Trump affirme que l'espace aérien du Venezuela doit être considéré comme "entièrement fermé"
Le président américain Donald Trump a lancé samedi un avertissement selon lequel l'espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela devait être considéré comme "entièrement fermé", dans le cadre de sa confrontation croissante avec le dirigeant de gauche Nicolas Maduro.
"À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d'êtres humains," a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social, "veuillez considérer L'ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ".
Le président américain n'a pas donné de détails.
Cette déclaration intervient alors que l'administration Trump, dans sa lutte contre les cartels de la drogue, intensifie la pression sur le Venezuela avec un déploiement militaire majeur dans les Caraïbes, incluant le plus grand porte-avions du monde.
Donald Trump accuse en particulier le Venezuela d'être un artisan du trafic de drogue qui inonde le marché américain.
Caracas dément et insiste sur le fait que l'objectif véritable est un changement de régime et la mainmise sur les réserves pétrolières du pays.
Grave crise économique
Au pouvoir depuis 2013, le président socialiste Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, figure de la gauche radicale en Amérique latine, a été réélu en 2024 à l'issu d'un scrutin contesté, marqué par des troubles et des arrestations massives. Il est accusé de dérive autoritaire par les États-Unis et l'Union européenne, qui ont sanctionné le régime.
Le Venezuela traverse une grave crise économique, qui a conduit plus de 7 millions de ses habitants, sur une population de 30 millions de personnes, à émigrer, selon les chiffres de l'ONU. Le pays a enregistré une contraction de son PIB de 80% entre 2013 et 2023.
Les forces américaines ont mené des frappes contre plus de 20 navires vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l'océan Pacifique Est depuis début septembre, tuant au moins 83 personnes.
Washington n'a pas encore fourni de preuves que les navires ciblés étaient utilisés pour le trafic de drogue ou représentaient une menace pour les États-Unis.
Et les tensions régionales se sont intensifiées en raison de cette campagne et du renforcement militaire qui l'accompagne.
Ces derniers jours, une activité constante d'avions de combat américains a été enregistrée à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes, selon des sites de suivi des aéronefs.
Cartel des Soleils
La République dominicaine, voisine du Venezuela, a par ailleurs autorisé cette semaine les États-Unis à utiliser des installations aéroportuaires dans le cadre de son déploiement, tandis que l'État insulaire de Trinité-et-Tobago, éloigné d'une dizaine de kilomètres seulement du Venezuela, a accueilli récemment des exercices des Marines américains.
Le New York Times a indiqué vendredi que MM. Trump et Maduro s'étaient récemment entretenus par téléphone et avaient discuté d'une possible rencontre aux États-Unis.
Pourtant, avant le déploiement militaire dans les Caraïbes, la justice américaine avait porté à 50 millions de dollars la récompense pour des informations conduisant à la capture de Nicolas Maduro.
Washington a aussi intensifié la pression en désignant comme organisation terroriste étrangère le Cartel des Soleils, une organisation dont l'existence reste à démontrer selon de nombreux experts et qui, d'après Washington, serait dirigée par le président Maduro.
Jeudi, le président américain avait déclaré que ses forces allaient très bientôt commencer à cibler des "trafiquants de drogue vénézuéliens" lors d'opérations terrestres, accentuant encore la pression sur Caracas.
Dans ce contexte tendu, six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines, ont suspendu leurs liaisons avec le Venezuela, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs licences par Caracas.
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