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Polarisés, les électeurs polonais plus nombreux à voter

| AFP | 599 | 4 par 1 internautes
Des affiches électorales pour les élections législatives dans une rue de Varsovie (Pologne) le 9 octobre 2019
Des affiches électorales pour les élections législatives dans une rue de Varsovie (Pologne) le 9 octobre 2019 ( Wojtek RADWANSKI / AFP )

Les Polonais ont été plus nombreux qu'il y a quatre ans à voter dimanche aux élections législatives, que le parti populiste PiS, au pouvoir, devrait remporter grâce à son programme social très populaire.

Mais il n'est pas sûr qu'il conserve la majorité absolue, ce qui laisse une petite chance à l'opposition, si elle parvient à s'unir.

La participation enregistrée à 17H00 (15H00 GMT) a atteint 45,94%, soit près de 7% de plus qu'aux législatives de 2015, a annoncé la Commission électorale nationale, confirmant une tendance déjà signalée en fin de matinée.

Selon une politologue de l'Université de Varsovie interrogée par l'AFP, Anna Materska-Sosnowska, une participation élevée favoriserait le parti au pouvoir, car elle traduirait une bonne mobilisation de son électorat, contrairement aux craintes de voir certains partisans du PiS moins actifs car sûrs d'avoir gagné d'avance.

De son côté, le chef du PiS Jaroslaw Kaczynski, a dit, après avoir voté à Varsovie, qu'il était "convaincu que cette fois-ci la participation serait très élevée, ce qui voudrait dire que la démocratie polonaise fait des progrès".

Des électeurs rencontrés par l'AFP devant les bureaux de vote ne manquaient pas d'arguments tant pour que contre le parti au pouvoir.

"Le PiS s'occupe enfin des membres les plus faibles de la société", a dit Katarzyna, une psychologue quadragénaire travaillant dans un centre d'accueil pour femmes en situation difficile.

"Je l'ai vu de mes yeux", a ajouté cette mère de famille qui n'a pas voulu qu'on cite son nom de famille.

Devant un autre bureau de vote dans le centre de Varsovie, Zofia et Edward, un couple de quinquagénaires, expliquaient leur vote pour la KO (opposition centriste) par leur rejet de la politique du PiS.

"Nous votons ainsi, explique Zofia, parce que nous voulons vivre dans un pays libre. Le communisme, merci, on a déjà donné. Le PiS rappelle beaucoup le régime communiste, il n'y a qu'à voir ce qui arrive à l'indépendance des tribunaux, à la liberté d'expression dans les médias (publics)."

Plusieurs leaders politiques, respectueux des consignes de silence pendant les élections, se sont abstenus de toutes déclarations.

La candidate de l'opposition centriste au poste de Premier ministre, Malgorzata Kidawa-Blonska, s'est limitée à dire à Varsovie que ce scrutin "montrerait quel genre de pays sera la Pologne".

Le président sortant du Conseil européen Donald Tusk, qui a voté dans sa ville de Sopot, sur la mer Baltique, a estimé qu'"indépendamment des tensions politiques, la démocratie en Pologne est durable et stable".

Son "rêve", a-t-il poursuivi, est que "tous respectent l'essence de la démocratie" et que "le vainqueur ne cherche pas à détruire son adversaire".

En place depuis 2015, le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), conduit par Jaroslaw Kaczynski, a cherché à mobiliser les couches défavorisées des campagnes en s'érigeant en défenseur des valeurs familiales face à "l'idéologie LGBT" et surtout en promettant une nouvelle allocation familiale, la baisse des impôts et la hausse du salaire minimum, mesures qu'autorisent les très bonnes performances de l'économie polonaise.

Considéré comme l'homme politique le plus influent de Pologne, M. Kaczynski a clivé la société en attaquant les minorités sexuelles et en rejetant les valeurs libérales occidentales, avec la bénédiction tacite de l'influente Eglise catholique.

Retour de la gauche

Le Parlement polonais sortant
Le Parlement polonais sortant ( Sophie RAMIS / AFP )

En face, l'opposition centriste de la Coalition civique (KO) s'appuie sur les habitants des grandes villes irrités par les réformes controversées du PiS, dont celles du système judiciaire, et par la transformation des médias publics en instruments de propagande gouvernementale.

Une coalition de gauche, qui condamne la campagne anti-LGBT du PiS et son alliance avec l'épiscopat mais approuve son programme social, devrait retrouver les bancs du parlement après une absence de quatre ans.

Deux enquêtes d'opinion rendues publiques vendredi ont suggéré que le PiS n'était pas tout à fait assuré de garder la majorité absolue.

Comportements douteux

Son programme social et la rapide mise à l'écart de ceux qui, dans ses propres rangs, sont soupçonnés de comportements douteux ont protégé son image contre une série de scandales.

La Coalition civique a promis d'annuler les réformes judiciaires du PiS dont la Commission européenne dit qu'elles menacent l'indépendance de la justice et l'Etat de droit. Mais l'opposition ne propose pas grand-chose en termes de programme positif.

Les bureaux de vote doivent fermer à 21H00 (19H00 GMT) et des résultats approximatifs doivent être annoncés immédiatement après grâce aux sondages de sortie des bureaux de vote.

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