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Pyongyang menace de tirer quatre missiles vers Guam, Washington met en garde Kim Jong-Un

| AFP | 1765 | 4.50 par 2 internautes
Le président américain Donald Trump fait une déclaration sur la Corée du Nord depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, le 8 août 2017
Le président américain Donald Trump fait une déclaration sur la Corée du Nord depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, le 8 août 2017 ( NICHOLAS KAMM / AFP/Archives )

Le régime nord-coréen a confirmé jeudi vouloir tirer quatre missiles vers l'île américaine de Guam, dans le Pacifique, affirmant que seule la force fonctionne avec le président américain Donald Trump, "un gars qui a perdu la raison".

Après avoir promis mardi le "feu et la colère" au régime de Kim Jong-Un, Donald Trump s'est montré mercredi, d'un simple tweet, plus menaçant encore, affirmant que l'arsenal nucléaire américain était "plus fort et plus puissant" que jamais.

S'il a dit espérer ne pas avoir à utiliser l'arme dévastatrice, ses propos marquent un nouveau palier, au moment où la communauté internationale cherche les moyens de freiner le développement des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.

Un homme regarde un programme télévisé montrant Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un dans une station de métro de Séoul, le 9 août 2017
Un homme regarde un programme télévisé montrant Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un dans une station de métro de Séoul, le 9 août 2017 ( JUNG Yeon-Je / AFP )

Le ton contrastait singulièrement avec celui de son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson. Depuis le territoire américain de Guam, au cours d'une escale prévue de longue date, il a insisté mercredi sur le fait qu'il n'existait à ses yeux "aucune menace imminente".

Quelques heures auparavant Pyongyang avait menacé de tirer des missiles sur cette petite île du pacifique, d'une importance stratégique pour les Etats-Unis.

"Je pense que les Américains peuvent dormir tranquillement et ne pas s'inquiéter de la rhétorique de ces derniers jours", a ajouté M. Tillerson, insistant sur les intenses tractations diplomatiques en cours.

De son côté, le chef du Pentagone Jim Mattis a appelé Pyongyang à arrêter sa course aux armes nucléaires, mettant en garde contre des décisions qui mèneraient "à la fin de son régime et à la destruction de son peuple".

"Les actions du régime de la RPDC (la Corée du Nord, ndlr) seront à chaque fois largement surpassées par les nôtres et il perdrait toute course aux armements ou conflit qu'il déclencherait", a insisté l'ancien général des Marines, soulignant l'isolement grandissant de Pyongyang.

- 'Profiter du paradis' -

Réagissant à l'escalade verbale du président Trump, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a affirmé jeudi matin qu'"un dialogue sensé n'est pas possible avec un tel gars qui a perdu la raison et seule la force absolue fonctionne avec lui".

Un soldat sud coréen passe devant un écran montrant la distance entre la Corée du Nord et les installations militaires américaines sur l'île de Guam, le 9 août 2017 à Séoul
Un soldat sud coréen passe devant un écran montrant la distance entre la Corée du Nord et les installations militaires américaines sur l'île de Guam, le 9 août 2017 à Séoul ( JUNG Yeon-Je / AFP )

Selon KCNA, l'armée nord-coréenne aura achevé à la mi-août ses plans pour une attaque contre Guam. Ces plans, prévoyant le tir de quatre missiles qui survoleront le Japon, sera présenté pour approbation à Kim Jong-Un et constituera un "avertissement crucial aux Etats-Unis", a précisé l'agence.

Et l'agence d'indiquer que ces quatre missiles "voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3.356,7 km, et s'écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam".

Cette île reculée de quelque 550 km2 est un avant-poste clé pour les forces américaines sur la route de l'Asie, où vivent 162.000 personnes. Environ 6.000 soldats y sont déployés et elle dispose surtout d'une base aérienne capable d'accueillir les bombardiers lourds américains du B-52 au B-2 en passant par le B-1.

Le calme régnait à Guam où les autorités, rassurantes, invitaient habitants et touristes à "se relaxer et à profiter du paradis".

Sur la scène internationale, plusieurs pays ont exprimé leurs inquiétudes face au ton belliqueux adopté par le locataire de la Maison Blanche. L'Allemagne a appelé toutes les parties "à la retenue". La Chine, le seul véritable allié du régime nord-coréen, a exhorté à éviter "les paroles et actions" susceptibles d'accroître la tension dans la péninsule.

- 'Comparable à la crise de Cuba' -

Estimation de la portée des missiles nord-coréens
Estimation de la portée des missiles nord-coréens ( John SAEKI / AFP )

Interrogée sur la succession de notes discordantes depuis 24 heures, Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat, a assuré que les Etats-Unis parlaient "d'une seule voix". "Et d'ailleurs, le monde parle d'une seule voix", a-t-elle ajouté, évoquant le vote par le Conseil de sécurité de l'ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Le pays reclus est désormais doté d'armes nucléaires susceptibles d'être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), selon les conclusions d'un rapport confidentiel achevé en juillet par l'agence américaine de renseignement militaire, la DIA.

Mais les spécialistes divergent de longue date sur les véritables capacités du Nord, en particulier à miniaturiser une tête nucléaire de façon à pouvoir la monter sur un missile.

Seul point de consensus: Pyongyang avance à grand pas depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011.

Dans ce climat tendu, l'un des conseillers de Donald Trump, Sebastian Gorka, a appelé à l'unité derrière le président, dressant un parallèle avec la crise des missiles soviétiques à Cuba, qui, au début des années 60, mena le monde au bord du conflit nucléaire. "Durant la crise des missiles de Cuba, nous nous sommes rassemblés derrière JFK. C'est comparable à la crise des missiles", a-t-il déclaré sur Fox News.

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