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Mondiaux d'athlétisme au Qatar: le patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, mis en examen à son tour

| AFP | 370 | Aucun vote sur cette news
Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi en conférence de presse, le 22 février 2019 à Paris
Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi en conférence de presse, le 22 février 2019 à Paris ( FRANCK FIFE / AFP/Archives )

Déjà confronté à une année noire pour son club, le patron du Paris SG, Nasser Al-Khelaïfi, également dirigeant de la chaîne beIN Sports, a été mis en examen pour "corruption active", dans l'enquête sur des soupçons de corruption en marge des candidatures de Doha aux Mondiaux d'athlétisme de 2017 et 2019.

Cette information judiciaire ouverte à Paris, qui vise également les conditions d'attribution des JO de 2016 et 2020, attribués respectivement à Rio et Tokyo, a connu un coup d'accélérateur ces dernières semaines, avec les mises en examen de plusieurs figures du monde sportif et médiatique.

Entendu en mars par le juge Renaud van Ruymbeke, Nasser Al-Khelaïfi ne s'est pas présenté le 16 mai à une nouvelle convocation et a été mis en examen par courrier, selon des sources concordantes.

Les magistrats financiers s'interrogent sur deux versements d'un total de 3,5 millions de dollars, réalisés à l'automne 2011 par la société Oryx Qatar Sports Investment (QSI) - dirigée par Khalid Al-Khelaïfi, le frère de Nasser - au profit d'une société de marketing sportif dirigée par Papa Massata Diack, fils de l'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme, Lamine Diack. Celui qui est surnommé "PMD" dans les médias a longtemps géré le dossier des droits marketing de l'IAAF.

A cette époque, Doha ambitionnait d'accueillir les Mondiaux d'athlétisme 2017, organisés par l'IAAF, et les JO-2020.

Les juges d'instruction financiers cherchent à déterminer si en contrepartie de ces versements, Lamine Diack, patron de l'athlétisme mondial de 1999 à 2015, a œuvré au report des dates d'organisation de ces deux compétitions, en raison des conditions météo du pays, et à l'obtention de votes de membres de l'IAAF en faveur du Qatar pour les Mondiaux.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, les avocats de Nasser Al-Khelaïfi, Me Francis Szpiner et Renaud Semerdjian, ont contesté toute malversation. Ils assurent que les fonds versés par Oryx étaient "parfaitement tracés" et que le patron de beIN Sports "n'a validé aucun paiement (...) en lien avec les faits allégués".

Compétence

"Nasser Al-Khelaïfi n'est ni un actionnaire ni un dirigeant de la société Oryx en 2011. Il n'intervient ni directement, ni indirectement, dans la candidature de la ville de Doha. (...) Ces faits ne le concernent pas", ont-ils insisté.

L'homme d'affaires qatari fut le co-actionnaire d'Oryx QSI, à égalité avec son frère Khalid, de novembre 2013 à fin 2014, donc après les virements pointés par le juge, ont fait valoir les avocats. Cette société est distincte du fonds souverain qatari Qatar Sports Investment, propriétaire du PSG.

Ils entendent par ailleurs faire reconnaître que les juges français ne sont pas compétents pour enquêter sur ces faits et que la prescription lui est acquise.

Dans ce dossier, un proche du dirigeant du PSG, Yousef Al-Obaidly, patron du groupe de médias beIN, a été mis en examen le 28 mars, également pour "corruption active".

Lamine Diack l'a, pour sa part, été pour "corruption passive". Son fils, réfugié au Sénégal, est par ailleurs visé depuis le 18 avril par un mandat d'arrêt pour des soupçons de "corruption passive" et de "blanchiment aggravé".

Le premier virement a été réalisé le 13 octobre 2011 et le second le 7 novembre 2011, soit quatre jours avant le vote de l'IAAF. C'est finalement Londres, entré dans la course après la capitale qatarie, qui avait remporté le ticket.

"Non remboursables"

Mais trois ans plus tard, Doha a obtenu l'organisation des Mondiaux d'athlétisme qui se tiendront du 27 septembre au 6 octobre, nouveau succès pour la diplomatie sportive de ce petit émirat gazier dont le point d'orgue a été l'obtention controversée de l'organisation du Mondial-2022 de football.

Ces versements étaient prévus dans un protocole d'accord passé avec la société de "PMD", Pamodzi, dans lequel Oryx Qatar Sports Investment s'engageait à acheter des droits TV et de sponsoring pour 32,6 millions de dollars mais à condition que Doha obtienne les Mondiaux-2017, selon une source proche du dossier.

Pamodzi agissait comme l'agent exclusif de l'IAAF et de Dentsu, géant japonais de publicité allié au groupe Suisse AMS, afin de commercialiser ces droits. Selon l'entourage de Nasser Al-Khelaïfi, 3,2 millions de dollars leur ont été reversés, laissant 300.000 euros de commission à Pamodzi.

Ce contrat stipulait que les paiements effectués avant la décision de l'IAAF du 11 novembre 2011 étaient "non remboursables", ce qui a intrigué la justice française.

Chargés d'enquêter sur un pacte de corruption entre le sommet de l'IAAF et la Russie pour étouffer des cas de dopage, les juges ont démêlé l'écheveau de virements suspects, qui sous couvert d'actions de lobbying ou de contrats de marketing sportif, ont fini par éclabousser les JO de Rio et de Tokyo et les Mondiaux d'athlétisme au Qatar. Point commun à toutes ces affaires: "PMD".

Dans le dossier de l'IAAF, le parquet vient de demander un procès pour Lamine Diack, son fils et quatre autres protagonistes. Il reste un peu plus d'un mois au juge Van Ruymbeke pour rendre sa décision, avant sa retraite fin juin.

Depuis Dakar, "PMD" a toujours réfuté les accusations de corruption mais la justice française n'a jamais pu l'entendre malgré un mandat d'arrêt international le visant.

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