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Bonbonnes de gaz à Paris: des suspects connus pour radicalisation, une cible qui interroge

| AFP | 502 | Aucun vote sur cette news
Immeuble parisien où la police a trouvé des bonbonnes de gaz équipées d'un dispositif de mise à feu, photographié le 3 octobre 2017
Immeuble parisien où la police a trouvé des bonbonnes de gaz équipées d'un dispositif de mise à feu, photographié le 3 octobre 2017 ( Martin BUREAU / AFP )

Des suspects connus pour leur radicalisation mais une cible qui interroge: les enquêteurs tentaient mardi de percer le mystère autour des bonbonnes de gaz équipées d'un dispositif de mise à feu découvertes ce weekend devant un immeuble d'un quartier cossu de Paris.

Cinq personnes, interpellées par les services antiterroristes en région parisienne et notamment dans les communes de l'Essonne d'Arpajon et Draveil, étaient toujours en garde à vue mardi matin, selon une source proche de l'enquête.

Parmi elles, "certaines sont connues des services spécialisés pour leur appartenance à la mouvance radicale", a-t-elle précisé à l'AFP.

Bonbonnes de gaz découvertes à Paris
Bonbonnes de gaz découvertes à Paris ( Simon MALFATTO / AFP )

"L'un était fiché au fichier FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, ndlr), ça veut dire radicalisé", a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur France Inter.

Le ministre n'a en revanche pas confirmé les affirmations du Point, qui a révélé l'affaire, selon lesquelles il y aurait eu plusieurs tentatives -vaines- de mise à feu.

Une enquête antiterroriste a été ouverte après la découverte de l'engin explosif artisanal dans la nuit de vendredi à samedi.

Un résident a alerté les secours après avoir aperçu, vers 04H30, deux bonbonnes dans le hall de son immeuble situé dans le XVIe arrondissement, dans le sud-ouest de la capitale.

Rue Chanez, dans l'Ouest parisien, où la police a trouvé une bombe artisanale, photographiée le 3 octobre 2017
Rue Chanez, dans l'Ouest parisien, où la police a trouvé une bombe artisanale, photographiée le 3 octobre 2017 ( Martin BUREAU / AFP )

La police a ensuite découvert deux autres bonbonnes disposées à l'extérieur de l'immeuble, sur le trottoir, avec des hydrocarbures dispersées autour de bonbonnes ainsi qu'un téléphone portable relié à des fils s'apparentant à "un dispositif de mise à feu".

"Les bonbonnes, l'essence, le dispositif de mise à feu, tout cela montre quelque chose de sophistiqué, d'abouti", a relevé la source proche de l'enquête.

- Escaliers arrosés d'essence -

La cible, un immeuble d'habitation dans un quartier calme de la capitale, interroge toutefois les enquêteurs.

"Est-ce que faire sauter un immeuble dans un quartier chic de Paris, c'était pas un signe que personne n'est en tranquillité et que cela ne se passe pas simplement dans la banlieue et les quartiers un peu populaires mais que cela peut se passer partout en France ?", s'est demandé Gérard Collomb.

"Nous sommes toujours en état de guerre", a-t-il martelé, alors que l'Assemblée nationale devrait approuver avec une large majorité mardi le projet de loi antiterroriste, destiné à renforcer l'arsenal législatif après la levée de l'état d'urgence au 1er novembre.

Dans le quartier où ont été découvertes les bonbonnes, les questions sont tout aussi nombreuses.

Attentats meurtriers en France depuis 2015
Attentats meurtriers en France depuis 2015 ( Paul DEFOSSEUX / AFP )

"C'est une chance inouïe" que les bonbonnes n'aient pas explosé, a déclaré à l'AFP une voisine de l'immeuble, qui n'a "pas dormi depuis samedi". "Pourquoi cet immeuble ? Pourquoi pas cet immeuble ? Pourquoi ? Et bien parce que ça n'arrive pas qu'aux autres", estime-t-elle, en invoquant "la loi de la fatalité".

"Evidemment ça m'étonne (que ce soit passé ici), c'est un quartier très calme", souligne Alain, un habitant de l'immeuble visé.

Des passagers devant la gare Saint-Charles à Marseille, où un Tunisien a poignardé à mort deux étudiantes de 20 ans, photographiés le 1er octobre 2017
Des passagers devant la gare Saint-Charles à Marseille, où un Tunisien a poignardé à mort deux étudiantes de 20 ans, photographiés le 1er octobre 2017 ( BERTRAND LANGLOIS / AFP/Archives )

"Il y avait de l'essence qui avait été répandue sur tous les escaliers", raconte-t-il: "Ça n'a pas explosé mais c'était fait pour que tout saute".

La France est touchée depuis janvier 2015 par une série d'attentats jihadistes qui ont fait 241 morts. La dernière attaque en date s'est déroulée dimanche, lorsqu'un homme a poignardé deux cousines de 20 ans, aux cris d'"Allah Akbar", sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille avant d'être abattu par une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

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