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Les policiers affectés au "petit judiciaire" ont le blues

| AFP | 326 | Aucun vote sur cette news
La Direction régionale de la police judiciaire de Paris (DRPJ) plus connue sous le nom de
La Direction régionale de la police judiciaire de Paris (DRPJ) plus connue sous le nom de "36 quai des Orfèvres", le 30 juin 2017 à Paris ( Martin BUREAU / AFP/Archives )

C'est l'un des aspects du "malaise" policier: derrière les grosses affaires de la police judiciaire, les enquêteurs qui traitent la délinquance au quotidien ont "l'impression de vider la mer avec un dé à coudre".

Selon la profession, les métiers de l'investigation jadis au coeur de l'imaginaire policier, des brigades du Tigre au mythe du "36" quai des Orfèvres, courent aujourd'hui le risque d'être délaissés. En cause notamment, la lourdeur des procédures.

"On a assisté à un déclassement total en quelques années. Il y a quarante ans, faire du judiciaire, c'était une promotion dans une carrière", déplore un commandant d'une sûreté départementale, blanchi sous le harnais.

"Il y a une vraie crise de la filière. Surtout dans les services de sécurité publique qui sont les plus exposés au phénomène de la délinquance. C'est moins vrai dans les services spécialisés", observe le procureur d'une importante juridiction.

Les syndicats, eux, n'hésitent plus à parler de "crise des vocations" jusque dans les services judiciaires les plus prestigieux.

Signe de ce malaise latent, le mouvement inédit de demandes de retrait des habilitations d'officier de police judiciaire (OPJ), les chevilles ouvrières des enquêtes policières, pour protester contre les lourdeurs croissantes de la procédure pénale.

Selon un décompte du ministère de l'Intérieur, cette démarche débutée à l'automne dernier et dont la portée est essentiellement symbolique, concerne 2.500 policiers.

"Le mal est important", juge David-Olivier Reverdy, du syndicat de gardiens de la paix et de gradés Alliance.

L'organisation syndicale vient de dévoiler une enquête menée auprès de 8.852 policiers et destinée à cerner les contours de cette "crise de l'investigation", particulièrement notable dans ce que le jargon nomme le "petit" et le "moyen" judiciaire.

81,74% des policiers interrogés exerçant leur métier en sécurité publique déclarent ne pas arriver à faire face à la charge de travail d'investigation. L'enquête relève aussi que "32% des sondés passent plus de 50% de leur temps à rédiger des actes administratifs et statistiques" et évoque en creux des enquêteurs chez qui "le sentiment d'impuissance" se conjugue à "celui de lassitude".

Souvent prompt à dénoncer les entraves au travail policier, le syndicat Alliance noircirait-il le tableau?

- "Filocher les voyous" -

"La fonctionnarisation de l'investigation a tué le côté magique de l'enquête policière, son inventivité", reconnaît une commissaire. "Avant on passait 70% du temps dehors à filocher les voyous. Maintenant, 90% du temps c'est de la procédure. Dans les brigades de sûreté urbaine, ils ne sortent pratiquement plus", renchérit un commandant.

"Il y a 20 ans, un PV de garde à vue tenait en dix lignes. Aujourd'hui, c'est trois pages", se désole encore un commissaire de banlieue parisienne quand un responsable s'interroge: "Le petit contentieux de masse répond au même formalisme que celui des crimes. Est-il pertinent que les règles de la garde à vue de Michel Fourniret soient les mêmes que celles du mec qui vole chez Auchan?"

Le Premier ministre Edouard Philippe a récemment promis de simplifier la procédure pénale pour que les forces de l'ordre "soient libérées de la complexité administrative".

La question a été abordée mercredi entre Gérard Collomb et la garde des Sceaux Nicole Belloubet. "L'oralisation d'un certain nombre de procédures et la simplification des cadres d'enquête" sont quelques-unes des pistes avancées par le ministre de l'Intérieur.

"On est prudent. Par le passé, il y a eu de grandes déclarations d'intention qui ont été autant de coups d'épée dans l'eau. Il ne faut pas rester à des mesurettes", plaide Jérémie Dumont, secrétaire national du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).

Certification du métier d'investigateur, augmentation de la garde à vue initiale de 24H à 48H, oralisation de la procédure, refondation du cadre d'enquête, instructions automatique du parquet pour certains actes: les syndicats ont déjà préparé leurs listes de demandes.

Un commissaire francilien s'inquiète, lui, des conséquences du "désamour du judiciaire: "On commence d'abord par de la voie publique. Les plus motivés deviennent ensuite enquêteurs. Mais ces gens-là se raréfient. Quand on rentre dans la police, on veut tout de suite intégrer les grandes brigades, la Crim', les Stups'. Mais pour faire un bon spécialiste, il faut d'abord faire ses preuves comme généraliste."

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