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Tuncay et Tugay, jumeaux "inséparables", du jihad en Syrie au tribunal

| AFP | 323 | Aucun vote sur cette news
Le Palais de justice de Paris
Le Palais de justice de Paris ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

Ils ont tout vécu à deux: mêmes études dans le Loiret, même appartement, même emploi... Puis la "colère", la radicalisation, le départ pour la Syrie. Lundi, Tuncay et Tugay Durmaz, jumeaux fusionnels, se sont retrouvés à Paris. Jugés et condamnés à six ans de prison pour terrorisme, toujours ensemble.

"On est inséparables", glisse l'un. Cheveux ras et chemises grises, visage rond et nuque épaisse, ces deux hommes de 24 ans manient devant le tribunal correctionnel le "on" comme une évidence.

Issus d'une famille turque musulmane non pratiquante, ces deux anciens agents de sécurité, passés brièvement par l'armée de terre, étaient accusés d'avoir rejoint en 2014 l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie.

Tous deux ont expliqué s'être "radicalisés progressivement sur internet" début 2014, après avoir été licenciés de la même société: un nouveau chef n'aurait pas apprécié leurs origines turques. "On était en colère", résume Tugay Durmaz, "on ne voulait plus vraiment rester en France".

Les deux hommes ont quitté l'appartement qu'ils occupaient ensemble et sont retournés chez leurs parents: "On est sans projets. On s'est cherché une aventure", a raconté Tuncay.

Les voilà dans le salon familial, à regarder pendant des heures des vidéos anti-Bachar al-Assad diffusées par l'Armée syrienne libre (ASL) et le groupe jihadiste Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda. Ils deviennent assidus à la mosquée.

"On a pensé qu'on pourrait aller là-bas aider les gens" et "participer à la révolution syrienne", assure Tugay, quitte à combattre.

Gilet tactique, porte-chargeur... Ils commandent du matériel militaire sur internet puis, en avril 2014, passent en Syrie via la Turquie. Finalement sans ces achats.

Tous deux ont affirmé qu'ils s'attendaient à rejoindre le front al-Nosra mais que les Tchétchènes qui les avaient pris en charge les avaient remis à l'organisation Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, ancêtre de l'EI). "On s'est sentis piégés", a affirmé Tugay Durmaz.

Ils ont raconté avoir refusé de s'entraîner et avoir seulement monté des gardes armées. "Un Belge nous a raconté l'idéologie extrême de Daech, ça nous a pas plu", a affirmé Tugay devant un tribunal sceptique.

Ils étaient rentrés en France via la Turquie à l'automne 2014, d'abord Tuncay Durmaz, puis Tugay - blessé selon lui lors d'un tour de garde.

Les blessures de Tugay à son retour en France avaient alerté ses médecins, qui avaient contacté les enquêteurs. Les frères avaient été interpellés en mai 2016.

- "Chamallows" -

Tous deux affichent aujourd'hui un discours très distancié. "On sait qu'on a été pris pour des cons", affirme Tuncay à ses juges. "Y'a un côté sectaire avec le terrorisme, ils vont manipuler des gens un peu paumés", renchérit Tugay.

"Tout ça, c'est fini", reprend Tuncay. Ils ont eu le temps de se réinsérer avant leur interpellation: lui s'est marié et est devenu maître-chien.

A la barre, leurs deux grands frères ne disent pas autre chose. "C'est des chamallows", résume l'un. "Ils sont bêtes", avance l'autre, mais "je ne pense pas" qu'ils soient encore radicalisés, "ça se voit".

Pour le procureur, des "incohérences" subsistent dans le récit des jumeaux, qui n'ont pas hésité au cours de l'enquête à "mentir à la justice et à nier l'évidence". La représentante de l'accusation, qui se base sur le travail d'un expert contesté par la défense, Stéphane Mantoux, a estimé qu'il était "certain" qu'ils ont combattu dans les rangs de l'EI en Syrie.

Soulignant que l'un parle de "lien très puissant" avec son frère, que l'autre évoque une "fusion" gémellaire, elle a requis la "même peine" contre les jumeaux : huit ans d'emprisonnement, assortis d'une période de sûreté des deux tiers.

Le tribunal, après un délibéré très bref, les a condamnés en tenant compte des faits mais aussi de leur "évolution": six ans d'emprisonnement chacun, sans période de sûreté, deux peines identiques.

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