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Ski alpin: la sécurité en question après le décès accidentel de David Poisson

| AFP | 49 | Aucun vote sur cette news
Le skieur français David Poisson pose avec sa médaille de bronze remportée à l'issue de la descente des Championnats du monde de Schladming, le 9 février 2013
Le skieur français David Poisson pose avec sa médaille de bronze remportée à l'issue de la descente des Championnats du monde de Schladming, le 9 février 2013 ( Olivier MORIN / AFP/Archives )

La mort lundi du descendeur français David Poisson, qui a heurté un arbre lors d'un entraînement à Nakiska (Canada), pose le problème de la sécurité sur les pistes privées, alors que les mesures sont draconiennes sur les étapes de la Coupe du monde de ski alpin.

David Poisson, médaillé de bronze mondial en 2013, "aurait chuté lourdement après avoir perdu un ski lors de la séance d’entrainement partagée avec d’autres nations (...) Il aurait percuté un arbre après avoir traversé les filets de sécurité", a indiqué à l'AFP Michel Vion, président de la Fédération français de ski (FFS) mardi à la-journée.

Les filets, disposés le long de la piste, sont censés ralentir les skieurs en cas de chute. Selon un entraîneur italien, la vitesse des skieurs dépassait les 100 km/H lundi à l'endroit où l'accident a eu lieu.

"Il y avait au moins deux filets de type B", a précisé Michel Vion.

Les filets de type B mesurent 2,5 m de haut, alors que les filets A, fixés à une potence s'élèvent jusqu'à quatre mètres.

"Chaque équipe paye une prestation et c'est bien la station qui est en charge de la sécurité", a souligné le président de la FFS.

La station de Nakiska (ouest), avec des pistes homologuées qui avaient accueilli les épreuves de ski alpin et de freestyle lors des JO d'hiver de Calgary en février 1988, est réservée en cette période aux équipes nationales.

Ces groupes préparent les premières épreuves de vitesse de la Coupe du monde programmées dans moins de deux semaines dans la localité voisine de Lake Louise.

- Gestion -

"Les équipes gèrent leurs propres entraînements, tracent les parcours, elles font tout par elles-mêmes", a indiqué à la presse canadienne Matt Mosteller, un représentant officiel des stations des Rocheuses canadiennes qui travaille à Nakiska.

Mais ce sont bien les pisteurs de ces stations qui mettent en place les filets de protection. "Quand on arrivait tout était en place", se souvient ainsi Laurent Chrétien, qui a fréquenté les lieux alors qu'il était responsable de l'équipe de France dames de vitesse. Et il rappelle que, "au Canada, toutes les pistes sont tracées dans la forêt".

Existe-t-il alors un protocole de la Fédération internationale de ski (FIS) pour imposer des règles minimales de sécurité aux stations qui louent leurs espaces?

Interrogée par l'AFP, la FIS n'a pas souhaité répondre, arguant de circonstances de l'accident encore imprécises, renvoyant à la station de Nakiska et à la fédération canadienne.

Et puis, comme lors des épreuves de Coupe du monde, "un médecin fédéral accompagne les skieurs lors des entraînements privés ou officiels de descente", souligne la Fédération française de ski (FFS).

La présence du médecin de la FFS, intervenu très rapidement avec son collègue suisse, a été vaine; David Poisson, père d'un fils de 18 mois, a été tué sur le coup.

En descente, le risque zéro n'existe pas, rappelle Luc Alphand, dernier vainqueur français de la Coupe du monde de ski alpin il y a 20 ans.

- Il y a 16 ans Régine Cavagnoud -

David Poisson s'ajoute à une longue liste de skieurs, notamment descendeurs, morts sur la piste.

La Française Régine Cavagnoud pose avec sa médaille d'or après sa victoire au super-G des Mondiaux à St Anton en Autriche, le 29 janvier 2001
La Française Régine Cavagnoud pose avec sa médaille d'or après sa victoire au super-G des Mondiaux à St Anton en Autriche, le 29 janvier 2001 ( PASCAL GEORGE / AFP/Archives )

Une Française, Régine Cavagnoud, avait été la dernière de la liste noire. Championne du monde de super-G huit mois plus tôt, la skieuse de La Clusaz (Haute-Savoie) avait heurté un coach allemand lors d'une séance d'entraînement commune aux Françaises et Allemandes sur un glacier autrichien le 29 octobre 2001. Souffrant de lésions cérébrales graves, la jeune femme était morte deux jours plus tard à l'hôpital d'Innsbruck.

L'Autrichienne Ulrike Meier s'était tuée lors de la descente de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne), le 29 janvier 1994, sa tête ayant heurté une cellule électrique de chronométrage. La mort de Meier avait constitué un électrochoc.

Depuis lors, à l'image des Grand Prix de Formule 1 ou de Moto, la FIS a banni le moindre obstacle des pistes de vitesse et deux rangées de bâches de sécurité sont censées empêcher tout concurrent de quitter la piste.

Ce qui était arrivé pourtant au prometteur Silvano Beltrametti, lors de la descente de Val d'Isère, le 8 décembre 2001. Les skis du Suisse avaient perforé les filets et Beltrametti s'était fracturé la colonne vertébrale sur un rocher. Il est depuis paraplégique.

Le directeur technique national Fabien Saguez, et le directeur de l'équipe masculine David Chastan devait arriver mardi après-midi au Canada. Ils devraient notamment évoquer la participation des Français aux deux épreuves de vitesse (descente et Super G) prévues à Lake Louise (Canada) les 25 et 26 novembre.

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