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Pompeo et Mattis au Congrès pour défendre Ryad

| AFP | 137 | Aucun vote sur cette news
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo s'adresse aux journalistes au Congrès à Washington, le 28 novembre 2018
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo s'adresse aux journalistes au Congrès à Washington, le 28 novembre 2018 ( Mandel NGAN / AFP )

Le chef de la diplomatie américaine estime que la situation au Yémen, en proie à un conflit depuis près de quatre ans, serait "bien pire" si les Etats-Unis ne soutenaient plus la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui reste un allié de Washington malgré le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

C'est en tout cas ce qu'a dit Mike Pompeo aux sénateurs américains mercredi lors d'une rencontre à huis clos avec le ministre de la Défense Jim Mattis, d'après son intervention diffusée en amont.

Les deux ministres devaient faire le point sur ce que sait l'administration de Donald Trump au sujet de l'assassinat de Khashoggi début octobre au consulat saoudien à Istanbul.

"Que se passerait-il si les Etats-Unis se retiraient de l'effort au Yémen? Et bien devinez: la guerre ne cesserait pas", a également dit M. Pompeo aux sénateurs, qui pourraient voter dès mercredi sur un texte prévoyant l'arrêt du soutien militaire américain à la coalition sous commandement saoudien.

Il a également défendu la décision du président des Etats-Unis de maintenir l'alliance "inébranlable" avec Ryad malgré les soupçons pesant sur le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, dans ce meurtre. Et donc tenté de les convaincre de ne pas voter contre l'implication américaine dans la guerre au Yémen.

Selon des médias américains, la CIA n'a plus de doutes sur la responsabilité du prince héritier dans le meurtre de Khashoggi. Mais M. Trump a assuré la semaine dernière que l'agence américaine de renseignement extérieur n'avait "rien trouvé d'absolument certain".

Jusqu'à présent, le président américain s'est révélé le plus solide soutien de "MBS", avec lequel il n'aura pas d'entretien officiel lors de la réunion du G20 en fin de semaine à Buenos Aires mais son entourage n'exclut pas une "rencontre informelle".

Le sénateur républicain Bob Corker, patron de la puissante Commission des Affaires étrangères de la chambre haute et critique du milliardaire américain, a accusé la semaine dernière la Maison Blanche d'être devenue "une agence de relations publiques" pour "MBS".

Partenaires impeccables?

M. Mattis, selon le texte de sa déclaration devant le Sénat, a relevé que les Etats-Unis avaient "rarement la liberté de travailler avec des partenaires impeccables".

"L'Arabie saoudite, du fait de sa situation géographique et de la menace iranienne, est fondamentale pour maintenir la sécurité régionale et d'Israël, et nos intérêts dans la stabilité au Proche-Orient", a-t-il souligné.

Des déplacés fuyant la guerre reçoivent une aide alimentaire de la Croix rouge dans a province de Hajjah, au Yémen, le 1er septembre 2018
Des déplacés fuyant la guerre reçoivent une aide alimentaire de la Croix rouge dans a province de Hajjah, au Yémen, le 1er septembre 2018 ( ESSA AHMED / AFP/Archives )

"Des relations de long terme nous guident mais ne nous aveuglent pas", selon M. Mattis. "Nous devons maintenir notre double exigence de faire rendre des comptes aux responsables du meurtre tout en reconnaissant la réalité de la nécessité de compter l'Arabie saoudite comme un partenaire stratégique".

Par ailleurs, a également souligné M. Pompeo, "abandonner le Yémen nuirait considérablement aux intérêts américains de sécurité nationale et à ceux de nos alliés et partenaires au Moyen-Orient".

Selon lui, "la première mission est s'assister les Saoudiens et les Emiratis dans leur combat contre les combattants Houthis soutenus par l'Iran".

Les Etats-Unis ont indiqué mardi au Conseil de sécurité de l'ONU qu'un projet de résolution appelant à une trêve au Yémen devrait être retardé, en attendant les consultations de paix prévues en Suède début décembre.

Selon des diplomates onusiens, l'émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths espère rassembler autour d'une même table le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, et les rebelles Houthis. Ces consultations pourraient débuter dès le 3 décembre.

Selon l'ONU ce conflit, qui a fait depuis 2015 au moins 10.000 morts et selon certaines ONG jusqu'à cinq fois plus, a placé en situation de pré-famine au moins 14 millions de personnes dans le pays, déplacées par les combats.

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