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Vives réactions à la décision de Trump d'interdire l'armée aux transgenres

| AFP | 618 | Aucun vote sur cette news
Manifestation contre la décision du président américain Donald Trump d'interdire l'armée aux transgenres, le 26 juillet 2017 à New York
Manifestation contre la décision du président américain Donald Trump d'interdire l'armée aux transgenres, le 26 juillet 2017 à New York ( Jewel SAMAD / AFP )

La Maison Blanche peinait mercredi à détailler l'application de l'interdiction aux personnes transgenres de servir dans l'armée américaine, annoncée par le président américain Donald Trump sur Twitter, et qui suscite de vives réactions, jusque dans les rangs républicains.

"C'était une décision militaire. C'est une question de préparation militaire, de cohésion des troupes (...) et de financement au sein de l'armée et rien de plus", a expliqué le porte-parole de la Maison Sarah Huckabee Sanders.

Bombardée de questions sur le sort des militaires transgenres actuellement sous les drapeaux, y compris en Irak et en Afghanistan, Mme Sanders a refusé de s'avancer sur leur démobilisation éventuelle.

L'application de cette annonce sera étudiée ultérieurement avec le Pentagone, a-t-elle dit.

"Après consultation de mes généraux et des experts militaires, soyez avisés que le gouvernement des Etats-Unis n'acceptera pas ou ne permettra pas aux personnes transgenres de servir dans aucune capacité dans l'armée américaine", a tweeté mercredi matin le président.

Donald Trump a mis en avant "le fardeau des coûts médicaux énormes" et "les perturbations que des personnes transgenres dans l'armée entraîneraient" pour justifier sa décision.

Manifestation contre la décision du président américain Donald Trump d'interdire l'armée aux transgenres, le 26 juillet 2017 devant la Maison Blanche, à Washington
Manifestation contre la décision du président américain Donald Trump d'interdire l'armée aux transgenres, le 26 juillet 2017 devant la Maison Blanche, à Washington ( PAUL J. RICHARDS / AFP )

Le ministère de la Défense américain semble avoir été pris de court par cette annonce, alors que le ministre de la Défense Jim Mattis est en congés.

"Nous donnerons des instructions rapidement", a simplement commenté le porte-parole du Pentagone, le capitaine Jeff Davis, renvoyant toutes les questions vers la Maison Blanche.

Jusqu'ici, les militaires qui dévoilaient leur orientation alors qu'ils étaient déjà sous l'uniforme ne pouvaient pas être expulsés de l'armée.

L'argument du coût des soins médicaux nécessaires pour un changement de sexe des recrues est battu en brèche par une étude du centre de réflexion RAND. Elle l'estime entre 2,4 et 8,4 millions de dollars par an pour un budget total du Pentagone de plus de 500 milliards en 2016.

- Pression des chrétiens conservateurs -

Cette décision intervient sous la pression des républicains chrétiens conservateurs qui veulent remettre en cause l'héritage de la précédente administration de Barack Obama en faveur des personnes transgenres, un sujet très polémique aux Etats-Unis, malgré le très petit nombre de personnes concernées.

"Tous les Américains patriotes qualifiés pour servir dans notre armée doivent pouvoir le faire. Point final", a réagi l'ancien vice-président démocrate Joe Biden.

L'administration Obama avait décidé l'année dernière que l'armée devrait commencer à accueillir des recrues transgenres au 1er juillet 2017.

Jim Mattis, avait repoussé cette échéance de 6 mois afin "d'évaluer l'impact" de cette intégration sur les forces armées.

Selon le ministère de la Défense américain, il y aurait de 2.500 à 7.000 personnes transgenres sur les 1,3 million de militaires en activité. L'organisation de défense des droits Human Rights Campaign estime que le chiffre est plus proche des 15.000.

Le sénateur républicain John McCain a vivement critiqué le président Donald Trump pour avoir annoncé ce stupéfiant renversement de politique de l'armée américaine sur Twitter.

"Tout Américain qui répond aux standards en vigueur sur le plan médical et de la préparation doit pouvoir continuer à servir", a-t-il tonné.

En février, le gouvernement de Donald Trump avait déjà mis fin à un dispositif de protection des droits des transgenres dans le système public de l'éducation.

Les mesures supprimées, instaurées par la précédente administration, permettaient notamment aux écoliers et étudiants de se rendre dans les toilettes et les vestiaires du genre avec lequel ils s'identifient, et non pas celui qui est sur leur acte de naissance.

Le débat fait rage dans plusieurs Etats américains. Le Texas est ainsi sur le point d'adopter une législation obligeant les élèves transgenres à utiliser les toilettes correspondant à leur sexe de naissance.

L'ancien Navy Seal Kristin Beck, qui s'est déclarée transgenre après 20 ans dans l'unité d'élite des forces spéciales américaines a mis au défi Donald Trump de la rencontrer.

"Voyons-nous en tête-à-tête et dites moi que je ne suis pas digne" (de servir dans l'armée), a déclaré Kristin Beck, décorée pour bravoure et blessure au combat, à Business Insider.

"J'aimerais les voir essayer de me virer de mon armée" a renchéri un autre militaire américain transgenre, le Sergent Logan Ireland, dans le magazine Air Force Times.

"Je contesterai (en justice). Vous ne me priverez pas du droit de servir mon pays quand je suis pleinement qualifié et prêt à risquer ma vie", a-t-il ajouté, une photo le montrant en tenue de combat devant un véhicule blindé.

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