5 279.81 PTS
-0.19 %
5 273.5
-0.26 %
SBF 120 PTS
4 231.02
-0.20 %
DAX PTS
12 420.96
-0.54 %
Dowjones PTS
24 964.75
-1.01 %
6 779.69
+0.00 %
Nikkei PTS
21 970.81
+0.21 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Le "train de bambou" au Cambodge, une attraction touristique menacée

| AFP | 170 | Aucun vote sur cette news
Des touristes à bord du
Des touristes à bord du "train de bambou", le 6 août 2017 à Battambang, au Cambodge ( TANG CHHIN Sothy / AFP )

Dans l'ouest du Cambodge, dans la région des fameux temples d'Angkor, les touristes les plus aventureux peuvent traverser les rizières à bord d'un "train de bambou", une simple plateforme équipée d'un moteur. Mais plus pour longtemps.

"Cela fait du bien de sentir de l'air sur mon visage!", s'enthousiasme, dans la touffeur de cette fin de mousson, Josefin Strang. Cette touriste suédoise de 25 ans a pris place sur ce chariot à ciel ouvert, équipé d'une simple natte et de quatre roues réglées sur l'écartement des rails.

Ces chariots faits main témoignent de l'art de la débrouille au Cambodge, pays qui reste l'un des plus pauvres d'Asie, où le gouvernement, accusé de corruption généralisée, n'a pas eu pour priorité le développement des réseaux de transport ces dernières années.

Des touristes à bord du
Des touristes à bord du "train de bambou", le 6 août 2017 à Battambang, au Cambodge ( TANG CHHIN Sothy / AFP )

Ce "train de bambou" a été créé dans les années 1980 par les habitants eux-mêmes pour transporter villageois et biens de la région, en utilisant ces portions de rails laissées à l'abandon. Les chariots étaient alors poussés à la force des bras, à l'aide d'un bâton de bambou.

Au Cambodge, le réseau ferroviaire, qui compte plus de 600 kilomètres de rail, remonte à l'époque de la colonisation française, à partir des années 1930.

Mais de larges portions comme celle-ci ont été abandonnées après les tumultueuses années du régime khmer rouge (1975-79).

L'utopie marxiste des Khmers rouges supposait de faire retourner les Cambodgiens aux champs, loin de tous les progrès liés au capitalisme. A l'époque de Pol Pot, les trains étaient utilisés pour transférer les travailleurs d'un camp de travail à un autre.

Au total, des centaines de milliers de Cambodgiens ont emprunté ces voies, entassés dans des wagons hors d'âge, lors des quatre années du régime khmer rouge qui ont vu mourir un quart de la population du pays.

Aujourd'hui, à l'approche des législatives de 2018, le gouvernement de l'homme fort du pays, Hun Sen, au pouvoir depuis la fin des Khmers rouges, s'apprête à remettre les trains en fonction sur cette ligne reliant Phnom Penh et Poipet, ville frontalière de la Thaïlande.

Des employés du
Des employés du "train de bambou" installent un chariot sur les rails, le 6 août 2017 à Battambang, au Cambodge ( TANG CHHIN Sothy / AFP )

En avril 2016, la ligne entre Phnom Penh et le grand port de Sihanoukville a déjà été rouverte en grande pompe.

- Remise en route du réseau -

Les jours du "train de bambou" sont donc comptés. Le gouvernement prévoit de nettoyer la zone début septembre.

Mais pour l'heure, la voie ferrée reste envahie par la végétation tropicale. Et les échoppes vendant des objets issus de l'artisanat local et des T-shirts du "Bamboo train" se sont multipliées.

La remise en service d'une ligne classique, avec des wagons traînés par une locomotive, fait peur à tous ceux qui vivent de cette attraction touristique, conducteurs et vendeurs de snacks.

"Nous sommes très soucieux de ce que nous allons pouvoir faire pour nous nourrir", se lamente Soy Savuth, l'un des chauffeurs du "train de bambou".

"C'est dommage parce que c'est une activité qui, je pense, rapporte un peu d'argent à la population", compatit Véronique Godignon, touriste française de 47 ans.

Le trajet de sept kilomètres est facturé un peu plus de quatre euros par touriste, dont moins de la moitié est encaissé par le chauffeur, le reste allant aux quelques familles qui tiennent le système.

Mais ces gens "n'ont aucun droit sur la voie ferrée !", tempête Chan Samleng, directeur des chemins de fer cambodgiens.

La ligne Phnom Penh-Poipet doit rouvrir à la circulation des trains mi-2018. D'ici là, le "train de bambou" devra avoir remballé ses chariots.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/02/2018

Sur cinq ans, les trois dossiers affichent un parcours remarquable...

Publié le 21/02/2018

Nouvelle journée de forte spéculation sur Gaussin...

Publié le 21/02/2018

Merck propose d'acquérir l'australien Viralytics pour 394 millions de dollars américains, soit 502 millions de dollars australiens. Le groupe pharmaceutique va payer en effet 1,75 dollar australien…

Publié le 21/02/2018

Le constructeur français utilise la plateforme C-V2X de l'Américain...

Publié le 21/02/2018

La société va devenir Qwamplify...

CONTENUS SPONSORISÉS