5 390.46 PTS
+0.20 %
5 383.50
+0.18 %
SBF 120 PTS
4 288.02
+0.14 %
DAX PTS
13 059.84
+0.39 %
Dowjones PTS
23 557.99
+0.14 %
6 409.29
+0.36 %
Nikkei PTS
22 550.85
+0.12 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Paris, Le Caire, ventes d'armes et droits de l'homme

| AFP | 146 | Aucun vote sur cette news
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi aux Nations Unies à New York le 20 septembre 2017
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi aux Nations Unies à New York le 20 septembre 2017 ( ANGELA WEISS / AFP/Archives )

La visite en France du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dénoncé pour son bilan "catastrophique" en matière de droits de l'homme, est considérée par les ONG comme un test crucial pour Emmanuel Macron, sommé de mettre fin à la "scandaleuse tolérance" de Paris envers le Caire.

M. Sissi effectue à partir de lundi une visite officielle de trois jours et rencontrera pour la première fois mardi à l'Elysée M. Macron depuis qu'il a été élu président.

La France, qui entretient d'excellentes relations commerciales et sécuritaires avec l'Egypte, vue comme un "rempart" contre le terrorisme dans une région en constante ébullition, a promis que la situation en matière de droits de l'homme serait abordée dans cet entretien.

Mais plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, Amnesty International, la FIDH et Reporters sans frontières, ont souligné que l'Egypte connaît "la pire crise des droits humains depuis des décennies" et réclamé à la France des signes concrets pour mettre fin à son "silence", voire sa "tolérance".

"Ce sera pour nous un test diplomatique crucial. M. Macron fait des déclarations publiques fortes, des discours vibrants. Maintenant, il est urgent qu'il mette concrètement en actions ses discours", a déclaré la directrice France de HRW, Bénédicte Jeannerod, au cours d'une conférence de presse à Paris lundi. Elle a notamment demandé que le soutien de Paris au gouvernement égyptien soit lié à des améliorations tangibles dans le domaine des droits de l'homme.

"Nous comptons sur vous pour rappeler que la France ne cautionne pas les pratiques répressives de l'Egypte et estime que des réformes significatives en faveur des droits humains, de la démocratie et de la société civile doivent être engagées", ont souligné de leur côté dans une lettre conjointe à Emmanuel Macron les ONG EuroMed Droits, Coordination Sud, FIDH, l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme et RSF.

- ONG 'criminalisées' -

Elles appellent M. Macron à demander au président égyptien "de mettre un terme à la campagne de criminalisation des défenseurs (des droits humains)".

Depuis 2015, l'Egypte a conclu des contrats d'armement avec la France pour plus de six milliards d'euros, comprenant notamment 24 avions de combat Rafale, une frégate, deux porte-hélicoptères Mistral et des missiles.

M. Sissi doit rencontrer des entrepreneurs à l'occasion de sa visite. Il verra aussi des ministres, dont son "ami" Jean-Yves Le Drian, l'actuel chef de la diplomatie, qui a piloté ces ventes d'armes majeures avec le Caire lorsqu'il était ministre de la Défense sous l'ex-président François Hollande.

Dans une interview accordée lundi soir à la chaîne France-24, M. Sissi a affirmé qu'"il n y a pas de détenus politiques en Egypte", assurant que tous les détenus sont interrogés et déférés devant les tribunaux selon les procédures judiciaires normales.

Il a également confirmé qu'une "coordination existait" avec la France pour favoriser une solution politique en Libye, pays vers lequel les jihadistes vaincus en Syrie et en Irak "vont bouger", selon lui, de même que vers l’Égypte, le Sinaï et l'Afrique de l'ouest.

- 'Difficile équation' -

"L’Égypte souhaite atteindre l'équilibre nécessaire entre les droits et les devoirs des citoyens d'une part, et les défis sécuritaires de la lutte contre le terrorisme d'autre part", a encore déclaré le président égyptien dans une interview au quotidien Le Figaro, reconnaissant que "c'est une équation parfois difficile lorsque votre responsabilité est de sécuriser cent millions de citoyens."

A propos de l'islam, M. Sissi entend "corriger les interprétations erronées des préceptes religieux érigés en prétextes idéologiques pour justifier la violence et le terrorisme".

Pour la France, l’Égypte est "l'élément central de la stabilité régionale" et Paris travaille avec "dans un esprit de confiance et d'efficacité", selon un responsable gouvernemental, qui se défend de mettre la question des droits de l'homme sous le boisseau.

La rencontre entre MM. Macron et Sissi "permettra d’évoquer les sujets d’intérêt commun comme les crises régionales et la lutte contre le terrorisme, mais également la situation des droits de l’homme", indiquait la semaine dernière l'Elysée.

- Paris 'têtu mais discret' -

Toutefois, Paris revendique aussi la discrétion en la matière: "Si on arrive en leur disant ce n'est pas bien ce que vous faites, ce n'est pas efficace. Ce qui peut marcher, c'est d'évoquer des cas précis. Il faut être têtu mais discret", selon une source diplomatique.

"Il faut en parler publiquement", réplique Hussein Baoumi, responsable de campagne sur l’Egypte pour Amnesty International, pour qui "le silence des gouvernements étrangers" encourage la répression.

Mais pour Mohamed Zarea, vice-président de la FIDH, "la question n'est pas de critiquer, d'émettre des réserves, mais d'agir".

Abdel Fatah al-Sissi est arrivé au pouvoir en 2013, après avoir destitué le président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi. La répression s'est abattue en priorité sur les Frères musulmans, mais a touché peu à peu toute l'opposition, les médias, les ONG et la société civile.

"Il n'y a plus aucun espace pour la contestation, de quelque ordre qu'elle soit, en Egypte. Une seule opinion est permise, c'est l'opinion d'Etat", a dénoncé Hussein Baoumi.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE BOURSE DU MOMENT

Jusqu'à
1000 € OFFERTS

sur vos frais de courtage !*

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 30 novembre 2017

CODE OFFRE : RENTREE17

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : RENTREE17 lors de votre ouverture de compte.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 24/11/2017

      CASINO, GUICHARD-PERRACHON Société anonyme au capital de 169 825 403,88 EUR Siège social : 1, Cours Antoine Guichard 42000 SAINT-ETIENNE 554 501 171 R.C.S.…

Publié le 24/11/2017

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C a progressé de 100 en octobre par rapport à septembre en France, à 5 616 000 personnes, a annoncé le Ministère du travail. Il a…

Publié le 24/11/2017

  ACANTHE DEVELOPPEMENT Société Européenne au capital de 19 991 141 euros Siège social : 2 rue de Bassano - 75116 PARIS RCS PARIS 735 620 205 - SIRET 735 620 205 00121…

Publié le 24/11/2017

Fouad Chéhady est nommé responsable de la Transformation et de l’Excellence opérationnelle, membre du comité exécutif de Natixis. Il est rattaché à Laurent Mignon, Directeur général de…

Publié le 24/11/2017

Saint-Gobain a acquis 90% des actions d'Isoroc Pologne ainsi que la marque Isoroc en Europe. Saint-Gobain détient déjà la société Isoroc Russie et la marque correspondante depuis 2016. Isoroc…

CONTENUS SPONSORISÉS