En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 840.38 PTS
-0.15 %
4 828.50
-0.34 %
SBF 120 PTS
3 859.34
-0.23 %
DAX PTS
11 071.54
-0.17 %
Dowjones PTS
24 444.63
+0.16 %
6 622.57
-0.36 %
1.139
+0.24 %

"Menteur": le cardinal Barbarin accablé par la partie civile

| AFP | 448 | 3.67 par 3 internautes
Le cardinal Philippe Barbarin à son procès, à Lyon, le 7 janvier 2019
Le cardinal Philippe Barbarin à son procès, à Lyon, le 7 janvier 2019 ( JEFF PACHOUD / AFP )

"La vérité vous rendra libre": jugé pour ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile, le cardinal Philippe Barbarin a cité l'Evangile pour assurer qu'il n'a jamais rien caché. Mais les parties civiles, convaincues qu'il ment sur son rôle dans l'affaire, l'ont accablé.

"Je dis, cardinal Barbarin, que vous êtes un menteur quand vous dites que vous avez appris en 2014 l'étendue des dégâts", a lancé mercredi Me Jean Boudot lors des plaidoiries au tribunal correctionnel.

Pour lui, "la chose est certaine": l'archevêque de Lyon a su, dès 2010 au moins, ce qu'il en était des agressions sexuelles commises par le père Bernard Preynat sur de jeunes scouts avant 1991.

Pourtant, la procureure adjointe Charlotte Trabut n'a requis aucune condamnation mercredi contre le cardinal et les cinq anciens membres de son diocèse pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs.

Cette position était attendue, puisque dans la droite ligne du classement sans suite de l'affaire à l'été 2016 après une enquête préliminaire sur les mêmes faits. Le procès n'a dû sa tenue qu'à la citation directe lancée par neuf plaignants.

Pendant son interrogatoire le primat des Gaules a soutenu n'avoir eu vent que de "rumeurs" avant de rencontrer pour la première fois une victime du prêtre, Alexandre Hezez, en novembre 2014.

En 2010 pourtant, Mgr Barbarin avait "convoqué" le père Preynat pour obtenir des explications. Mais sans en apprendre assez pour le dénoncer à la justice, selon ses dires.

Les parties civiles sont convaincues du contraire: le prêtre a déclaré à la police avoir répondu aux questions du cardinal pendant "une petite heure".

Ce n'est pas le seul mensonge qu'elles reprochent au prélat. "Quand le cardinal Barbarin a l'invraisemblable audace de soutenir que c'est grâce à lui que l'action contre le père Preynat est partie, je vous dis qu'il ment encore", martèle Me Boudot.

Mardi, Mgr Barbarin s'était levé pour assurer avoir agi "à la seconde" contre le prêtre après sa rencontre avec M. Hezez, en 2014. Et avoir encouragé ce dernier, dont les agressions étaient prescrites, à trouver d'autres victimes, plus récentes, pour pouvoir porter plainte contre le père Preynat.

Là encore, les parties civiles ne le croient pas.

"Gangrène"

Elles en veulent pour preuve, notamment, des courriels échangés en 2015 entre l'archevêque et le supérieur hiérarchique direct du prêtre, le vicaire Xavier Grillon, autre mis en cause: ils trahissent leur inquiétude à l'idée que M. Hezez puisse agir en justice.

"Là, vous êtes effectivement en train d'éviter le scandale public", estime Me Boudot. Allusion à une consigne donnée par le Vatican, fin 2014, d'écarter le père Preynat discrètement. Ce prêtre, mis en examen en 2016, n'a été suspendu de ses fonctions que quelque mois avant, en septembre 2015.

"Qu'est-ce que les paroissiens vont penser ? Voilà la préoccupation du moment (...) Il ne faut pas que ça sorte; il faut que ça reste entre nous", abonde Me Emmanuelle Haziza. "La plaie ouverte, c'est Preynat et la gangrène, c'est vous", a même osé Me Elsa Loizzo.

Pour Me Nadia Debbache, "les mentalités n'ont absolument pas changé dans l'Eglise" depuis la condamnation de l'évêque Pican, en 2001 à Caen, dans un dossier similaire, malgré "toute une batterie de textes" incitant à ne plus fermer les yeux.

Pire, "les victimes n'ont pas été protégées et on a donné plus de crédit à (leur) agresseur", en maintenant le père Preynat en fonctions jusqu'en septembre 2015, alors que la hiérarchie catholique avait été alertée dès 1991, assure-t-elle. Le découvrir fut un "choc" pour les plaignants.

"On est dans une tradition du silence, qui fait partie de l'histoire de l'Eglise catholique", juge encore l'avocate.

Les avocats de la défense, qui continueront de plaider jeudi, soutiennent que l'infraction de non-dénonciation n'est pas constituée, dès lors que les victimes étaient en capacité de porter plainte elles-mêmes.

C'est "tordre la réalité juridique de cette infraction", selon Me Alexis Chabert, avocat de l'ex-directeur de cabinet du cardinal, Pierre Durieux.

Quant à Régine Maire, chargée à l'époque d'écouter les victimes de prêtres, l'accuser "d'avoir participé à une conspiration est erroné et infamant", s'est emporté son défenseur, Me Xavier Vahramian.

Mais pour les avocats des parties civiles, les victimes étaient enfermées dans la honte et le silence; la parole ne s'est "libérée" que lorsque l'une d'elles a eu le courage d'agir en justice.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
3 avis
Note moyenne : 3.67
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE ASSURANCE VIE

BOURSE DIRECT HORIZON

Découvrez le nouveau contrat d'assurance vie de Bourse Direct

JUSQU'A 170 € DE PRIME OFFERTE*
OU 500 € OFFERTS* EN FRAIS DE COURTAGE

* SOUS CONDITIONS

Pour toute 1ère adhésion au contrat d’assurance vie Bourse Direct Horizon avant le 31 mars 2019 inclus, avec un versement initial investi à 20% minimum sur un (ou des) support(s) d'investissement en unités de compte non garantis en capital.

Je profite de l'offre

Ce contrat présente un risque de perte en capital.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 23/01/2019

SNCF Transilien et MND Group, spécialiste du transport par câble à travers sa filiale LST, s’associent pour concevoir et promouvoir des solutions de transport par câble sur certains pôles…

Publié le 23/01/2019

Voltalia a réalisé au quatrième trimestre 2018 un chiffre d'affaires de 51,4 millions d'euros, en baisse de 4 %. A taux constant, les ventes ont ont grimpé de 7 %. Sur l'année, le chiffre…

Publié le 23/01/2019

FONCIÈRE EURIS Société Anonyme au capital de 149 158 950 euros 83, rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 Paris 702 023 508 RCS PARIS     Paris, le 23 janvier…

Publié le 23/01/2019

Pour l'année 2018, le chiffre d'affaires de Seb s'établit à 6...

Publié le 23/01/2019

JCDecaux annonce qu’Hannelore Majoor a été nommée directrice générale de sa filiale néerlandaise, JCDecaux Pays-Bas. Hannelore Majoor a débuté sa carrière chez JCDecaux en octobre 2016 en…