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Sur les Champs-Elysées, un attentat soulève un vent de panique

| AFP | 181 | Aucun vote sur cette news
Des gens quittent une rue proche des Champs-Elysées à Paris après la fusillade, le 20 avril 2017
Des gens quittent une rue proche des Champs-Elysées à Paris après la fusillade, le 20 avril 2017 ( Benjamin Cremel / AFP )

"Les gens couraient, se bousculaient et se cognaient aux tables": cette femme de 39 ans dînait tranquillement jeudi soir dans une brasserie des Champs-Elysées à Paris quand un attentat jihadiste a créé la panique sur la plus célèbre avenue du monde.

Personne ne comprenait ce qui se passait, "surtout les touristes étrangers", raconte-t-elle à l'AFP, encore secouée. Dehors, les lumières des boutiques de luxe ont continué à briller mais les trottoirs se sont vidés d'un coup, laissant place à une forêt de gyrophares et au ballet d'un hélicoptère en survol.

A trois jours du premier tour d'une élection présidentielle placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres grièvement blessés par les coups de feu tirés par un assaillant qui a ensuite été abattu par les forces de l'ordre. Une touriste a aussi été légèrement blessée par un éclat.

L'attentat a été revendiqué dans un communiqué par l'organisation jihadiste Etat Islamique (EI).

Des secouristes sur les Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017
Des secouristes sur les Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017 ( THOMAS SAMSON / AFP )

La jeune femme, qui préfère ne pas donner son nom, terminait son repas quand la terreur a saisi la salle. "Les serveurs nous ont sommés de partir et d'évacuer par l'arrière du restaurant, mais il n'y avait pas de sortie, donc on a dû se planquer dans l'arrière-cour".

"Quelqu'un a dit: +ça a canardé, j'ai cru que j'allais y passer+. Les serveurs ont éteint les lumières", puis les pompiers sont arrivés pour aider les clients à quitter les lieux.

La moitié haute de l'avenue, vers l'Arc de Triomphe, a été désertée.

Des dizaines de voitures et de cars de police couvraient la chaussée de cette avenue, qui est au même titre que la tour Eiffel, située non loin de là, l'emblème de Paris, passage obligé des touristes mais aussi lieu de fête et de rassemblement populaire. Forces de l'ordre, pompiers et autres secouristes, la sillonnaient en va-et-vient nerveux.

Après la panique de la fusillade, quand touristes et badauds ont pris leurs jambes à leur cou, fuyant vers les rues adjacentes, le calme est revenu. Mais l'ambiance restait tendue, et des stations de métro étaient toujours fermées.

- Réfugiés dans un cinéma -

Beaucoup se sont aussi réfugiés dans les brasseries, boutiques et cinémas de l'avenue, le long de ses larges trottoirs bordés d'arbres. Au cinéma Lincoln, "des gens sont dans le cinéma, je ne peux pas vous dire combien, mais ils ne peuvent pas sortir, par précaution", confirme à l'AFP un employé à la caisse.

Un policier sur les Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017
Un policier sur les Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017 ( Lara PRIOLET / AFP )

Mehdi, un quadragénaire consultant en communication, était attablé dans un restaurant tout proche quand la fusillade a éclaté. "J'ai entendu des tirs, je suis allé voir ce que c'était, j'ai vu des gens à terre, au moins deux corps, et des gens qui couraient partout, qui criaient. J'ai eu peur, je suis parti, j'ai même pas payé mon addition!", dit-il à l'AFP.

Le salon de thé Ladurée, sur l'avenue, s'est transformé rapidement en QG de crise, accueillant notamment le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl et la maire de Paris Anne Hidalgo, arrivés en convoi protégé et entourés de près par plusieurs hommes munis d'armes automatiques.

Sur la place de l'Etoile, des militaires se tiennent derrière le cordon de sécurité qui bloque l'accès à l'avenue.

Des touristes incrédules tentent de comprendre ce qui se passe. Maud et Wilfried Deneau, venus de Nantes, dans l'ouest de la France, avec leurs fils de 13 et 15 ans, sont dépités. "Paris, c'est toujours comme ça maintenant. On ne veut pas avoir peur, alors on est venus leur montrer l'Arc de Triomphe...".

Isabel, une touriste australienne de 34 ans, est contrariée, elle ne peut plus accéder à son logement loué dans une rue adjacente: "Je veux rentrer chez moi".

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