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Mary Quant, la reine de la minijupe

| AFP | 202 | Aucun vote sur cette news
Des créations de la styliste londonienne  Mary Quant exposées au Victoria and Albert Museum à Londres, photographiées le 3 avril 2019
Des créations de la styliste londonienne Mary Quant exposées au Victoria and Albert Museum à Londres, photographiées le 3 avril 2019 ( Adrian DENNIS / AFP )

Figure des "Swinging Sixties", la styliste londonienne Mary Quant, qui a révolutionné la mode en créant des vêtements branchés mais confortables pour les femmes et popularisé la minijupe, est au coeur d'une exposition au musée V&A à Londres.

Si son titre de créatrice de la minijupe a fait l'objet de nombreuses querelles, notamment avec le Français André Courrèges, la Britannique a sans nul doute participé à la promotion internationale des coupes courtes et moulantes.

La personnalité et le style si reconnaissable de Mary Quant, avec sa fameuse frange brune sculptée par Vidal Sassoon, ont contribué à faire d'elle l'une des créatrices de mode les plus célèbres du Royaume-Uni.

Parmi la centaine de pièces exposées au V&A, du 6 avril au 16 février 2020, 35 ont été données par des femmes qui les ont portées. Un imperméable en plastique rouge pétant avec un col blanc, de 1966, a ainsi habillé deux générations de la famille de Lady Michaelle St. Vincent. Une robe de cocktail courte violette a accompagné Nicky Hessenberg dans "l'épreuve" de ses toutes premières soirées "d'adultes".

Née le 11 février 1934 à Londres, Mary Quant fait ses débuts dans la mode avec celui qui allait devenir son mari, Alexander Plunket Greene.

Mary Quant pose le 16 novembre 1966 avec l'Ordre de l'empire britannique remis par la reine Elizabeth II.
Mary Quant pose le 16 novembre 1966 avec l'Ordre de l'empire britannique remis par la reine Elizabeth II. ( STAFF / CENTRAL PRESS/AFP )

En 1955, le couple ouvre, avec un ami, sa première boutique, "Bazaar", dans le quartier de Chelsea alors en pleine ébullition. Le magasin de vêtements et accessoires, ainsi que le restaurant en sous-sol, deviennent le point de ralliement des jeunes et des artistes. On y retrouve Brigitte Bardot, Audrey Hepburn, les Beatles ou les Rolling Stones.

"Dégoûtant!"

"Les messieurs en chapeau melon frappaient sur notre vitrine avec leurs parapluies en criant: +immoral!+ et +dégoûtant!+ à la vue de nos minijupes sur les collants mais les clients affluaient pour acheter", écrivait-elle dans sa dernière autobiographie (2012).

King's Road, où était installée la boutique, devient un lieu de défilé dans une atmosphère de fête permanente caractéristique de ce "Swinging London" dont Carnaby Street à Soho est un autre point névralgique.

Forte de son succès, la styliste ouvre un second magasin londonien, collabore avec la chaîne américaine de grands magasins JC Penney et lance une ligne accessible au plus grand nombre, The Ginger Group.

Adepte des formes géométriques, des pois, des contrastes de couleurs et des jeux de matières, comme le PVC, Mary Quant promeut une mode ludique et sans snobisme.

"Il se trouve que mes vêtements collaient exactement avec la mode adolescente, avec la pop, les bars à expresso et les clubs de jazz", commentait-elle dans "Quant by Quant", sa première autobiographie parue en 1965.

Ses créations, aux coupes volontiers androgynes, sont pensées pour être confortables et "libérer physiquement" des femmes "qui travaillaient de plus en plus", note Jenny Lister, conservatrice de l'exposition au musée V&A.

Son oeuvre "montre comme la mode peut refléter les changements sociaux et comme la mode peut, peut-être, les provoquer", poursuit-elle.

Vivant dans le Surrey (sud de l'Angleterre), Mary Quant ne faisait que de rares apparitions publiques. Mariée à Alexander Plunket Greene, mort en 1990, elle a un fils, Orlando. Elle avait vendu en 2000 à des Japonais sa société de cosmétiques, dont le logo, une fleur, est resté sa marque de fabrique.

La styliste britannique  Mary Quant montre une de ses créations à Paris, le  17 juin 2004
La styliste britannique Mary Quant montre une de ses créations à Paris, le 17 juin 2004 ( PIERRE VERDY / AFP )

Interrogée l'année de ses 80 ans, elle confessait une certaine nostalgie pour "l'effervescence et l'innovation" du Londres des années 1960 mais jugeait qu'il était "merveilleux d'être une femme à l'heure actuelle".

"Une nouvelle espèce de superwomen est apparue", se réjouissait-elle dans son autobiographie. "Elles évoluent comme des athlètes et s’assoient comme des hommes, avec les genoux écartés. Leurs enfants prennent le nom de leur mère (...) Elles ont le contrôle".

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