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Paris: les enfants des rues de la Goutte d'Or, de jeunes Marocains qui défient toute prise en charge

| AFP | 553 | 3 par 1 internautes
D'où viennent les mineurs marocains de la Goutte d'Or ?
D'où viennent les mineurs marocains de la Goutte d'Or ? ( Thierry TRANCHANT / AFP )

La rue est leur maison et la délinquance leur quotidien: à Paris, les petits Marocains de la Goutte d'Or, drogués, abîmés, et mineurs pour beaucoup, inquiètent le voisinage et sont depuis deux ans un casse-tête pour les autorités.

Il est midi et une dizaine de jeunes s'invectivent, portable à la main, dans la laverie de la rue de Jessaint. Le passage d'un groupe de touristes asiatiques, cherchant le Sacré-Coeur, fait jaillir un adolescent qui mime une cigarette, insiste, puis esquisse un croc-en-jambe sur l'un des hommes avant de battre en retraite.

"Parfois ils sont d'une gentillesse incroyable, ils viennent demander de la monnaie, et parfois ils agressent", soupire Mehdi, un commerçant, qui se désole: "Le matin, ils sont drogués, ils tiennent à peine debout. Certains ont dix-douze ans !"

La scène est devenue banale dans ce quartier populaire où les "mineurs non accompagnés" (MNA) marocains sont apparus en 2016. Depuis, près de 300 jeunes seraient passés par le quartier. Tous ne sont pas mineurs, même si les carences donnent à beaucoup une apparence enfantine: sur une soixantaine de jeunes actuellement présents, une vingtaine seraient mineurs.

Se présentant sous une multitude de fausses identités, imperméables à la sanction, fracassés par la rue et la drogue, ils "échappent à toute prise en charge classique", résume Dominique Versini, adjointe à la lutte contre l'exclusion de la ville de Paris, dépassée par le phénomène.

Leur état sanitaire est déplorable: de la colle, ils sont passés au Rivotril (un antiépileptique) puis à des psychotropes plus puissants, et dans les squats "ils dorment dans des conditions inimaginables", raconte Chansia Euphrosine, du Centre d'action social protestant (CASP).

Mais ces jeunes sont aussi à l'origine d'"une délinquance massive", explique Laetitia Dhervilly, chef de la section des mineurs au parquet de Paris. Vols à la tire, cambriolages... Quelque 1.200 interpellations ont eu lieu depuis le début de l'année, "une hausse de 52%", indique-t-on place Beauvau.

- "Jambe arrachée" -

Quoique compréhensifs, les riverains fatiguent. "On a perdu notre clientèle", soupire Mehdi, le commerçant. "Tous les jours nous en croisons qui sont blessés ou portent des marques de coups - dont celui qui a eu la jambe arrachée par un train en fuyant après un cambriolage" - et "à longueur de nuit nous entendons leurs hurlements lorsqu'ils s'infligent des violences entre eux", s'inquiétait fin août un collectif de riverains.

Mais "le plus gros obstacle est de leur imposer le statut de victime qu'ils refusent", ajoute Mme Dhervilly, qui se souvient d'un jeune grièvement blessé et hospitalisé en urgence à Necker. "Le lendemain on me dit tout va bien, il a tout arraché et il est parti", ajoute-t-elle.

Quelle réponse, alors, apporter ? Partant du constat qu'il n'y a "pas de solution unique", la chef du parquet mineurs souligne que l'incarcération de ces mineurs "est possible, mais dans des conditions strictement encadrées par la loi".

Une chose est sûre, martèlent les intervenants: "Le soin est primordial". Il faut sevrer ces jeunes, avec leur accord, ce qui rend délicate l'hospitalisation sous contrainte. "L'éloignement dans des structures de protection de la jeunesse (...) a pu fonctionner pour certains jeunes", ajoute Mme Dhervilly.

En attendant, la Ville, responsable des mineurs en tant que département, a mandaté le CASP pour prendre en charge les mineurs, avec un centre d'accueil de nuit de 10 lits ouvert depuis décembre et un centre d'accueil de jour depuis mars.

Un travail difficile, et usant pour les éducateurs: "Pour les approcher on leur a proposé des douches, de la nourriture...", explique Chansia Euphrosine. Les efforts paient malgré tout: aujourd'hui, une dizaine de jeunes fréquentent l'accueil de jour et le CASP a beaucoup de demandes pour la nuit.

- "Mesure d'éloignement" -

Le but reste de faire entrer ces jeunes dans l'aide sociale à l'enfance. Et la Ville, qui s'agace de devoir débourser près de 500.000 euros pour financer le projet faute des financements promis par l'Etat, demande à passer à la vitesse supérieure.

Il faut "une structure ad hoc, de type centre éducatif fermé, avec un volet de soins important", explique Dominique Versini.

Un tel dispositif "n'est pas la solution envisagée par la Chancellerie", répond-on côté ministère de la Justice.

Fort de l'expérience des enfants roumains dans les années 2000, la France a mis sur pied un groupe mixte avec les autorités marocaines, qui ont envoyé une mission cet été pour "identifier" les jeunes, "rétablir" les liens familiaux "et quand cela s'avèrera possible, envisager le retour de ces jeunes au Maroc".

L'opération a permis d'identifier "52 personnes dont 40 majeurs", avec pour cinq d'entre eux (majeurs donc) une procédure d'éloignement en cours, indique-t-on à Beauvau.

Côté associatif, on s'inquiète: "Un mineur isolé ne peut faire l'objet d'une mesure d’éloignement exécutée sous la contrainte", rappelle le Gisti. Le Défenseur des droits Jacques Toubon "s'intéresse aussi au dispositif mis en place avec les autorités marocaines", indiquent ses services.

La Chancellerie se veut rassurante: les conditions du retour d'un mineur doivent être "conformes à son intérêt" et cela suppose notamment des "garanties" sur l'accueil de l'enfant dans son pays d'origine.

"Fin août, aucun retour au Maroc n'avait été prononcé par un juge des enfants parisiens", assure-t-on a Beauvau. D'ailleurs pour les 12 mineurs identifiés, "le travail pour retrouver les familles n'a pas abouti", ajoute-t-on.

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