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Réduit de l'EI en Syrie: les forces arabo-kurdes tentent d'obtenir l'évacuation des civils

| AFP | 312 | Aucun vote sur cette news
Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) le 17 février 2019 sur un toit du village de Baghouz, dans l'est de la Syrie
Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) le 17 février 2019 sur un toit du village de Baghouz, dans l'est de la Syrie ( Fadel SENNA / AFP )

Les forces arabo-kurdes, dont l'offensive est à l'arrêt depuis quatre jours, tentent mardi d'obtenir l'évacuation des civils encore présents dans l'ultime lambeau du groupe Etat islamique (EI), dans l'est de la Syrie.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, les jihadistes sont acculés dans une poche d'un demi-kilomètre carré à Baghouz, hameau de la province de Deir Ezzor aux confins orientaux de la Syrie.

Depuis plusieurs jours, l'offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par une coalition internationale emmenée par Washington, piétine, la priorité étant d'assurer la sortie des civils encore utilisés comme "boucliers humains" par les jihadistes, assure l'alliance arabo-kurde.

A ce titre, une équipe de l'AFP a constaté mardi après-midi, près de Baghouz, un mouvement de plusieurs camionnettes en direction du village.

Une source au sein des FDS, interrogée sur le terrain, a affirmé que ces véhicules étaient destinés à transporter des civils encore présents dans le réduit jihadiste.

"Nous voulons isoler les civils pour les évacuer, avant de donner l'assaut", avait auparavant indiqué à l'AFP un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, sans fournir plus de détails.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources à travers le pays, a de son côté fait état de "négociations" entre les FDS et les jihadistes, qui réclameraient un "corridor de sortie".

L'Observatoire n'était pas en mesure de préciser la destination vers laquelle ces combattants de l'EI souhaiteraient être transférés.

Des responsables des FDS ont eux nié à l'AFP toute négociation en cours.

Carte de la dernière poche contrôlée par le groupe EI en Syrie
Carte de la dernière poche contrôlée par le groupe EI en Syrie ( Simon MALFATTO / AFP )

L'ONU a exprimé sa "vive préoccupation" au sujet de quelque "200 familles, dont plusieurs femmes et enfants, qui sont apparemment pris au piège".

"L'EI empêche apparemment la sortie de beaucoup d'entre eux", a souligné dans un communiqué la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet.

Océan de mines enfouies

Depuis début décembre, près de 40.000 personnes, principalement des familles de jihadistes, ont fui l'ultime réduit jihadiste dans l'est syrien, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Mais cet afflux s'était interrompu il y a quelques jours.

Dans le village de Baghouz, les combattants de l'EI ne tiennent plus que quelques pâtés de maisons, où ils sont retranchés dans des tunnels, au milieu d'un océan de mines enfouies pour entraver l'avancée des FDS.

Les jihadistes n'ont que deux options, "se rendre ou être tués au combat", a fait valoir M. Bali.

En 2014, l'EI avait proclamé un "califat" sur un territoire vaste comme la Grande-Bretagne.

Les jihadistes y avaient établi leur propre administration, exécutant et torturant ceux qui ne respectaient pas leur loi et fomentant des attentats meurtriers y compris à l'étranger.

Mais, après de multiples offensives distinctes lancées en Syrie et en Irak, leur territoire s'est réduit comme peau de chagrin.

Le "cauchemar est fini", s'est félicité par avance Dino, un combattant des FDS.

"On a sauvé les gens. Les premières batailles étaient difficiles. On ne connaissait pas bien l'ennemi, maintenant on le connait intimement", a lancé ce jeune homme de 26 ans.

En sortant du réduit, les hommes soupçonnés d'appartenance à l'EI sont gardés dans des centres de détention. Les civils, dont les femmes et les enfants de jihadistes, sont transférés vers des camps de déplacés dans le nord syrien.

Des déplacés dans le camp d'Al-Hol, dans la province syrienne de Hassaké (nord-est), le 17 février 2019
Des déplacés dans le camp d'Al-Hol, dans la province syrienne de Hassaké (nord-est), le 17 février 2019 ( BULENT KILIC / AFP )

L'ONG Comité international de secours a annoncé lundi que 62 personnes étaient décédées en route, durant un trajet qui dure environ six heures dans des bétaillères, ou peu après leur arrivée. Les deux tiers étaient des enfants de moins d'un an.

"Semer la mort"

Des centaines d'étrangers, arrêtés au fil des batailles, sont toujours retenus par les forces kurdes.

Le président américain Donald Trump a exhorté les pays européens, réticents sur la question du retour des étrangers de l'EI, à rapatrier leurs ressortissants en Syrie.

Mais Paris, Londres, Berlin et Bruxelles ont rétorqué qu'un tel retour n'était pas à l'ordre du jour.

Alors que M. Trump s'est déjà réjouit d'une défaite imminente des jihadistes, un haut responsable des FDS a répété lundi que la défaite des jihadistes ne devrait pas tarder.

"Dans quelques jours, nous allons annoncer la victoire contre la plus grande organisation terroriste qui a fait la guerre au monde entier, et semé le chaos et la mort", a martelé dans un communiqué Zaidane al-Assi.

Outre le dernier réduit dans l'est syrien, des jihadistes de l'EI sont toutefois disséminés dans le vaste désert central de la Badiya et revendiquent des attaques menées par des "cellules dormantes" dans les régions des FDS.

La bataille anti-EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis 2011.

Mardi, quatre civils, dont un enfant, ont été tués par des tirs de roquette du régime dans une autre région du pays, à Khan Cheikhoun (nord-ouest), selon l'OSDH. Ces tirs ont mis hors service une grande fabrique de pain, d'après la même source.

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