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Tour Eiffel: l'homme qui voulait attaquer un militaire renvoyé en hôpital psychiatrique

| AFP | 220 | Aucun vote sur cette news
Un soldat français surveille la tour Eiffel le 20 juillet 2016 à Paris
Un soldat français surveille la tour Eiffel le 20 juillet 2016 à Paris ( ALAIN JOCARD / AFP/Archives )

Il voulait "commettre un attentat contre un militaire" : la garde à vue de l'homme arrêté samedi à la tour Eiffel après avoir brandi un couteau en criant "Allah Akbar" a été levée en raison d'une abolition de discernement, et le suspect réadmis en hospitalisation d'office.

Samedi soir peu avant minuit, ce Français de 19 ans né en Mauritanie, admis en psychiatrie mais en permission de sortie, a franchi un portique en bousculant un agent de sécurité, puis sorti un couteau en criant "Allah Akbar". Des militaires de l'opération Sentinelle lui ont alors ordonné de poser son couteau à terre et il s'est exécuté sans opposer de résistance et a été interpellé.

Le parquet n'avait dans un premier temps pas retenu la piste terroriste, mais le jeune homme a confié qu'il avait voulu attaquer un soldat, et était en lien avec un membre du groupe jihadiste Etat islamique, qui l'avait, selon lui, encouragé à passer à l'acte.

Sa garde à vue a été levée lundi soir, a indiqué le parquet, l'expert psychiatre ayant "conclu à l'abolition du discernement". Le suspect a été pris en charge par l'établissement de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) dans lequel il était hospitalisé d'office depuis plusieurs mois.

Cette mesure administrative avait été renouvelée le 27 juillet pour six mois et c'est à la faveur d'une permission de sortie dans sa famille que le jeune homme, souffrant de troubles psychiatriques depuis 2013, s'est rendu à la tour Eiffel samedi soir.

"Dès qu'il est en colère, (...) il crie Allah Akbar (...) mais je peux vous assurer que mon fils n'est pas un jihadiste", a déclaré lundi sur BFMTV le père du jeune homme, qui pense que son fils a agi après avoir été irrité par un différend entre eux lors de cette permission de sortie.

"Il dit qu'il a des armes qu'il a gardées à la maison, d'après son audition", mais les policiers "n'ont rien trouvé", a indiqué le père, qui fait état de plusieurs perquisitions liées à son fils au domicile familial depuis 2013.

- 'souffrait de plusieurs pathologies' -

Le parquet de Paris a parallèlement ouvert mardi une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction antiterroriste, notamment pour "tentatives d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en lien avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroristes criminelle".

L'enquête permettra notamment "qu'une nouvelle expertise soit ordonnée, pour confirmer ou infirmer les premières conclusions de l'expert", selon le parquet.

Les dernières auditions du jeune homme ont confirmé de "gros problèmes psychiatriques", a jugé une source proche de l'enquête, alors qu'une source préfectorale parlait de "dossier bien connu" et "suivi avec attention", du fait du "profil inquiétant, très jeune et avec des problèmes psychiatriques très lourds" du jeune homme.

Il avait déjà été condamné en décembre 2016 pour apologie du terrorisme et menaces de mort sur des agents SNCF.

"C'était quelqu'un qui semblait canalisé quand il prenait ses traitements", et qui "souffrait de plusieurs pathologies" mentales, avait aussi estimé la source préfectorale.

Dans un entretien au Journal du dimanche, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb avait parlé de "sept tentatives d'attentats" déjouées depuis le début de l'année et évoqué parmi les "menaces" pesant sur la France "des personnes sans lien direct avec la Syrie, mais soumises à une propagande qui reste malheureusement très active", "des gens fragiles psychologiquement, qui peuvent passer subitement à l'acte...".

Les experts estiment que la propagande du groupe Etat islamique peut pousser des déséquilibrés ou malades mentaux à passer à l'action violente au nom du jihad, parce qu'ils y trouvent une justification à leurs actes.

Depuis janvier 2015, la France est visée par une vague d'attentats jihadistes qui a fait au total 239 morts, les derniers ciblant tout particulièrement les forces de l'ordre, sur des sites emblématiques.

Le gouvernement a renouvelé jusqu'au 1er novembre l'état d'urgence, mis en place après les attentats du 13 novembre 2015.

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