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Allemagne: Merkel et les sociaux-démocrates se rapprochent peu à peu

| AFP | 473 | Aucun vote sur cette news
La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse le 27 novembre 2017 à Berlin
La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse le 27 novembre 2017 à Berlin ( John MACDOUGALL / AFP )

Le camp conservateur d'Angela Merkel et les sociaux-démocrates se dirigent lentement mais sûrement vers des pourparlers "sérieux" en vue de former un gouvernement pour sortir l'Allemagne de la crise et répondre à l'impatience grandissante du reste de l'Europe.

"Nous sommes prêts à engager des discussions avec le SPD", a déclaré lundi la chancelière allemande après avoir obtenu le feu vert officiel de son parti démocrate-chrétien CDU en vue de proposer des pourparlers au parti social-démocrate (SPD). Elle a déjà gouverné à deux reprises avec lui (2005-2009, puis 2013-2017).

Après l'échec des négociations avec les Libéraux du FDP et les écologistes, cette alliance est la seule encore possible pour former une majorité à la chambre des députés issue des législatives du 24 septembre, qui n'ont vu aucune majorité claire se dessiner.

A l'issue d'une réunion de la direction de son parti, Mme Merkel a promis des pourparlers "sérieux" et "loyaux" qui doivent tendre au "succès".

"Il y a maintenant une proposition de pourparlers" sur la table, a-t-elle ajouté. Elle doit rencontrer jeudi pour la première fois sur ce sujet le chef du SPD, Martin Schulz, dans le bureau du président Frank-Walter Steinmeier, qui joue le rôle de médiateur.

- 'Grandes attentes' -

Martin Schulz a pendant longtemps refusé toute idée d'une poursuite de l'alliance avec les conservateurs au gouvernement et opté pour une cure d'opposition de son mouvement à la suite d'une cuisante défaite aux élections de septembre. Mais face à la crise politique inédite que traverse le pays, il a dû céder sous la pression de plusieurs responsables de son mouvement et surtout du chef de l'Etat, lui-même social-démocrate.

Le président du parti social-démocrate, Martin Schulz à Berlin, le 24 novembre 2017
Le président du parti social-démocrate, Martin Schulz à Berlin, le 24 novembre 2017 ( John MACDOUGALL / AFP/Archives )

"Si le président nous prie jeudi de mener des négociations, alors je crois que je dirai oui", a indiqué lundi M. Schulz lors d'une conférence de presse.

"Je crois que les événements des dernières semaines nous ont tous surpris et que nous sommes désormais dans un processus dont on ne peut pas dire où il finira", a ajouté M. Schulz pour expliquer sa volte-face, qui le fragilise avant un congrès de son parti la semaine prochaine.

Officiellement, le SPD assure envisager toute les options, y compris celle d'un soutien à un gouvernement minoritaire d'Angela Merkel. Mais la chancelière ne veut pas entendre parler de cette solution. Du coup, la perspective d'une poursuite de la coalition actuelle apparaît désormais comme probable.

Le contexte européen et les inquiétudes que font naître le vide politique en Allemagne jouent un rôle d'aiguillon dans le pays.

"Il y a en Europe de grandes attentes à des questions urgentes", a argumenté Angela Merkel pour justifier la nécessité d'avancer vers la constitution d'un gouvernement "stable".

Les Européens attendent que Berlin "se positionne" et "tire des conclusions" après les propositions du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, et celles du chef de l'Etat français Emmanuel Macron sur la relance du projet européen, a-t-elle dit.

- SMS de Tsipras -

M. Macron a en particulier proposé des réformes de la zone euro, avec la création d'un ministre des Finances et d'un budget, idées très controversées en Allemagne.

L'UE s'inquiète de manière générale d'un blocage de la vie politique allemande à l'heure où elle a déjà fort à faire avec les négociations compliquées du Brexit.

"C'est pourquoi, en raison aussi des conflits au Proche-Orient, en raison de la situation en Russie, aux Etats-Unis, il est bon, je crois, que l'Allemagne soit en capacité d'agir", a ajouté Mme Merkel.

"Il est clair qu'actuellement, toute l'Europe regarde vers l'Allemagne", lui a fait écho Martin Schulz. Il a confié avoir même reçu un SMS du Premier ministre grec Alexis Tsipras l'exhortant au compromis avec Mme Merkel.

Reste que l'Allemagne et ses partenaires vont devoir encore s'armer de patience: selon la vice-présidente de la CDU Julia Klöckner, les pourparlers sur un possible gouvernement, si une décision est prise en ce sens, ne devraient débuter que "début 2018" du fait des congés de fin d'année et des obstacles à surmonter auparavant.

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