5 366.15 PTS
+0.48 %
5 362.00
+0.52 %
SBF 120 PTS
4 270.60
+0.45 %
DAX PTS
13 167.54
+0.83 %
Dowjones PTS
23 591.71
+0.69 %
6 373.53
+1.03 %
Nikkei PTS
22 416.48
-
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Liban: le Hezbollah, acteur régional et "carte maîtresse" de l'Iran

| AFP | 85 | Aucun vote sur cette news
Des supporters du mouvement chiite libanais Hezbollah lors d'un rassemblement à Baalbeck, le 31 août 2017
Des supporters du mouvement chiite libanais Hezbollah lors d'un rassemblement à Baalbeck, le 31 août 2017 ( STRINGER / AFP )

Le mouvement chiite libanais Hezbollah, qui a été dénoncé par le Premier ministre Saad Hariri pour son rôle régional, a étendu son influence au Moyen-Orient ces dernières années, s'engageant dans plusieurs conflits à la demande de l'Iran, dont il est une "carte maîtresse" d'après des experts.

M. Hariri, qui a annoncé sa démission surprise le 4 novembre depuis l'Arabie saoudite, a dénoncé avec virulence les ingérences dans les pays arabes de l'organisation armée chiite, poids lourd de la vie politique au Liban.

Et la nouvelle crise politique qui frappe ce pays semble directement liée à la colère de Ryad vis-à-vis du Hezbollah, "instrument" de l'expansion régionale iranienne, notamment en Syrie et au Yémen, selon des experts.

Alors que le Hezbollah représente une "carte maîtresse" pour Téhéran dans la région, "cette démission marque la volonté saoudienne de mettre le holà aux avancées iraniennes", confirme Karim Bitar, expert en relations internationales.

Les deux puissances régionales sont engagées depuis des décennies dans une lutte d'influence.

Le Hezbollah, créé dans les années 1980 pour lutter contre l'intervention puis l'occupation israélienne au Liban --qui se poursuivra jusqu'en 2000--, reçoit de longue date un soutien financier et militaire de l'Iran.

Classé "organisation terroriste" par Ryad et Washington, cible de sanctions économiques américaines, il est aujourd'hui un acteur incontournable des conflits qui ravagent le Moyen-Orient.

- 'Expertise militaire' -

Un portrait du chef du mouvement chiite Libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans le village de Adshit (sud), le 5 novembre 2017
Un portrait du chef du mouvement chiite Libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans le village de Adshit (sud), le 5 novembre 2017 ( Mahmoud ZAYYAT / AFP )

"A travers le Hezbollah, l'Iran a pu opérer sur plusieurs fronts régionaux. Le groupe a été très utile pour propager l'influence iranienne", assure Hilal Khashan, professeur de Sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth.

D'après l'expert, le mouvement --"l'instrument le plus important de l'Iran dans la région"-- a formé en Irak les très influentes milices chiites du Hachd al-Chaabi.

Il a des "agents" au Yémen, où les rebelles chiites houthis sont la cible d'une offensive de Ryad.

Mais surtout, "il apporte une expertise militaire au régime syrien", selon M. Khashan.

En Syrie, ravagée par un conflit meurtrier depuis 2011, le Hezbollah est un allié indéfectible du président Bachar al-Assad.

"Militairement, le Hezbollah s'est aguerri en Syrie. Il a acquis des capacités offensives, pas uniquement celles d'un mouvement de contre-insurrection", confirme M. Bitar.

Pour Joseph Bahout, analyste à la Fondation Carnegie, le Hezbollah est même devenu aujourd'hui "un modèle pour toute les mini-forces dans la région", ainsi pour les rebelles houthis du Yémen.

Le mouvement armé est "le joyau de la couronne, la force" qui a permis à l'Iran de devenir, ces trente dernières années, "la plus grande puissance au Levant", précise-t-il.

Rompant son silence une semaine après sa démission, M. Hariri a dénoncé dimanche les ingérences du Hezbollah dans les pays arabes.

"Je dis au Hezbollah, il est de votre intérêt, si on veut préserver le Liban, d'abandonner certains théâtres où vous vous ingérez", a souligné celui dont la démission n'a pas encore été à ce jour acceptée par le président Michel Aoun.

"L'Arabie saoudite avait-elle, à n'importe quel moment, une quelconque position vis-à-vis du Hezbollah, avant la guerre au Yémen?", a argué Saad Hariri, soutenu ces dernières années par Ryad.

- 'Equilibre de la terreur' -

La crise politique fait craindre que le Liban, pays aux équilibres communautaires fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences.

Lors de sa dernière allocution, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est allé jusqu'à accuser Ryad d'avoir demandé à Israël d'attaquer le Liban.

Bête noire d'Israël, le mouvement chiite est le seul parti libanais à ne pas avoir abandonné son arsenal à la fin de la guerre civile (1975-1990).

Des enfants de membres du Hezbollah brandissent des portraits du leader du mouvement chiite libanais Hassan Nasrallah et du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une procession après la cérémonie de l'Achoura à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, le 4 octobre 2017
Des enfants de membres du Hezbollah brandissent des portraits du leader du mouvement chiite libanais Hassan Nasrallah et du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une procession après la cérémonie de l'Achoura à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, le 4 octobre 2017 ( Mahmoud ZAYYAT / AFP )

L'Etat hébreu et le Hezbollah s'étaient livré en 2006 à une guerre qui a fait plus de 1.200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, quasiment tous des soldats.

Pour des experts, si l'Arabie saoudite tentait aujourd'hui d'ouvrir un front contre le Hezbollah, le risque d'embrasement de toute la région serait bien réel.

"L'Iran et le Hezbollah ont déjà montré qu'ils ne font pas de guerres traditionnelles, ce sera une guerre asymétrique, ils vont frapper là où ça fait mal", explique Joseph Bahout.

"Les Emirats, l'est de l'Arabie saoudite... (ou) peut-être essayer d'inciter des troubles dans les régions chiites du royaume", poursuit l'expert en guise d'exemples.

Pour Karim Bitar, on assiste à "une conjonction de facteurs très inquiétants", avec notamment "une impulsivité saoudienne, soutenue par un président américain également très impulsif, et une montée de la rhétorique en Israël".

"Mais, à ce stade, on est encore dans un système où il y a une dissuasion mutuelle, un équilibre de la terreur, assure M. Bitar. Les deux parties savent qu'une éventuelle guerre serait dévastatrice pour les deux."

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE BOURSE DU MOMENT

Jusqu'à
1000 € OFFERTS

sur vos frais de courtage !*

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 30 novembre 2017

CODE OFFRE : RENTREE17

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : RENTREE17 lors de votre ouverture de compte.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/11/2017

L'Iran a mis en garde Total contre la perte de son investissement s'il se désengageait du champ gazier géant South Pars.

Publié le 21/11/2017

Le chiffre d'affaires du 3e trimestre de l'exercice 2017 d'ESI s'établit à 24,9 ME, en recul de 2,4% à taux constants par rapport à la même période...

Publié le 21/11/2017

Sur les 9 premiers mois de l'exercice 2017, le groupe réalise un chiffre d'affaires de 51 ME

Publié le 21/11/2017

Au troisième trimestre, ESI Group a réalisé un chiffre d'affaires de 24,9 millions d'euros en baisse de 2,4% à taux de change constant. L'effet de change sur la période est négatif à hauteur de…

Publié le 21/11/2017

Kerlink, spécialiste des réseaux et solutions dédiés à l’Internet des Objets (Internet of Things – IoT), annonce un partenariat avec Spark, leader des services numériques en…

CONTENUS SPONSORISÉS