En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 943.88 PTS
-0.83 %
4 940.5
-0.59 %
SBF 120 PTS
3 950.65
-0.69 %
DAX PTS
11 174.23
-0.63 %
Dowjones PTS
25 017.44
-1.56 %
6 642.92
+0.00 %
1.143
-0.18 %

Sur un circuit de Ryad, des Saoudiennes goûtent au grand frisson

| AFP | 411 | 3 par 1 internautes
Rana Almimoni, une Saoudienne de 30 ans, au volant d'une voiture de sport sur une piste du parc Dirab à Ryad, le 19 juillet 2018
Rana Almimoni, une Saoudienne de 30 ans, au volant d'une voiture de sport sur une piste du parc Dirab à Ryad, le 19 juillet 2018 ( FAYEZ NURELDINE / AFP )

Poussée d'adrénaline encore inimaginable il y a quelques semaines: sur un circuit de Ryad, casque sur la tête, Rana Almimoni fait un dérapage contrôlé dans une berline sport au moteur rugissant, soulevant un grand nuage de fumée.

Pour les Saoudiennes, il est temps de goûter aux frissons de la vitesse après la levée en juin de l'interdiction de conduire.

Les passionnées étaient loin de penser pouvoir un jour s'adonner à ce loisir dans un royaume musulman ultraconservateur que le prince héritier Mohammed ben Salmane dit vouloir réformer.

"J'adore la vitesse" et "je rêve d'une voiture de plus de 500 chevaux", explique Rana Almimoni, 30 ans, en faisant hurler le moteur.

Elle dit attendre à présent une décision autorisant les femmes à obtenir des "permis de course", ce qui leur ouvrirait la porte des compétitions de sport automobile.

Cela inclut les exercices de dérapage, une pratique évidemment illégale sur les routes du royaume mais qui est un grand classique dans l'environnement contrôlé du parc Dirab, dont les propriétaires insistent sur la sécurité.

Dans son livre "Joyriding in Riyadh" ("Royaume d'asphalte: jeunesse en révolte à Ryad"), l'écrivain Pascal Menoret avait vu, il y a quelques années, dans l'obsession des Saoudiens de maîtriser le dérapage contrôlé une volonté d'"être un vrai homme".

- Dérapage contrôlé -

Désormais, les Saoudiennes veulent accéder à ce privilège masculin.

"La plupart des questions des femmes portent sur le dérapage contrôlé: comment apprendre à le faire? Quelles voitures utiliser? Combien de temps pour le réussir?", indique l'instructeur Falah al-Jarba en regardant Mme Almimoni tournoyer sur le circuit.

A la nouvelle clientèle féminine, les concessionnaires automobiles proposent de petits modèles, mais certaines Saoudiennes préfèrent les bolides de fabrication américaine.

La Saoudienne Rana Almimoni s'entraîne aux dérapages contrôlés, le 19 juillet 2018 à Ryad
La Saoudienne Rana Almimoni s'entraîne aux dérapages contrôlés, le 19 juillet 2018 à Ryad ( FAYEZ NURELDINE / AFP )

"C'est un mythe" d'imaginer que les Saoudiennes préfèrent les petites voitures, dénonce Rana Almimoni, en faisant hurler le moteur de la berline sport qu'elle conduit.

Beaucoup ont trouvé l'inspiration grâce à Aseel al-Hamad, la première Saoudienne membre de la fédération nationale automobile du royaume, qui a pris le volant d'une Formule 1 en France en juin pour marquer la fin de l'interdiction de conduire dans son pays.

Vêtues de jeans moulants et de T-shirts Harley-Davidson, une poignée de motardes s'entraînent aussi à dompter de grosses cylindrées dans une école de Ryad.

A l'approche de la levée de l'interdiction, les autorités saoudiennes avaient préparé le terrain en installant des simulateurs, afin d'aider les femmes totalement novices à s'habituer au volant.

"Je ne me sens plus en Arabie saoudite", commente à ce jour Nagwa Mousa, professeure d'université de 57 ans. Cela dit, "je ne m'attends pas à voir beaucoup de femmes faire des dépassements et rouler à toute vitesse sur les routes", tempère-t-elle.

Pour certains, la levée de l'interdiction de conduire libère la femme de la dépendance à l'égard des chauffeurs. Mais beaucoup d'entre elles se tiennent encore à l'écart des routes.

- Plus cher -

"Félicitations, j'ai enfin vu une femme au volant! Bien qu'elle soit bahreïnie, cela compte car elle conduit en terre saoudienne", a récemment souligné le comédien Yasser Bakr sur Twitter, après la levée de l'interdiction.

Pour l'instant, la plupart des femmes au volant semblent être celles qui ont échangé un permis étranger contre un permis saoudien après avoir passé un test.

Beaucoup se plaignent du fait que les cours de conduite coûtent plus cher que ceux destinés aux hommes et du nombre insuffisant d'instructrices.

La Saoudienne Rana Almimoni au volant de sa voiture de sport, le 19 juillet 2018 à Ryad
La Saoudienne Rana Almimoni au volant de sa voiture de sport, le 19 juillet 2018 à Ryad ( FAYEZ NURELDINE / AFP )

Bien qu'aucun incident de harcèlement n'ait été signalé publiquement, de nombreuses femmes se méfient du sexisme et de l'agressivité des conducteurs, malgré les avertissements des autorités.

Les nerfs sont également mis à rude épreuve par la répression dirigée contre les féministes qui luttent contre le système de tutelle mettant la femme à la merci du père, du mari ou du frère quand il s'agit de voyager, de se marier ou d'étudier.

"Le gouvernement élargit la gamme des divertissements pour les femmes, tout en éliminant l'espace pour l'expression politique", estime Kristin Diwan, de l'Arab Gulf States Institute à Washington.

"Les femmes qui font des dérapages contrôlés peuvent expérimenter la vitesse, mais pas goûter à la liberté d'expression".

Selon Amnesty International, 12 militants des droits fondamentaux dont huit femmes ont été arrêtés depuis mai. Cette répression a provoqué une crise diplomatique avec le Canada après qu'Ottawa a exigé la "libération immédiate" de ces militants.

"C'est un progrès douteux en matière de parité: des femmes sont maintenant arrêtées pour leur militantisme en faveur de leurs droits, tout comme les hommes", souligne Mme Diwan.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Différents Types d'Ordres de Bourse
Mardi 20 novembre de 12h30 à 13h30

Tradez les indices mondiaux au travers des CFD
Mercredi 7 décembre de 12h30 à 13h30

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 20/11/2018

Les marchés européens reculent dans le sillage de Wall Street. Les valeurs technologiques, notamment Apple, ont lourdement chuté. Ce qui pèse sur leurs concurrents européens. L’inquiétude sur…

Publié le 20/11/2018

Le CAC40 abandonne encore 0,8% en fin de matinée à 4.945 points

Publié le 20/11/2018

Copyright GlobeNewswire Les annexes de ce communiqué sont disponibles à partir de ce lien : http://hugin.info/143549/R/2226337/873684.pdf Information réglementaire Ce…

Publié le 20/11/2018

Renault poursuit sa chute entamée la veille sur la place de Paris. Ainsi, le titre du constructeur automobile recule de 2,44% à 57,62 euros, après avoir déjà abandonné 8,43% hier.…

Publié le 20/11/2018

 Groupe BIC - Communiqué de presse Clichy - 20 novembre 2018 Suivez l'actualité de BIC sur         BIC RECOIT UNE OFFRE D'ACHAT POUR BIC SPORT   Le…