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Macron délivre son ordonnance pour le système de santé "des 50 années à venir"

| AFP | 724 | 5 par 1 internautes
Emmanuel Macron présente la réforme du système de santé le 18 septembre 2018
Emmanuel Macron présente la réforme du système de santé le 18 septembre 2018 ( Etienne LAURENT / POOL/AFP )

Emmanuel Macron a présenté mardi une réforme censée renforcer l'offre de soins "pour les 50 années à venir" avec un investissement de 3,4 milliards d'euros d'ici à 2022 et la suppression du numerus clausus en 2020.

"Notre système de santé ne souffre pas d'abord d'un problème de sous-financement. Il pêche par un vrai handicap d'organisation", a estimé le chef de l'État qui a souligné le "risque d'implosion" de l'hôpital.

Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent": après des diagnostics alarmants, M. Macron a présenté sa réforme comme "un des piliers" de "l'Etat-providence du XXIe siècle" qu'il avait déjà voulu "refonder" lors de la présentation de son plan de lutte contre la pauvreté, il y a moins d'une semaine.

Cet acte II de la rentrée sociale du président comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé. Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d'étudiants, qualifié d'"absurdité" par le président, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), auront disparu en 2020.

"Regagner du temps médical"

Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et met la main à la poche pour y parvenir.

Principales mesures du plan
Principales mesures du plan "Ma santé 2022" ( Sophie RAMIS / AFP )

Les crédits de l'assurance maladie augmenteront de 2,5% l'an prochain, soit près de 400 millions d'euros supplémentaires. Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022.

Dans le détail, près de 1,6 milliard d'euros sera consacré à "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la "transformation numérique" et 420 millions à "l'évolution des métiers et des formations".

Ces moyens financeront la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", censés "décharger" les médecins des tâches administratives et de certains actes simples. M. Macron en a promis "autant que de besoin", afin d'inciter les médecins à travailler en groupe ou au sein d'une équipe de soins.

Avec ce temps médical "regagné", ils seront priés d'accepter de nouveaux patients et d'assurer des consultations sans rendez-vous en journée, jusqu'à 20H00. En revanche, le président s'est refusé à recourir à la "contrainte" pour obtenir des tours de garde les nuits et les week-ends.

Au-delà, il souhaite que "l'exercice isolé" de la médecine de ville "disparaisse" d'ici à la fin de son quinquennat.

Une réorganisation plutôt bien reçue par la CSMF, principal syndicat de médecins libéraux. "Si on nous donne les moyens de mieux nous organiser dans les territoires (...), nous pourrons prendre en charge y compris les soins non programmés et nous nous organiserons collectivement", a assuré à l'AFP son président Jean-Paul Ortiz, qui a souligné ne pas vouloir "entendre parler d'une obligation individuelle".

- Fermetures -

Etudes de santé : numerus clausus
Etudes de santé : numerus clausus ( Simon MALFATTO / AFP )

Dans la même veine, M. Macron a confirmé souhaiter que "dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecins généralistes à exercice partagé ville-hôpital puissent être financés et envoyés dans les territoires prioritaires" pour lutter contre les déserts médicaux.

Concrètement, les services d'urgence doivent progressivement être réservés aux "urgences vitales", a avancé le président, en reconnaissant dans les récents dysfonctionnements du Samu qui ont conduit à la mort d'une jeune femme la responsabilité d'une mauvaise organisation.

Surtout, la carte hospitalière va être rebattue. "Certaines activités devront fermer", a prévenu M. Macron, en détaillant la réorganisation de l'offre hospitalière en trois catégories.

Un "label" d'hôpital de proximité sera créé, notamment à la faveur des fermetures, pour 500 à 600 établissements qui accueilleront médecine générale, polyvalente, gériatrique et soins de suite, avec des plateaux techniques de biologie, d'imagerie ou de télémédecine.

Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements pour leur assurer une activité plus importante, gage de sécurité.

"L'augmentation de la fréquentation des urgences explose, le président veut remettre l'hôpital à sa juste place, confirmer la proximité, cette idée est positive, il n'est pas anormal d'ajuster l'offre hospitalière", a commenté Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF).

Mais le gouvernement lorgne aussi le gisement d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A). Dès 2019, pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, hôpitaux et professionnels de santé libéraux devront se coordonner et partager une rémunération forfaitaire.

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