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Netanyahu dit vouloir annexer les colonies de Cisjordanie, son rival condamne

| AFP | 173 | Aucun vote sur cette news
Un orthodoxe juif marche devant une affiche électorale du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 1er avril 2019 à Jérusalem
Un orthodoxe juif marche devant une affiche électorale du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 1er avril 2019 à Jérusalem ( THOMAS COEX / AFP/Archives )

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué vouloir annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie, une prise de position jugée "irresponsable" par son principal rival Benny Gantz, à deux jours d'élections législatives qui pourraient s'avérer serrées.

M. Netanyahu a déclaré samedi soir vouloir annexer des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée en cas de réélection. "J'appliquerai la souveraineté (israélienne) sans faire de distinction entre les (plus grands) blocs de colonies et les colonies isolées", a-t-il affirmé sur la chaîne de télévision israélienne 12.

Interrogé sur sa propre position dans le cadre d'une interview au site d'information Ynet, Benny Gantz, le meneur de la coalition centriste "Bleu-Blanc", s'est demandé pourquoi M. Netanyahu n'était pas passé à l'acte "pendant les 13 années durant lesquelles il était au pouvoir", si telle était son intention.

"Je pense que s'exprimer sur un choix stratégique et historique dans le cadre d'une campagne électorale (...) est irresponsable", a-t-il ajouté, avant de se dire pour sa part opposé à toute décision "unilatérale".

"Nous ferons tout notre possible pour parvenir à un accord de paix régional et global tout en restant fidèles à nos principes", a expliqué l'ancien chef d'état-major.

Ces principes sont, selon lui: la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain, dont une partie se trouve en Cisjordanie occupée, ainsi que sur les blocs d'implantations en Cisjordanie et l'ensemble de Jérusalem.

Par le passé, M.Gantz s'est en revanche dit favorable à l'évacuation de certaines colonies.

Commentant la déclaration du Premier ministre israélien, un haut dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a estimé qu'elle n’était pas "surprenante".

"Israël va continuer à violer cyniquement la loi internationale aussi longtemps que la communauté internationale laissera l'Etat hébreu passer outre ses obligations en toute impunité, particulièrement avec le soutien de l'administration (américaine de Donald) Trump", a-t-il écrit sur Twitter.

Les colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont illégales au regard du droit international et une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix.

Leur annexion par Israël pourrait sonner le glas de la solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël.

La Turquie a vigoureusement dénoncé les déclarations de M. Netanyahu.

"La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël en violation du droit international", et ces propos qui "visent à glaner quelques voix (...) n'y changeront rien", a dit le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, sur Twitter.

Appel du pied

Le président américain Donald Trump (g) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 25 mars 2019 à la Maison Blanche, à Washington
Le président américain Donald Trump (g) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 25 mars 2019 à la Maison Blanche, à Washington ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

A trois jours des législatives, les propos du Premier ministre israélien semblent être un appel du pied aux électeurs de droite qui ne croient pas en la faisabilité de cette solution.

M. Netanyahu avait affirmé vendredi avoir dit à Donald Trump qu'Israël refuserait, dans le cadre d'un futur plan de paix, d'évacuer "ne serait-ce qu'une personne" des colonies en Cisjordanie.

Il a cependant dit douter que cela serait préconisé par le plan américain, qui doit être proposé dans la foulée des législatives.

"Et si (le plan propose le retrait des colonies), alors Israël n'y souscrira pas", avait-il prévenu.

Plus de 400.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, tandis que 200.000 autres habitent à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville sainte occupé et annexé par Israël.

Plateau du Golan
Plateau du Golan ( AFP / AFP/Archives )

Benjamin Netanyahu se targue régulièrement d'être proche du président Trump, tandis que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rompu ses relations avec Washington après la reconnaissance américaine fin 2017 de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Les Palestiniens accusent l'administration Trump de parti pris, ce qui discrédite selon eux les Etats-Unis dans leur rôle historique de médiateur.

Les efforts pour une paix israélo-palestinienne sont à l'arrêt depuis l'échec de l'administration de Barack Obama en 2014.

Donald Trump s'est montré samedi prudent sur l'issue des législatives israéliennes, prévoyant un scrutin "serré".

Benny Gantz, principal concurrent de Benjamin Netanyahu aux élections législatives israéliennes, le 6 avril 2019 à Rosh Haayin (Israël)
Benny Gantz, principal concurrent de Benjamin Netanyahu aux élections législatives israéliennes, le 6 avril 2019 à Rosh Haayin (Israël) ( JACK GUEZ / AFP )

"Au fait, qui va gagner la course? Je ne sais pas", a lancé M. Trump lors de la convention annuelle de la Republican Jewish Coalition à Las Vegas. "Je pense que ça va être serré", a-t-il ajouté. "Deux hommes bien, deux hommes bien", a-t-il poursuivi en référence à MM. Netanyahu et Gantz.

Mais il a rappelé qu'il était aux côtés du premier à la Maison Blanche le 25 mars "pour reconnaître la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée par l'Etat hébreu.

Cette reconnaissance a été perçue comme un coup de pouce supplémentaire de Donald Trump pour "Bibi" -le surnom de M. Netanyahu- dans la perspective des élections.

Les derniers sondages autorisés avant les législatives placent les listes de Benjamin Netanyahu et de Benny Gantz au coude à coude. Ils confèrent cependant l'avantage au Premier ministre sortant pour former le prochain gouvernement.

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