences policières avait alors organisé un contre-rassemblement. Ce sont certains de ces contre-manifestants qui sont impliqués dans l'attaque de la voiture.

Sur un petit film visionné à des centaines de milliers de reprises sur Youtube, on voit un groupe de personnes vêtues de noir, visage le plus souvent dissimulé, entourer un véhicule de police coincé dans la circulation, au coeur de la capitale française.

Des projectiles volent, des vitres du véhicule sont brisées à coups de pied ou de plot métallique, une fusée de détresse est lancée dans l'habitacle et la voiture s'embrase.

Un colosse en uniforme sort et pare à mains nues des coups de barre de fer, avec un aplomb qui lui vaudra le surnom de "policier kung fu".

Des personnes se rassemblent devant la salle d'audience du tribunal de Paris le 19 septembre 2017
Des personnes se rassemblent devant la salle d'audience du tribunal de Paris le 19 septembre 2017 ( JACQUES DEMARTHON / AFP )

Ce fonctionnaire, Kevin Philippy, et sa collègue Allison Barthélémy sont parties civiles au procès, tout comme le syndicat Alliance.

Neuf personnes au total ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris. Trois sont détenues et cinq sont sous contrôle judiciaire, tandis qu'un neuvième homme, résidant en Suisse et auquel est attribué le jet de la fusée de détresse, est sous le coup d'un mandat d'arrêt.

Si certains prévenus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, d'autres nient toute violence, et l'un est resté muet face aux enquêteurs.

L'enquête a suscité son lot de critiques, de part et d'autre. Les trois premiers suspects, arrêtés au bout de quelques heures, l'ont été sur la base d'un témoignage anonyme dont il est apparu qu'il émanait d'un policier. Un protagoniste a été pendant un certain temps accusé à tort d'avoir frappé un policier.

La détention provisoire pendant dix mois de celui qui sera le prévenu le plus en vue, Antonin Bernanos (29 ans), étudiant en sociologie, a par ailleurs indigné ses professeurs et suscité une mobilisation qui durera aussi le temps du procès.

Des groupes de gauche radicale ont notamment appelé à un rassemblement mardi, à 17H00 GMT, devant les grilles du Palais de justice.

Jean-Claude Delage, patron du syndicat Alliance, a lui réclamé "un signal fort" de la part de la justice alors que certains policiers n'ont pas digéré que les suspects ne soient finalement pas jugés pour tentative de meurtres.

Six prévenus sont poursuivis pour "violences aggravées sur policiers en réunion", et risquent à ce titre jusqu'à dix ans de prison.

Le procès se tient jusqu'à vendredi.

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