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Pédophilie dans l'Eglise: en appel, Barbarin maintient qu'il n'a rien caché

| AFP | 248 | 1 par 1 internautes
Le cardinal Philippe Barbarin (C) arrive à la cour d'appel de Lyon, le 28 novembre 2019
Le cardinal Philippe Barbarin (C) arrive à la cour d'appel de Lyon, le 28 novembre 2019 ( JEFF PACHOUD / AFP )

"Je n'arrive pas bien à voir en quoi je suis coupable" : le cardinal Barbarin, qui a fait appel de sa condamnation pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels passés d'un prêtre de son diocèse, n'en démord pas.

Entendu jeudi au premier jour de son procès en appel, l'archevêque de Lyon, 69 ans, a défendu la même position qu'en première instance, où les juges l'avaient déclaré coupable d'avoir gardé le silence sur les agressions commises sur de jeunes scouts, bien avant son arrivée à Lyon en 2002, par le père Bernard Preynat. Défroqué en juillet, ce dernier doit être jugé en janvier.

Quand le cardinal a-t-il eu vent du passé de ce prêtre ? La réponse à cette question, au cœur du dossier, reste floue. Fin septembre 2002, l'agenda du prélat l'amène dans la paroisse de Preynat. "On entend des bruits, il y a des +trucs+, quelque chose de louche, mais personne ne dit rien de précis", affirme-t-il.

"Les trucs et les machins dont il parle, c'était en 1978 pour moi", lui rétorque Didier Bardiau, 51 ans, victime de Preynat qui ne s'était pas exprimé devant le tribunal correctionnel.

"Ça fait 17 ans qu'il aurait pu dénoncer Preynat, dès 2002, il m'aurait fait gagner 17 ans de ma vie, c'est la moitié de mon silence presque", lance cette fois à Mgr Barbarin le plaignant, cramponné à la barre.

Cardinal Philippe Barbarin
Cardinal Philippe Barbarin ( Laurence SAUBADU, Paul DEFOSSEUX / AFP )

En 2010, en plein scandale de pédophilie en Irlande, le cardinal dit avoir convoqué le prêtre, à l'occasion d'un changement d'affectation, pour "avoir le cœur net" sur ces "rumeurs". Mais il maintient n'avoir alors rien su de précis, se contentant de croire Preynat quand celui-ci lui affirme que ses agissements ont cessé en 1991.

C'est en 2014, en rencontrant Alexandre Hezez, une victime de Preynat, que l'archevêque assure avoir appris le détail des abus et les dizaines de victimes.

"Les faits pour lui étaient prescrits et empêchaient une action devant la justice, j'ai donc agi devant mon autorité à moi, celle de Rome", se défend Philippe Barbarin. Preuve qu'il voulait que "la vérité soit dite", il dit avoir encouragé M. Hezez à trouver d'autres victimes, plus jeunes.

- Monopoly ? -

"C'est une transformation de la vérité, il ne m'a jamais, jamais, jamais demandé ça", lui rétorque Alexandre Hezez, qui avait finalement porté plainte auprès du parquet de Lyon en 2015. Déclenchant l'ouverture d'une enquête sur Preynat, dont neuf victimes ont ensuite poursuivi le Primat des Gaules pour non-dénonciation.

Poussé dans ses retranchements par les parties civiles, le cardinal s'est montré brouillon et répétitif dans ses réponses, évitant soigneusement d'employer le terme d'"abus sexuels", qui semble encore tabou dans sa bouche.

"On va essayer de clarifier" ce que vous saviez avant 2014, s'agace Me Jean Boudot. "Les rumeurs sur Preynat, c'était quoi ? Il leur apprenait à tricher au Monopoly ?". "C'était pas clair, donc voilà, personne ne m'a rien dit", répond le prélat.

"Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de dénoncer des faits à la justice ?", enchaîne Me Raphaëlle Hovasse. "Consulter le procureur, y compris le procureur général, pour savoir ce que je dois faire, oui cela m'est arrivé", concède-t-il.

"Consulter mais pas dénoncer", réplique l'avocate. "Et pourquoi ne l'avez-vous pas fait dans ce dossier, appeler le procureur ou lui écrire ?". "Je ne savais pas comment faire avec des faits anciens", justifie Barbarin, répétant son leitmotiv.

"Le plus simple, c'est de transmettre l'information à ceux dont c'est le métier d'enquêter", lui suggère alors une autre avocate des plaignants, Me Nadia Debbache.

Le prévenu se retranche aussi derrière le fait que "plein d'autres gens savaient". "Je pourrais vous donner les noms d'une quinzaine de familles qui regrettent aujourd'hui de n'avoir rien dit", assure-t-il, sans sourciller.

"Je trouve choquant qu'il se dédouane sur d'autres, sur des parents", réagit Pierre-Emmanuel Germain-Thill.

Le 7 mars, c'est bien au plus haut dignitaire de l'Église de France que le tribunal correctionnel avait infligé six mois de prison avec sursis, provoquant une onde de choc jusqu'au Vatican qui a refusé sa démission.

Le cardinal Barbarin arrive à la cour d'appel de Lyon le 28 novembre 2019
Le cardinal Barbarin arrive à la cour d'appel de Lyon le 28 novembre 2019 ( JEFF PACHOUD / AFP )

"Que le guide spirituel vienne faire valoir une prescription (des faits, ndlr) en cour d'appel, c'est un naufrage spirituel en fait. C'est ne rien avoir compris du message évangélique", a déploré avant l'ouverture des débats François Devaux, président de l'association de victimes La Parole libérée qui a porté la procédure.

Le procès doit s'achever vendredi après le réquisitoire et les plaidoiries de la défense.

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