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Sous pression, le gouvernement va ouvrir deux nouveaux centres pour les migrants de Calais

| AFP | 644 | Aucun vote sur cette news
Des migrants au bord d'une route menant au port de Calais, dans les Hauts-de-France, le 3 juillet 2017
Des migrants au bord d'une route menant au port de Calais, dans les Hauts-de-France, le 3 juillet 2017 ( DENIS CHARLET / AFP/Archives )

Huit mois après le démantèlement de la "Jungle", le gouvernement va ouvrir deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France, afin de faire baisser la pression à Calais (Pas-de-Calais), où les candidats à l'exil subissent des "traitements inhumains" selon le Conseil d'État.

"Nous ne voulons pas recommencer les mauvaises expériences du passé et nous ouvrirons deux centres assurant l'hébergement et l'examen des situations de ces personnes", a annoncé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, lundi lors d'une conférence de presse.

Les deux centres seront situés à Troisvaux (Pas-de-Calais) - où une vingtaine de réfugiés sont déjà accueillis, selon le maire - et Bailleul (Nord). Ils disposeront à eux deux de 300 places et devraient ouvrir "dans les 10 jours qui viennent".

Pour le gouvernement, l'équation à Calais, où viennent de nouveau errer des centaines de migrants avec l'espoir de gagner l'Angleterre, est toujours aussi complexe.

Des migrants au bord d'une route près du Port de Calais, dans les Hauts-de-France, le 3 juillet 2017
Des migrants au bord d'une route près du Port de Calais, dans les Hauts-de-France, le 3 juillet 2017 ( DENIS CHARLET / AFP/Archives )

Le ministre de l'Intérieur ne veut pas revoir ce qu'il avait qualifié en juin d'"abcès de fixation", semblable à la "Jungle" de Calais. Apparu au printemps 2015, ce gigantesque bidonville avait compté des milliers de migrants jusqu'à son démantèlement fin octobre 2016. Mais les autorités sont aussi sommées de répondre à la grave situation humanitaire sur place.

Et le président Emmanuel Macron a fixé, jeudi à Orléans, un cap ambitieux: il a promis qu'il n'y aurait "d'ici la fin de l'année (...) plus personne dans les rues, dans les bois".

Aujourd'hui, à Calais, il y a "environ 350 à 400 migrants", selon M. Collomb. Mais une estimation du rapporteur public du Conseil d'État faisait état de 400 à 700 personnes, dont une centaine de mineurs.

Un système d'information et de maraude sera mis en œuvre pour amener ces migrants vers les deux nouveaux centres d'accueil.

"Un premier pas important", a jugé lundi Didier Degrémont, du Secours catholique, interrogé par l'AFP. Mais Christian Salomé, de l'Auberge des migrants, une autre association très active sur place, s'est montré plus réservé à l'égard de la création de nouvelles structures, prônant plutôt des "couloirs humanitaires" vers l'Angleterre.

- Rapport sur les violences policières -

Le gouvernement a annoncé la création de ces deux centres quelques heures après une décision du Conseil d'État, qui a validé lundi des mesures d'aide aux migrants à Calais, contre le souhait du ministère de l'Intérieur et de la ville.

La plus haute juridiction administrative, déplorant des "traitements inhumains et dégradants", a en effet donné son feu vert à l'ordonnance du tribunal administratif de Lille.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lors d'une conférence de presse à Paris le 31 juillet 2017
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lors d'une conférence de presse à Paris le 31 juillet 2017 ( Lionel BONAVENTURE / AFP )

S'il avait écarté fin juin la création d'un nouveau centre d'accueil d'urgence pour migrants à Calais, le tribunal, saisi par onze associations et une cinquantaine de migrants, avait ordonné à l'État et à la commune de mettre en place des mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d'eau et de sanitaires.

Le Conseil d'État a dressé un constat alarmant des conditions de vie des migrants, évoquant leur "état de dénuement et d'épuisement": faute de point d'eau, ils ne peuvent "ni se laver ni laver leurs vêtements" et "souffrent en conséquence de pathologies telles que la gale ou des impétigos", entre autres.

Les associations d'aide aux migrants ont salué la décision du Conseil d'État, et le ministre de l'Intérieur a promis que serait "rapidement" assuré "un meilleur accès à l'eau".

Mais la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a dénoncé une "injustice" et averti qu'elle ne se plierait pas "aux injonctions" de la justice administrative.

Confronté à de graves accusations de violences policières à l'égard des migrants dans cette commune, M. Collomb a aussi annoncé qu'il avait demandé un rapport à ses services, "afin de disposer d'une vision impartiale de la situation".

Selon l'ONG Human Rights Watch, l'usage de gaz poivre contre les migrants est "routinier" à Calais.

"Dans les forces de sécurité, il n'existe pas d'usage du gaz poivre", a affirmé le ministre, tout en reconnaissant qu'"il peut y avoir quelques dérapages individuellement".

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