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Les rebelles syriens acceptent une reddition dans une zone près du Golan

| AFP | 427 | 4 par 1 internautes
Photo prise le 19 juillet 2018 depuis la partie du plateau du Golan occupée par Israël montrant des nuages de fumée s'élevant des environs du village d'Al-Rafid, dans la province syrienne de Qouneitra (sud-ouest), après des frappes aériennes des forces progouvernementales syriennes
Photo prise le 19 juillet 2018 depuis la partie du plateau du Golan occupée par Israël montrant des nuages de fumée s'élevant des environs du village d'Al-Rafid, dans la province syrienne de Qouneitra (sud-ouest), après des frappes aériennes des forces progouvernementales syriennes ( JALAA MAREY / AFP )

Des rebelles syriens ont accepté jeudi de céder les territoires sous leur contrôle dans la province de Qouneitra, qui borde la partie du Golan annexée par Israël, au terme d'une série d'accords ayant permis au régime de reprendre des secteurs clés.

Cette annonce intervient après un autre accord conclu cette semaine ayant conduit à l'évacuation jeudi de milliers d'habitants de deux localités prorégime assiégées par les insurgés dans le nord de la Syrie.

Ces deux accords, négociés par Moscou, grand allié du régime, sont perçus comme une nouvelle victoire pour Bachar al-Assad dans la guerre qui ravage le pays depuis plus de sept ans.

Recourant à leur puissance de feu et à des accords de reddition, les forces progouvernementales ont capturé ce mois-ci plus de 90% de Deraa.

C'est dans cette province méridionale que les premières manifestations contre le régime avaient éclaté en 2011, date du début d'une guerre qui a depuis fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés.

Après Deraa, l'aviation du régime a ensuite lourdement bombardé la province voisine de Qouneitra, limitrophe de la zone tampon avec la partie du Golan occupée et annexée par Israël.

Sous pression, les rebelles ont accepté de céder Qouneitra et la zone tampon aux forces du régime, ont indiqué jeudi à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un membre de la délégation de négociateurs rebelles.

L'accord prévoit "un cessez-le-feu, l'abandon (par les rebelles) de l'artillerie moyenne et lourde et le retour des institutions gouvernementales" à Qouneitra, a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, les forces gouvernementales prendront le contrôle de la zone tampon et les insurgés refusant de rendre les armes seront évacués vers des zones rebelles dans le nord du pays.

Et, selon l'agence officielle Sana, 10 bus sont arrivés en soirée dans un village du sud de la province dans la perspective d'un début du transfert de ces insurgés vers le nord.

- Israël "surveille de près" -

Un membre de la délégation rebelle impliquée dans les pourparlers a confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé pour permettre aux forces gouvernementales d'entrer dans la zone tampon, sans pouvoir préciser quand.

L'agence officielle Sana a simplement indiqué être au courant d'un accord permettant au régime de récupérer ses positions d'avant 2011.

Des soldats israéliens surveillent le village d'Al-Rafid et ses environs, dans la province syrienne de Qouneitra, depuis une installation militaire située sur la partie du plateau du Golan occupée par Israël, le 2 juillet 2018
Des soldats israéliens surveillent le village d'Al-Rafid et ses environs, dans la province syrienne de Qouneitra, depuis une installation militaire située sur la partie du plateau du Golan occupée par Israël, le 2 juillet 2018 ( JALAA MAREY / AFP )

L'armée israélienne a pour sa part dit "surveiller de près les événements" et être "prête à tous les scénarios, y compris une distribution d'aide humanitaire aux déplacés syriens" installés dans ces camps de fortune près de la zone tampon.

Depuis la guerre de 1967, Israël occupe 1.200 km² du plateau du Golan, dont l'annexion en 1981 n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Appuyé par ses alliés indéfectibles, Iran et Russie en tête, le régime syrien est déterminé à rasseoir son autorité sur tout le pays. Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, il contrôle déjà plus de 60% du territoire.

- Bus caillassés -

Jeudi, les 6.900 habitants de deux localités prorégime dans la province d'Idleb (nord-ouest) ont quitté ce qui étaient les dernières zones assiégées de Syrie pour être évacués en territoire gouvernemental en vertu d'un accord conclu mardi entre Moscou et la Turquie, soutien des rebelles.

Carte localisant les villages de Foua et Kafraya, les deux dernières localités assiégée de Syrie, encerclées depuis trois ans par des rebelles et des jihadistes mais dont les habitants ont été évacués jeudi selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)
Carte localisant les villages de Foua et Kafraya, les deux dernières localités assiégée de Syrie, encerclées depuis trois ans par des rebelles et des jihadistes mais dont les habitants ont été évacués jeudi selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) ( Laurence SAUBADU / AFP )

Le siège de Foua et Kafraya, en majorité de confession chiite, avait commencé en 2015 lorsque des rebelles et des jihadistes avaient envahi la province d'Idleb, empêchant l'accès de la nourriture et des médicaments.

Quelque 120 bus ont quitté jeudi les deux villages. Certains ont franchi le point de passage d'Al-Eis, séparant les zones sous contrôle des rebelles et du gouvernement, dans le sud de la province d'Alep.

Mais le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, ancienne branche d'Al-Qaïda en Syrie, a empêché 23 bus, soit environ 900 personnes, de passer en territoire gouvernemental, selon l'OSDH.

D'après l'Observatoire, l'accord prévoit la libération par le régime de 1.500 prisonniers rebelles et jihadistes mais environ 700 d'entre eux ont choisi de ne pas rejoindre les territoires rebelle et jihadiste d'Idleb. HTC a alors décidé de retenir des centaines d'évacués de Foua et Kafraya en attendant le retour de 700 autres prisonniers libérés.

En circulant vers Al-Eis, des bus d'évacués ont été l'objet de caillassages et certains ont eu des vitres brisées, selon l'OSDH et une passagère interrogée par l'AFP qui a pu rallier ce point de passage.

"Ils ont cassé les bus, les enfants ont eu très peur", a affirmé à l'AFP Chilan Chuweich. Cette habitante de Foua, évacuée avec son mari et leurs deux enfants, a aussi indiqué que les privations étaient telles dans son village que "certains enfants n'avaient encore jamais vu une pomme de leur vie".

Une organisation syrienne a critiqué les libérations effectuées par le régime dans le cadre de l'accord, affirmant qu'elles ne concernaient aucun militant des droits de l'Homme.

La ville de Foua, dans le nord-ouest de la Syrie, vidée de ses habitants après leur évacuation dans le cadre d'un accord russo-turc, le 19 juillet 2018
La ville de Foua, dans le nord-ouest de la Syrie, vidée de ses habitants après leur évacuation dans le cadre d'un accord russo-turc, le 19 juillet 2018 ( Muhammad HAJ KADOUR / AFP )

"Ils libèrent des détenus emprisonnés depuis deux ou trois mois, (mais pas) les militants pacifiques détenus depuis des années", a déploré Laila Kiki, une responsable de The Syria Campaign.

Selon l'OSDH, l'accord russo-turc garantirait également qu'Idleb ne subisse pas une offensive militaire du régime.

Cette province est limitrophe de la Turquie mais elle est presque totalement entourée par des territoires contrôlés par le régime. Elle abrite plus de deux millions de personnes, y compris des civils et des rebelles venus s'y réfugier.

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