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Entre Merkel et Netanyahu, constat de désaccord sur la méthode vis-à-vis de l'Iran

| AFP | 322 | 5 par 1 internautes
La chancelière allemande Angela Merkel participe à une cérémonie au mémorial de la Shoa à Jérusalem, le 4 octobre 2018
La chancelière allemande Angela Merkel participe à une cérémonie au mémorial de la Shoa à Jérusalem, le 4 octobre 2018 ( DEBBIE HILL / POOL/AFP )

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont proclamé jeudi leur objectif commun d'empêcher l'Iran d'acquérir la bombe atomique, tout en constatant leur désaccord sur la méthode.

"Nous croyons très fermement avec Israël (...) qu'on doit tout faire pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire", a dit Mme Merkel au côté de M. Netanyahu devant la presse à Jérusalem. "Là où nous ne sommes pas toujours d'accord, c'est sur le moyen d'y parvenir".

Objet du différend: l'accord nucléaire conclu en 2015 entre la République islamique et plusieurs grandes puissances, dont l'Allemagne et les Etats-Unis.

Mme Merkel défend l'accord, tout en reconnaissant qu'il n'est pas parfait. M. Netanyahu a milité sans relâche pour son abrogation et ne cesse d'applaudir à la décision de l'administration Trump de s'en retirer.

Israël considère l'Iran comme la principale menace pour sa sécurité, refusant de croire au caractère proclamé civil de son programme nucléaire et s'alarmant de son expansion régionale et de son engagement militaire chez le voisin syrien.

Non seulement l'accord "ouvrait la voie (de l'Iran) à un arsenal nucléaire", mais il mettait des "milliards de dollars" à sa disposition, a dit M. Netanyahu. "Cet argent n'a pas servi à améliorer la vie des Iraniens, mais à financer la machine de guerre iranienne, dédiée à conquérir tout le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

M. Netanyahu et Mme Merkel ont admis leurs divergences sur ce sujet et d'autres, mais ont préféré mettre en exergue leurs convergences.

Mme Merkel a souligné à plusieurs reprises la réalité du "danger" que représentait pour Israël la présence iranienne en Syrie, et affirmé la nécessité de ramener cette influence "le plus près possible de zéro".

L'Allemagne passe pour le principal allié d'Israël parmi les grandes puissances européennes. Mais les liens ont connu des accrocs, et même une crise ouverte en 2017.

Berlin avait à l'époque annulé les consultations gouvernementales annuelles. L'adoption par Israël d'une loi favorisant la colonisation et l'exaspération devant le comportement du gouvernement réputé le plus à droite de l'histoire d'Israël passent pour avoir motivé la décision allemande.

Ce sont précisément ces consultations, en place depuis dix ans, qui ont repris avec la visite de Mme Merkel, accompagnée pour 24 heures de plusieurs ministres et d'une importante délégation.

Mme Merkel a invoqué la période nazie, pour dire la force de la relation particulière entre les deux pays, largement construite sur les cendres de l'histoire.

- "Conditions impossibles" -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (G) et la chancelière allemande Angela Merkel (C) au musée d'Israël, à Jérusalem le 4 octobre 2018
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (G) et la chancelière allemande Angela Merkel (C) au musée d'Israël, à Jérusalem le 4 octobre 2018 ( ABIR SULTAN / POOL/AFP )

Visitant le mémorial de la Shoah, elle a noté que 80 ans plus tôt presque jour pour jour, l'Allemagne était le théâtre, avec la nuit de Cristal, d'une éruption de violence antisémite préfigurant le génocide juif.

De cette période "découle la responsabilité perpétuelle de l'Allemagne d'entretenir la mémoire de ce crime et de s'opposer à l'antisémitisme, à la xénophobie, à la haine et à la violence", a-t-elle écrit dans le livre d'honneur du mémorial.

La visite de Mme Merkel en Israël intervient dans un contexte d'inquiétude devant une résurgence de l'antisémitisme dans son pays. Mme Merkel ne l'a pas niée, mais M. Netanyahu s'est répandu en éloges sur l'engagement "inflexible" de son hôte pour la reconnaissance de la vérité historique et contre l'antisémitisme.

Lutte contre l'antisémitisme, mais aussi économie, innovation et coopération donnant lieu à la signature de plusieurs accords ont dominé l'agenda des consultations.

Sur le conflit israélo-palestinien, Mme Merkel et M. Netanyahu ont fourni le service minimum, alors que les perspectives diplomatiques sont particulièrement sombres.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (C-D) et la chancelière allemande Angela Merkel (C-G) rencontrent des hommes d'affaires israéliens et allemands à Jérusalem, le 4 octobre 2018
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (C-D) et la chancelière allemande Angela Merkel (C-G) rencontrent des hommes d'affaires israéliens et allemands à Jérusalem, le 4 octobre 2018 ( ABIR SULTAN / POOL/AFP )

Mme Merkel a répété son attachement à une solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël. Elle a exprimé, sans s'étendre publiquement, sa préoccupation devant la poursuite de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens.

M. Netanyahu a accusé l'Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas d'essayer d'imposer des "conditions impossibles" à Israël.

Le sort du village palestinien de Khan al-Ahmar semble avoir été mis en suspens pour la circonstance.

La destruction de ce village bédouin de Cisjordanie occupée juste avant ou pendant la visite de Mme Merkel aurait risqué de tourner à l'incident diplomatique, tant les Européens sont soucieux du message qu'elle adresserait, sur le traitement de ces minorités, sur la colonisation et sur l'idée d'un futur Etat palestinien.

Les habitants de Khan al-Ahmar ont signalé qu'ils comptaient sur l'intercession de Mme Merkel.

Mais, selon la chancelière, il est "absolument faux" de dire que Berlin a conditionné sa venue à la non-destruction du village avant ou pendant sa visite.

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