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Une championne philippine de jiu-jitsu monte au combat contre la pédophilie

| AFP | 160 | 5 par 1 internautes
La championne de jiu-jitsu Meggie Ochoa (g) entraîne ses élèves, le 5 février 2019 à Manille, aux Philippines
La championne de jiu-jitsu Meggie Ochoa (g) entraîne ses élèves, le 5 février 2019 à Manille, aux Philippines ( TED ALJIBE / AFP )

Abandonnée et victime de violences sexuelles pendant l'enfance, Angelica peine à surmonter les horreurs de son passé, comme de très nombreux mineurs aux Philippines, l'un des centres mondiaux des violences pédophiles. Mais une championne de jiu-jitsu lui redonne espoir.

Star philippine des arts martiaux, Meggie Ochoa apprend l'autodéfense aux victimes afin de leur donner les outils pour remonter la pente et leur permettre de mieux se protéger à l'avenir.

D'après les associations de protection de l'enfance, les Philippines sont une plaque tournante de l'exploitation sexuelle en ligne des mineurs et du tourisme sexuel. Entre 60.000 et 100.000 enfants sont impliqués dans des réseaux de prostitution, selon les estimations.

"Certains des enfants que j'ai rencontrés pensaient qu'ils ne valaient rien à cause de leur vécu", dit à l'AFP Ochoa, 28 ans. "Cela me brise le coeur."

En deux ans, avec la campagne "Combattre pour protéger", elle a enseigné son art à des centaines d'élèves. Il s'agit pour la plupart de filles de 12 à 16 ans, issues de familles pauvres et ayant subi des abus sexuels, des maltraitances et l'abandon.

Ochoa dispense deux types de formation, l'une pour apprendre le sport, l'autre focalisée sur l'autodéfense.

La championne de jiu-jitsu Meggie Ochoa (d) lors d'un entraînement avec ses élèves, le 5 février 2019 à Manille, aux Philippines
La championne de jiu-jitsu Meggie Ochoa (d) lors d'un entraînement avec ses élèves, le 5 février 2019 à Manille, aux Philippines ( TED ALJIBE / AFP )

Angelica, 15 ans aujourd'hui, s'efforce de se reconstruire: "Le jiu-jitsu m'a appris à être disciplinée, à affronter mes peurs et m'a donné confiance", explique-t-elle à l'AFP. "Je peux faire face aux problèmes que j'ai connus auparavant et maintenant, je sais interagir avec les gens."

La pauvreté extrême - un Philippin sur cinq vit avec moins de deux dollars par jour -, l'accès croissant à internet et l'anglais courant expliquent que les enfants de cet archipel d'Asie du Sud-Est soient une cible de choix pour les prédateurs sexuels.

"Centre névralgique"

D'après l'organisation d'aide juridique International Justice Mission (IJM), les petits Philippins sont notamment ciblés par des pédophiles étrangers qui payent pour être spectateurs en direct d'abus sexuels via internet.

Meggie Ochoa (d) pendant une séance d'entraînement, le 2 avril 2019 à Manille, aux Philippines
Meggie Ochoa (d) pendant une séance d'entraînement, le 2 avril 2019 à Manille, aux Philippines ( TED ALJIBE / AFP )

"L'accès facile au web et aux services de transfert d'argent font que le pays est un des centres névralgiques du problème", souligne IJM, selon qui bien souvent ce sont les parents ou d'autres membres de la famille qui organisent l'exploitation sexuelle des enfants.

L'ONG Terre des Hommes avait mis en lumière ce fléau en créant il y a quelques années une fillette philippine virtuelle. En quelques semaines, "Sweetie" avait été contactée par plus de 20.000 prédateurs dans plus de 71 pays.

"C'est tout simplement horrible, pas seulement l'exploitation sexuelle mais aussi les abus sexuels commis au domicile de nombreux enfants philippins", poursuit Ochoa, qui se félicite de pouvoir aider des victimes grâce à son sport. "Il y a tant de choses à faire."

Dans un pays dingue de basketball, le jiu-jitsu est relativement récent. Mais Margarita Ochoa, surnommée "Meggie" Ochoa, a marqué l'histoire en devenant la première Philippine à remporter l'or aux championnats du monde de la Fédération internationale du jiu-jitsu en 2018 en Suède (-49 kg).

Elle est également montée trois fois sur la première marche lors de compétitions de la Fédération internationale de jiu-jitsu brésilien (IBJJF), en 2014, 2015 et 2016 dans la catégorie "Rooster" (-57 kg), et a décroché le bronze aux jeux Asiatiques de 2018 (-49 kg).

Ochoa a réalisé qu'elle pouvait se servir de sa réussite à bon escient après avoir lu un article sur Karla Jacinto, une jeune Mexicaine qui estimait avoir été violée 43.200 fois.

La sportive a pris conscience de l'ampleur du problème dans son propre pays. "Je me sentais quelque part coupable", explique-t-elle. "Je fais du jiu-jitsu, je dépense l'argent des autres pour réaliser mon rêve et il y a tout ça qui se passe".

Thérapie

De longue date, les sceptiques dénoncent d'éventuels effets indésirables des arts martiaux, y compris le risque de traumatiser à nouveau les victimes en leur imposant un contact rapproché avec quelqu'un d'autre.

Mais des initiatives similaires ailleurs dans le monde ont été couronnées de louanges, comme la fondation de la championne olympique américaine de judo Kayla Harrison, elle-même victime d'abus sexuels de la part de son entraîneur.

La Jordanienne Lina Khalifeh, ceinture noire de taekwondo, a appris l'autodéfense à des milliers de femmes, ce qui lui avait valu en 2015 une invitation à la Maison Blanche de l'ex-président Barack Obama.

Pour les victimes, le jiu-jitsu a l'avantage d'être une discipline où la technique l'emporte sur le physique. Pas besoin d'être un colosse: Ochoa, qui mesure 1,52 mètre, a vaincu nombre d'adversaires plus grandes qu'elle.

Et l'aspect corps à corps du jiu-jitsu permet aux adeptes de réapprendre le contact physique avec quelqu'un d'autre, souligne Ochoa. "Pour ceux qui ont subi un traumatisme spécifique, ce sport les met à l'aise avec les contacts appropriés, ceux qui ne sont pas des abus."

L'un des effets les plus dévastateurs des abus sexuels est la perte de confiance en soi: les victimes ont l'impression de ne plus rien valoir et hésitent parfois à prendre des risques ou relever des défis. Ochoa l'a constaté en direct avec ses élèves, notamment une jeune fille qui a réussi à relever la tête.

"En compétition, elle y mettait tout son coeur et n'abandonnait jamais", se souvient-elle. "Et ce qui m'a frappé, c'est que même après une défaite, elle disait: +ça fait tellement du bien de se battre+".

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