5 419.72 PTS
+1.32 %
5 414.0
+1.35 %
SBF 120 PTS
4 322.04
+1.29 %
DAX PTS
13 314.58
+1.61 %
Dowjones PTS
24 806.62
+0.63 %
6 505.51
+0.61 %
Nikkei PTS
22 901.77
+1.55 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Peut-on refuser un gâteau "artistique" à un couple gay?

| AFP | 164 | Aucun vote sur cette news
Les manifestants se retrouvent devant la Cour Suprême des Etats-Unis le 5 décembre avant l'audition d'une affaire emblématique mêlant discrimination et conviction religieuse
Les manifestants se retrouvent devant la Cour Suprême des Etats-Unis le 5 décembre avant l'audition d'une affaire emblématique mêlant discrimination et conviction religieuse ( Brendan Smialowski / AFP )

Un gâteau de mariage est-il une forme d'expression artistique qu'on peut refuser pour un motif religieux à un couple homosexuel? Cette question pour le moins insolite est très sérieusement débattue mardi à la Cour suprême à Washington, avec de vastes enjeux pour la société américaine.

Dans cette affaire devenue emblématique s'opposent un pâtissier de l'Etat du Colorado, Jack Phillips, et deux hommes aujourd'hui mariés, Dave Mullins et Charlie Craig.

La transaction commerciale avortée remonte au 19 juillet 2012. Personne n'imaginait à l'époque qu'on en parlerait cinq ans plus tard au sommet du pouvoir judiciaire des Etats-Unis.

Mardi matin, des dizaines de militants des deux camps manifestaient dans le calme devant la Cour suprême.

Les pancartes en soutien au pâtissier affichaient: "J'aime la liberté d'expression" ou "Justice pour Jack".

Les militants LGBT dénonçaient eux le "sectarisme". "Je suis catholique et lesbienne", affirmait sur un panneau une militante.

Hannah Boltz, une lycéenne de 18 ans, a passé la nuit enveloppée dans un sac de couchage dans l'espoir d'assister à l'audience.

"On a discuté de cette affaire en classe. Si j'écoute ma morale, le couple devrait pouvoir obtenir son gâteau, mais si j'écoute la Constitution, le pâtissier a droit de refuser car c'est son commerce privé", disait-elle.

Invoquant sa foi chrétienne, Jack Phillips a tout bonnement expliqué dans sa pâtisserie en banlieue de Denver, "Masterpiece Cakeshop", qu'il ne pouvait prendre une commande venant de MM. Mullins et Craig.

Les deux époux ont alors déposé plainte sur le fondement d'une loi du Colorado interdisant toute discrimination aux magasins accueillant le public.

- Art contre son gré? -

Photo non datée, fournie le 4 décembre 2017 par l'Alliance Defending Freedom, du pâtissier Jack Phillips décorant un gâteau dans sa boutique de Lakewood, dans le Colorado
Photo non datée, fournie le 4 décembre 2017 par l'Alliance Defending Freedom, du pâtissier Jack Phillips décorant un gâteau dans sa boutique de Lakewood, dans le Colorado ( Bruce Ellefson / Alliance Defending Freedom/AFP )

Puis le dossier a grossi, prenant une lourde charge politique et émotionnelle car touchant à des principes chers aux Américains: la liberté religieuse, l'égalité sexuelle et la liberté d'expression protégée par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis.

Les avocats du pâtissier assurent que le gâteau représente l'institution du mariage et qu'il véhicule donc un message, contrairement à un banal croissant.

"Jack sert tous ceux qui passent sa porte, quels que soient leur histoire et leur milieu. Mais, comme n'importe quel artiste, il ne peut exprimer n'importe quel message", explique à l'AFP Jeremy Tedesco, un défenseur de M. Phillips.

"Est-ce qu'un créateur de T-shirt, athée, devrait être forcé de fabriquer des T-shirts proclamant: +Dieu existe+ ? Est-ce qu'un rédacteur de discours démocrate devrait être contraint d'écrire un discours pour un homme politique républicain, et vice-versa?", poursuit l'avocat.

Dans le camp de Dave Mullins et Charlie Craig, on se garde de tomber dans le piège du débat juridique sur le symbole du gâteau, en dénonçant une discrimination sexuelle.

"Cette affaire ne concerne pas la liberté artistique. Nous n'avons pas demandé une oeuvre d'art. Nous avons essuyé un refus fondé sur qui nous sommes, nous avons été humiliés publiquement en raison de qui nous sommes", confie à l'AFP Dave Mullins, venu à Washington avec Charlie Craig.

Ces dernières semaines, des légions d'avocats et de lobbyistes ont mené campagne pour le couple ou pour le pâtissier.

Jack Phillips est soutenu par une vingtaine d'Etats américains, des dizaines d'élus du Congrès et tout ce que l'Amérique compte de groupes chrétiens conservateurs.

Mais il a surtout rallié à sa cause le gouvernement de Donald Trump, qui affirme que M. Phillips ne peut être forcé à utiliser ses talents en violation de ses croyances religieuses.

Le couple homosexuel est lui défendu par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) et de nombreuses organisations convaincues qu'une défaite sur le front des droits des homosexuels serait suivie par d'autres reculs pour les droits civiques.

- Fleuristes, coiffeurs... -

"La religion a été utilisée dans le passé pour tenter de défendre l'esclavage, la ségrégation, la discrimination", assure Dariely Rodriguez, du Lawyers Committee for Civil Rights Under Law.

Selon elle, l'affaire Masterpiece Cakeshop est comparable à un cas remontant à 1968 dans lequel le propriétaire d'une chaîne de restauration spécialisée dans les barbecues refusait de servir les Noirs en raison de ses croyances religieuses.

Si Jack Phillips bénéficie d'une exception au nom de sa liberté artistique, avertit Mme Rodriguez, celle-ci "deviendrait applicable aux commerces hors mariage: seraient concernés les arts de la table, les coiffeurs, les barbiers, les boutiques de mode. Cela serait sans fin".

L'avocat du pâtissier rejette l'analogie raciale.

"La race n'a rien à voir avec ce qui définit un mariage. Le mariage considéré comme l'union entre un homme et une femme est une croyance ancrée dans les plus grandes religions mondiales --le judaïsme, l'islam et le christianisme-- quelles que soient l'époque, les cultures ou les races", affirme M. Tedesco.

Après l'audience solennelle mardi, la Cour suprême rendra sa décision d'ici fin juin 2018.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/12/2017

CNP Assurances et Malakoff Médéric ont signé un accord d’une durée de cinq ans pour développer l’assurance santé, la prévoyance et l’épargne patrimoniale auprès de leur clientèle…

Publié le 18/12/2017

L'Autorité de la Concurrence vient d'accorder son feu vert au rachat de la Martinière Groupe (Le Seuil, Points…) par la société Médias-Participations (Dargaud, Dupuis…). L'Autorité a…

Publié le 18/12/2017

Avec le passage de la " Maturity Gate 6.2 ", ArianeGroup et ses partenaires industriels franchissent une nouvelle étape majeure du développement d'Ariane 6, programme phare de l'Agence spatiale…

Publié le 18/12/2017

Saison été 2018...

Publié le 18/12/2017

Le Syndicat Mixte Intercommunal de Traitement des Déchets Urbains du Val-de-Marne (SMITDUVM) a attribué à Suez, en partenariat avec TIRU, à travers la...

CONTENUS SPONSORISÉS