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Trump entrevoit la reprise imminente de "100%" des territoires de l'EI

| AFP | 468 | Aucun vote sur cette news
Le président des Etats-Unis Donald Trump fait un discours en clôture d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, le 6 février 2019 à Washington
Le président des Etats-Unis Donald Trump fait un discours en clôture d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, le 6 février 2019 à Washington ( Brendan Smialowski / AFP )

Soucieux de minimiser les conséquences de son retrait de Syrie, Donald Trump a prédit mercredi la "libération" imminente de "100%" des territoires jadis contrôlés par le groupe Etat islamique (EI), tout en promettant à ses alliés réunis à Washington de poursuivre le combat.

Eviter la résurgence de l'EI, trancher le sort de ses combattants étrangers détenus en Syrie, dissiper les tensions entre Kurdes et Turcs: les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, réunis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, devaient faire face aux multiples casse-tête créés par le départ américain.

En sonnant le retrait en décembre, à la surprise générale, le président des Etats-Unis avait invoqué une défaite totale de l'EI. Mais cette proclamation hâtive a depuis été mise en doute de toutes parts.

"L'armée des Etats-Unis, nos partenaires de la coalition et les Forces démocratiques syriennes", une alliance arabo-kurde, "ont libéré la quasi-totalité des territoires auparavant contrôlés par l'EI en Syrie et en Irak", a déclaré Donald Trump, venu clôturer la réunion au département d'Etat.

"L'annonce formelle que nous avons repris 100% du califat devrait intervenir la semaine prochaine", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas l'annoncer trop tôt", a-t-il précisé, alors qu'il espérait initialement faire coïncider ce succès avec la réunion de la coalition et prouver ainsi que la mission première des 2.000 soldats américains déployés dans le nord syrien était accomplie.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le 6 février 2019 à Washington
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le 6 février 2019 à Washington ( Jim WATSON / AFP )

Pour autant, les jihadistes qui restent "ont encore de petites poches", "qui seront de plus en plus petites" mais "peuvent être si dangereuses", a reconnu le locataire de la Maison Blanche, promettant de "tout faire pour vaincre jusqu'au dernier membre de la folie de l'EI".

Face à cette "menace" persistante, son secrétaire d'Etat a appelé les 74 pays et cinq organisations multilatérales membres de la coalition à "réaffirmer l'objectif de la défaite définitive" du groupe jihadiste, qui a lancé ces dernières années des attentats meurtriers en Europe depuis ses anciens bastions, notamment en Syrie.

Il a toutefois estimé que "la nature du combat" était "en train de changer" et ne serait plus "forcément en premier lieu militaire".

"Reprendre" les jihadistes étrangers

C'est pourquoi, a assuré Mike Pompeo, le retrait de Syrie "ne signifie pas la fin du combat américain". "L'Amérique va continuer à diriger" la lutte antijihadistes "en ne laissant aucun répit à ceux qui voudraient nous détruire", a-t-il martelé.

Les deux hommes ont une nouvelle fois appelé les autres pays à participer davantage à l'effort financier de ce combat.

"Maintenant il est important que dans les prochaines semaines nous évoquions l'organisation" du retrait américain "pour savoir qui va s’occuper de quoi” après leur départ, a commenté le ministre allemand des a commenté le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

Ce dernier s'est aussi entretenu avec son homologue français Jean-Yves Le Drian du sort des jihadistes étrangers qui, après avoir combattu sous la bannière de l'EI, ont été arrêtés par les forces kurdes alliées des Occidentaux sur le terrain. Avec le départ des GI's, leur avenir représente un problème pour plusieurs pays, France en tête.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 6 février 2019 à Washington
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 6 février 2019 à Washington ( Jim WATSON / AFP )

Paris comptait initialement sur les Kurdes pour juger ses jihadistes et les incarcérer sur place, afin de s'épargner d'avoir à gérer leur retour dans un pays encore marqué par les attaques de 2015.

Mais le risque est désormais trop grand de voir ces jihadistes se disperser dans la nature et reprendre le combat. Le gouvernement français semble donc se résoudre progressivement à les voir rentrer.

Surtout que Washington s'est invité dans cette équation épineuse: "Les membres de la coalition doivent accepter de reprendre leurs combattants", "les poursuivre en justice et les punir" dans leurs pays respectifs, a lancé Mike Pompeo.

"Nous devons chercher une solution commune en Europe", a temporisé Heiko Maas.

Enfin, la réunion de mercredi a probablement été l'occasion d'aborder, en coulisses, la situation des combattants kurdes qui risquent de se retrouver seuls face à la Turquie, autre membre de la coalition mais qui les considère comme des "terroristes" et menace d'une offensive contre eux.

Un projet de "zone de sécurité" à la frontière turco-syrienne a été évoqué par Donald Trump et par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan mais reste controversé et complexe à mettre en oeuvre.

"Nous sommes engagés dans des négociations avec nos homologues turcs sur ce qui est faisable en termes de zone tampon", s'est bornée à dire mercredi une responsable américaine, refusant de préciser quelle force internationale pourrait superviser une telle zone.

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